Cellier

Importation privée 101

La scène est familière pour plusieurs. Au restaurant, le sommelier vous recommande un vin un peu hors normes pour aller avec votre repas: peu de sulfites, fait par un petit producteur, parfois même dans la mouvance des vins natures. Vous le trouvez bon, vous vous informez sur sa disponibilité. Si la réponse est « Désolé, ce vin est une importation privée et n’est pas disponible à la SAQ », ne vous découragez pas: l’importation privée n’est pas que pour les restaurateurs. Petite marche à suivre pour l’importation privée en 4 étapes simples.

1- Trouver le vin qui vous intéresse

Cette étape est généralement celle qui est la plus facile. Que ce soit au restaurant ou dans un salon des vins, vous avez découvert le vin en y goûtant et vous le connaissez donc déjà!

Par contre, si vous voulez plutôt partir à la découverte, un site comme Vinprive.ca peut vous aiguiller. Il consolide le portfolio de plusieurs agences et s’occupe des démarches avec elles par la suite. Sinon, le meilleur moyen est de faire du lèche-vitrine dans les listes de prix des agences d’importation et de lire des compte-rendus sur des blogs de qualité… La colonne de droite peut vous donner des liens d’intérêt, mais ça vous le faites déjà probablement un peu…

2- Trouver des amis

Tout le monde a des amis, cette étape ne devrait aussi pas poser trop de problèmes… La limitation principale des vins en importation privée, c’est de devoir commander une caisse complète, soit de 12 bouteilles (ou parfois de 6 bouteilles, selon le produit). Le meilleur moyen de contourner cette limitation est de partager la caisse avec des amis. De toute manière, une des stratégies que l’on devrait avoir lorsqu’on veut se constituer une cave est d’acheter quelques exemplaires du même vin. À quatre, une caisse de 12 bouteilles devient rapidement quatre lots de 3 bouteilles, ce qui est beaucoup plus raisonnable!

3- Trouver l’agence qui représente le producteur au Québec

C’est souvent l’étape la plus compliquée, puisque les agences d’importation sont souvent des petites compagnies qui représentent quelques producteurs seulement, ce qui a pour conséquence que l’information est très fragmentée et que certaines agences sont mieux représentées sur internet que d’autres.

Si le vin est goûté au restaurant, on n’a qu’à demander au serveur. Normalement, quelqu’un dans le restaurant aura cette réponse. Si c’est plutôt dans un salon des vins, vous avez probablement goûté le vin au stand de l’agence en question… C’est lorsque vous entendez parler du vin à la radio ou dans les médias que ça se corse.

Dans ce cas, Google est votre meilleur ami et si vous avez de la chance de tomber sur un blogueur vin québécois consciencieux comme Le Sommelier Fou David Pelletier, David Santerre de La Bande des Vins ou Carswell de Brett Happens, ils prennent le soin de mentionner l’agence qui représente le produit dans leur note de dégustation. Sinon, le guide Phaneuf 2013 avait une jolie section sur les vins d’importation privée, qui est malheureusement absente de la version 2014.

En dernier recours, il est souvent possible d’écrire au producteur, celui-ci se fera généralement un plaisir de vous mentionner qui est son agent au Québec… Après tout, vous voulez acheter ses vins!

Si le producteur n’est pas représenté au Québec et que vous avez découvert leurs vins en voyage directement chez eux, alors là on s’embarque dans quelque chose de pas mal plus complexe, mais qui est détaillé sur le site de la SAQ. 

4- Commander à l’agence, acheter à la SAQ

Puisque notre cher monopole est le seul à pouvoir vendre de l’alcool, il en est de même pour les importations privées.

Ainsi, on commande le vin que l’on désire à l’agence, qui s’occupe de la paperasse et de placer la commande auprès de la SAQ. La caisse est ensuite livrée dans la succursale de notre choix (dans cette liste) et on paye directement à la SAQ en sortant. Certaines agences exigent le paiement des frais séparément directement à leur attention, auquel cas il faut habituellement leur poster un chèque. S’ils sont en stock aux entrepôts, le vin est ensuite livré dans les 7-10 jours ouvrables.

Il ne reste qu’à encaver le tout et ouvrir une bouteille de temps en temps. Avec des amis avides de découverte, ces vins les sortiront certainement de ce qu’ils boivent habituellement!

11 réflexions au sujet de « Importation privée 101 »

  1. Sachez que le délai de livraison peut varier. Le délai est compter au moment que l’agent passe la commande. Ne jamais se fier sur les dire de l’agent, les employés de votre SAQ communiquerons avec vous lors que votre commande sera disponible.

  2. Effectivement. J’assume ici un agent efficace et un produit en stock aux entrepôts de la SAQ. Toutefois, si un de ces deux facteurs venait à manquer, ça a un impact direct sur le délai de livraison.

  3. Une fois que l’agent a passé la commande, la SAQ émet un bon de commande avec une date de livraison. Certains agents bien intentionnés ont parfois donné cette date au client comme date à laquelle leur produit est disponible à la SAQ choisies. Or il y a un petit délai entre la réception du produit par la succursale et sa disponibilité pour ramassage par le client. Donc, le client doit toujours attendre que la succursale communiqué avec lui.

  4. attention à la double facturation. Moi je préfère les agences qui n’en font pas et où on paye 100% à la SAQ. Sinon il n’est pas rare qu’on payés nos IP à la SAQ et qu’on reçoive plus tard un compte de l’agence avec un solde à payer et ce, parfois sans que l’agent nous vous ait informé au préalable de leurs double facturation.

  5. En réponse à L. Mailloux
    À vous de faire affaire avec les agences qui expliquent clairement la procédure
    Mais sachez que nous avons aussi notre lot de clients qui une fois leur vin récupérer font la sourde oreille aux frais dus et ce en dépit de toute l’information recue

  6. En réponse à L. Mailloux:
    Je comprends votre propos, cependant j’aimerais le rectifier pour le bien des consommateurs.

    « Il n’est pas rare qu’on reçoive plus tard un compte de l’agence… »
    Bien sûr que ce n’est pas rare. C’est le principe de la double facturation. L’important est que l’agence ait été claire avec le client au moment de la commande.

    « et ce, parfois sans que l’agent nous vous ait informé au préalable de leurs double facturation »
    En 4 dans le métier, je n’ai jamais eu vent d’une agence qui n’aurait systématiquement pas informé ses clients de leur double facturation, ces agences mettent la plupart du temps cette info sur leur site web et en évidence sur leur liste de produits. En plus, le prix du produit indiqué est pratiquement toujours le prix total incluant les frais d’agence. Donc, pas de surprise sur le montant final payé.

  7. Certaines agences choisissent de facturer les frais de représentation à part. Ainsi, lorsqu’on se présente à la SAQ, on paie une partie du montant en récupérant notre caisse et le reste est facturé plus tard. Il s’agit effectivement d’une information importante à avoir lors de la commande. Les agences avec lesquelles j’ai fait affaire ont toutes été transparentes à ce sujet et je n’ai pas eu de mauvaises surprises. Si vous avez un doute, posez la question directement à l’agent et il se fera normalement un plaisir de vous informer de la marche à suivre chez eux.

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