Comparaison de prix SAQ – LCBO: une étude complète

C’est sur une base régulière que le sujet des prix pratiqués à la SAQ refait surface dans le débat public. Habituellement, le retour se fait accompagné d’une comparaison de quelques prix de quelques produits et d’un conclusion générale sur l’écart des prix entre la SAQ et la LCBO.

À la fin de l’année dernière, le pdg de la SAQ, Alain Brunet, a annoncé qu’il était conscient d’une disparité et que la SAQ allait mettre en place des mesures afin de ramener le prix des vins au prix de ceux pratiqués en Ontario d’ici 3 ans, en commençant par une baisse immédiate de 0,50$ sur près de 1600 produits. On annonçait aujourd’hui une deuxième vague de baisse de prix pour ces mêmes produits.

Mais qu’en est-il réellement? Plusieurs études ont tenté de comparer les produits, et en venaient généralement à la conclusion que l’alcool est vendu moins cher en Ontario.

Or, la majorité de ces comparaisons sont boiteuses, puisque l’échantillon utilisé est généralement très faible, on peut donc se permettre de douter des conclusions qu’elles en tirent. Par exemple, Le Droit comparait en 2013 15 produits, tout comme le Journal de Montréal en début 2016. Le professeur d’économie à l’UQTR Frédéric Laurin avait quant à lui analysé 47 produits en 2012 et avait augmenté son échantillon à 207 produits en septembre 2015 dans le cadre du pamphlet Monopole Inc. David Pelletier, sur son blogue Le Sommelier Fou avait quant à lui mené une série de matchs comparatifs, à chaque parution du catalogue Vintages. C’est dans leur accumulation qu’on pouvait tirer un portrait de la situation assez fiable, mais ceux-ci ne sont malheureusement plus en ligne…

L’étude la plus complète est celle menée par Nael Shiab du journal Metro et Jean-Hugues Roy en juin 2015, qui eux aussi déploraient le piètre échantillon des études antérieures. Ils ont essayé de trouver tous les produits communs dans les catalogues des deux monopoles (leur méthodologie est bien expliquée dans l’article de Jean-Hugues Roy sur son blogue), en se basant sur le nom des produits et en passant le tout au peigne fin ensuite. Au final, un échantillon de 755 produits ont été trouvés comme étant communs.

Je propose ici une manière plus complète (et automatisée!) de faire la comparaison entre la LCBO et la SAQ, qu’on pourra mener sur une base régulière ainsi que quelques indicateurs de performance qui permettront d’avoir une vue plus claire sur les deux principaux monopoles au Canada.

Indicateurs de performance

Ces indicateurs sont tirés d’une comparaison entre 1310 produits, qui sont couplés via le CUP (Code universel de produit), une information fiable qui est disponible sur les sites des deux monopoles. Les données ensuite sont légèrement filtrées pour enlever les différences de millésime, format et les produits qui figurent au catalogue mais pas (ou plus) en succursale. Le détail est présenté dans la section Méthodologie, ci-dessous. On trouve ainsi 1303 produits, dont 794 vins et 465 spiritueux.

Toute présentation du type business n'est pas la même sans une ou deux images comme celle-ci...!
Toute présentation du type business n’est pas la même sans une ou deux images comme celle-ci…!

Les prix sur lesquels sont basés ces analyses sont en date du 27 décembre 2016 et incluent les promotions en cours au moment de la cueillette des données. Je vais peut-être devoir revoir cette méthode puisque je ne tiens pas compte des points Inspire présents à la SAQ et qui représentent un moyen de promotion privilégié du monopole québécois. Au fur et à mesure que le temps va avancer, ces indicateurs vont certainement être précisés et mieux compris.

Comparaison générale des prix

Premièrement, regardons (bêtement) la différence de prix entre les produits comparables à la SAQ et la LCBO. En date du 27 décembre 2016, les produits commercialisés par les deux monopoles étaient moins chers à la LCBO dans une proportion de 57.5%, alors que la comparaison est à l’avantage de la SAQ dans 40.4% des cas. Pour 2.1% des produits, le prix pratiqué est le même.

Figure 1: Comparaison des prix de tous les produits entre la SAQ et la LCBO en date du 27 décembre 2016
Figure 1: Comparaison des prix de tous les produits entre la SAQ et la LCBO en date du 27 décembre 2016

En ne considérant que les vins, le pourcentage passe à 68.4% en faveur de la LCBO pour un peu moins de 30% en faveur de la SAQ.

Figure 2: Comparaison des prix de tous les produits entre la SAQ et la LCBO en date du 27 décembre 2016 (Vins uniquement)
Figure 2: Comparaison des prix de tous les produits entre la SAQ et la LCBO en date du 27 décembre 2016 (Vins uniquement)

Avec le modèle statistique que je suis en train de bâtir, il est déjà possible d’affirmer que lorsqu’on considère les grandes catégories de produits (vins, spiritueux, bières, cidres), la différence de prix est statistiquement significative. Je suis en train d’étendre le modèle pour être en mesure de statuer pour les sous-catégories présentées ci-dessous.

Par catégorie de prix et de produits

Le tableau ci-dessous présente les écarts de prix ainsi que les ratios par sous-catégories de produits et de prix, afin d’avoir une vue plus détaillée sur les catalogues. On remarque rapidement que les spiritueux sont moins chers à la SAQ, peu importe leur catégorie de prix. Pour les vins, le portrait est plus nuancé.

On sait que la structure de majoration des prix des vins dans les deux monopoles sont bien différents. La SAQ adopte une majoration qui varie en fonction du prix de vente du produit alors que la majoration de la LCBO est fixe selon le prix du produit. On voit une différence nette entre les spiritueux et les vins, d’où leur séparation dans le tableau ci-dessous.

Bien que ça ne soit pas la seule contribution au prix final, le résultat de ce choix est que les vins les moins chers ont une majoration généralement plus élevée au Québec qu’en Ontario alors que la tendance s’inverse lorsqu’on monte en gamme.

Nombre de produits Moyenne de SAQ – LCBO Écart type  SAQ – LCBO Moyenne du ratio (SAQ/LCBO) Nombre de produit dont l’écart est plus grand que 5%

Spiritueux

-10$ 4 -$0.78 1.001 89.97% 4
+100 62 -$11.73 33.448 96.74% 28
10-15 13 -$0.83 1.004 95.47% 12
15-20 15 -$0.89 1.938 96.04% 4
20-25 39 -$1.17 2.087 96.05% 25
25-30 68 -$0.66 2.020 98.11% 26
30-40 95 -$0.04 6.020 98.45% 54
40-50 58 -$1.22 3.814 98.13% 18
50-75 64 -$0.17 9.899 99.16% 29
75-100 47 -$3.20 8.816 97.46% 26
Total des spiritueux   465 -$2.32 13.883 97.69% 226

Vins

-10$ 12 $0.57 0.732 109.13% 6
+100 43 $13.88 77.968 101.43% 13
10-15 139 $0.89 1.421 107.78% 85
15-20 227 $1.50 2.502 109.09% 148
20-25 139 $1.56 2.148 108.73% 92
25-30 73 $1.50 2.915 107.21% 36
30-40 53 $0.84 4.723 105.54% 27
40-50 37 -$0.46 5.361 100.38% 19
50-75 44 -$1.56 6.954 98.78% 26
75-100 27 -$1.55 12.854 101.16% 14
Total des vins   794 $1.65 18.598 106.72% 466
Grand Total   1259 $0.18 17.112 103.38% 692

Quelques constatations:

  • On remarque que l’écart de prix moyen, lorsqu’on considère tout le portfolio commun au niveau des vins et des spiritueux est de 0.18$, malgré quelques valeurs aberrantes. De plus, un écart de 5$ sur un Taylor Fladgate Tawny 40 ans (SAQLCBO) n’a pas le même impact que pour le Beefeater à 33$ (SAQLCBO). Les valeurs absolues des écarts sont présentées à titre indicatif, mais la mesure la plus vraie est le ratio de prix SAQ/LCBO qui corrige automatiquement pour la valeur de la bouteille.
  • Lorsqu’on considère les spiritueux uniquement, on constate que la SAQ est moins chère, peu importe le prix du produit. En valeur absolue, l’écart moyen est de 2.32$ en faveur de la SAQ, soit une différence de 2.3%.
  • Au niveau des vins, le portrait est plus nuancé:
    • Les produits sous la barre des 40$ sont généralement moins chers à la LCBO alors qu’au-delà, magasiner à la SAQ devient généralement avantageux.
    • Si on prend le portrait global, la SAQ charge 106.72% de prix pratiqué à la LCBO.
    • Une étude statistique est présentement en cours afin de déterminer exactement si les écarts observés sont statistiquement significatifs lorsqu’on considère uniquement les sous-catégories.

Par provenance géographique

Il est aussi intéressant de comparer les prix pratiqués par les monopoles en fonction de la provenance géographique. Le tableau ci-dessous présente les statistiques pour les vins uniquement. Dans ce cas-ci, plusieurs échantillons sont trop petits pour tirer une conclusion valide. Aussi, il est fort probable que la différence dans la structure de majoration vienne expliquer les différences observées pour les régions qui offrent des produits généralement plus haut-de-gamme (Champagne, Bourgogne, Toscane), mais la preuve hors de tout doute reste à faire.

    Nombre de produits Moyenne SAQ – LCBO Moyenne du ratio (SAQ/LCBO)

Afrique du Sud

23 $1.44 111.66%

Allemagne

9 $1.41 112.04%

Argentine

27 $1.42 110.46%

Australie

58 $1.01 109.72%

Autriche

1 $0.00 100.00%

Bulgarie

1 $2.60 120.08%

Canada

38 $2.85 110.79%

Chili

28 $2.43 112.96%

Espagne

67 $1.72 109.39%

États-Unis

Californie 121 $0.42 104.48%
New-York 3 $2.58 128.52%
Oregon 9 $0.75 105.86%
Washington 13 $0.96 105.25%
États-Unis Total   146 $0.53 105.14%

France

7 -$0.20 99.05%
Alsace 9 $2.71 115.13%
Beaujolais 6 $1.66 112.38%
Bordeaux 17 $39.38 106.82%
Bourgogne 23 -$1.55 102.17%
Champagne 27 -$0.81 99.30%
Coeur de la France 1 $1.50 112.55%
Languedoc-Roussillon 7 $2.56 112.96%
Pays d’Oc 14 $2.05 106.40%
Poitou-Charentes 1 -$3.55 84.04%
Sud-Ouest 3 -$0.72 99.47%
Vallée de la Loire 7 -$1.58 98.17%
Vallée du Rhône 22 $0.36 102.06%
France Total   144 $4.75 103.86%

Géorgie

1 $4.00 128.67%

Grèce

14 $0.13 101.24%

Hongrie

4 -$3.59 102.80%

Israël

4 -$0.41 98.57%

Italie

8 -$0.42 98.69%
Abruzzes 2 $2.18 119.52%
Basilicate 2 $4.00 123.12%
Campanie 1 $1.05 103.39%
Émilie-Romagne 1 $0.41 104.12%
Frioul-Vénétie Julienne 3 -$2.55 98.06%
Les Marches 2 $1.30 108.35%
Les Pouilles 2 $0.60 103.01%
Lombardie 3 $2.22 116.45%
Ombrie 3 $0.48 107.11%
Piémont 19 $1.24 108.37%
Sardaigne 1 $3.15 121.07%
Sicile 9 $0.05 104.82%
Toscane 53 -$0.44 103.19%
Trentin Haut-Adige 5 $0.79 105.99%
Vénétie 50 $0.89 106.08%
Italie Total   164 $0.41 105.47%

Nouvelle-Zélande

26 $1.71 109.17%

Portugal

37 $0.38 105.59%

République Tchèque

1 -$0.50 95.98%

Uruguay

1 -$1.25 92.16%
Grand Total   794 $1.65 106.72%

Valeur monétaire de la différence

Le dernier indicateur est une tentative de quantifier la différence monétaire totale de cet écart entre la SAQ et la LCBO. L’outil LCBOapi donne accès aux stocks présentement présents sur les tablettes du monopole ontarien. En multipliant cette valeur par la différence de prix entre les deux monopoles, on obtient un aperçu du manque à gagner (ou du surplus!) du point de vue de la LCBO si elle vendait tous ses produits au prix affiché par la SAQ. On part de l’hypothèse que tout ce qui est présent sur les tablettes va finir par se faire vendre un jour ou l’autre…!

Figure 3: Différence monétaire de l'inventaire total de la LCBO
Figure 3: Différence monétaire de l’inventaire total de la LCBO

Cette manière de faire permet aussi de donner une importance plus grande aux produits les plus populaires. Ce sont justement ce type de produits que la SAQ avait ciblé pour des diminutions de prix. On vient ainsi pondérer l’effet des valeurs aberrantes comme les deux bouteilles de Mission Haut-Brion 2006 dont la différence de prix est de 365$ en faveur de la LCBO ou des 10 bouteilles de Balvenie 25 ans qui sont 193$ moins cher à la SAQ.

Nombre de produits Différence de valeur de l’inventaire (SAQ – LCBO)
Bière 33 $194,777.12
Cidre 5 $4,201.30
Prêts-à-boire/Coolers 6 -$1,311.60
Spiritueux 465 -$2,899,809.53
Vins 794 $4,398,195.39
Grand Total 1303 $1,696,052.68

On remarque ainsi que la différence totale est de l’ordre de 1.7 M$. Ça peut sembler gros de prime abord, mais lorsqu’on compare au volume de ventes annuel qui est de l’ordre de 3 000 M$ pour la SAQ, on peut relativiser la différence. Ceci dit, cet indicateur sera principalement utile pour mesurer la performance des monopole dans le temps pour les produits les plus populaires.

Méthodologie

Pour la comparaison ci-dessus, les données ont été récupérées sur le site de la SAQ et de la LCBO le 27 décembre 2016. Grâce au logiciel Outwit Hub, je collige les prix et les détails de l’entièreté du catalogue de la SAQ (pendant la nuit et avec un débit qui n’est pas susceptible de nuire aux serveurs. Ensuite, pour chaque produit trouvé, j’effectue une recherche dans le site de la LCBO à l’aide de l’outil LCBOapi, déjà utilisé par Jean-Hugues Roy précédemment, mais cette fois-ci, en cherchant par CUP, ce qui offre une meilleure qualité de pairage et enlève l’étape fastidieuse de valider tous les produits un par un.

Le toute est importé dans un classeur, puis on filtre les produits qui ont été pairés pour ne conserver que ceux qui ont le même format et le même millésime. Puisque ce dernier n’est pas explicité, je l’extrais du nom du produit et rejette ceux qui sont clairement différents. Pour les autres, je donne le bénéfice du doute. Par exemple, si le site de la SAQ liste du 2013 et que le site de la LCBO du 2014, je le rejette (Exemple: SAQ – LCBO). Par contre, si le site de la SAQ mentionne avoir du 2015 et qu’il n’y a pas de mention de millésime sur le site de la LCBO, j’assume qu’il s’agit du même produit (Exemple: SAQLCBO)

Finalement, LCBOapi permet d’avoir accès à trois autres informations pertinentes, à savoir si le produit est discontinué, radié et la quantité d’inventaire dans les succursales de la LCBO. J’enlève donc finalement les produits qui sont radiés du catalogue de même que ceux qui sont listés au répertoire mais qui n’ont pas de bouteille en inventaire, puisqu’on ne pourra pas s’en procurer. Les produits discontinués mais qui ont toujours un inventaire sont conservés, mais risquent de ne pas figurer dans une comparaison subséquente.

Le calcul de la significance statistique est mené dans R à l’aide d’un modèle linéaire et d’une analyse via le module lsmeans. Merci à mon ami Pierre-Hugues Carmichael pour le coup de pouce au niveau statistique! Plus de détails suivront dans la prochaine analyse.

Un dernier regard sur 2016

Pendant tout le mois de décembre, je vous ai présenté sur le blogue les vins qui m’ont fait vibrer au cours de 2016 sous la forme d’un calendrier de l’Avent. Avant de revenir à la programmation régulière, vous trouverez ci-dessous la liste (et les liens) vers chacun des articles.

Je suis un peu surpris de la quantité de vins américains qui figurent dans ce palmarès et qui l’ont manqué de peu (les cidres de Fable Farm Fermentory et le vin de garage de mon ami Todd, entre autres), mais pour le reste, je crois que ça représente assez bien ce qui est venu me chercher cette année. Ajoutez à ça le mousseux de Benjamin Bridge, le Seyval-Chardo des Pervenches, et le Barbaresco des Produttori del Barbaresco que je fais vieillir patiemment en cave et on a un portrait assez fiable de mon année.

Bring it on, 2017! En te souhaitant aussi délicieuse que 2016…!

France

États-Unis

Italie

Canada

Chili

Afrique du Sud

Portugal

Espagne

Grèce

Calendrier de l’avent – Vignoble de Sainte-Pétronille Brut 2013

Il m’apparaît tout à fait naturel de faire du Brut 2013 du Vignoble de Sainte-Pétronille le dernier vin de mon calendrier de l’Avent.

Premièrement parce que le vin est délicieux et qu’une visite au vignoble sans repartir avec une bouteille de mousseux, c’est incomplet comme un repas sans dessert. Mais surtout, c’est autour de ce vin qu’on s’est réuni au milieu des vignes de l’Île d’Orléans pour trinquer une dernière fois avec notre ami David Pelletier, Le Sommelier Fou, avec un vin qu’il affectionnait tout particulièrement. Son départ prématuré nous a laissés abasourdis et sans mots.

L’héritage de David chez tous les écrivains du vin, ce sont justement les mots. Ceux drôles, ceux qui font réfléchir, ceux qu’on efface et les quelques uns qu’on laisse finalement en place. Les mots de David, leur couleur unique et la rigueur qu’il y mettait ne sont jamais bien loin dans mon esprit lorsque je m’installe au clavier. J’espère être en mesure de rendre justice à cette inspiration dans chaque article.

David Pelletier, aka. Le Sommelier Fou.
David Pelletier, aka. Le Sommelier Fou.

La bouteille du Brut de Sainte-Pétronille 2013 que j’ai en cave, que j’avais acheté comme les autres, sans trop y penser et juste parce que c’est vraiment du bon vin, a soudainement pris une toute autre signification. Lorsque je l’ouvrirai, ça sera en bonne compagnie, autour d’une bonne bouffe et où il y aura de la joie, des amis, des opinions franches et (beaucoup) de bonne humeur. Et certainement quelques jeux de mots #innocents.

Calendrier de l’avent – La Clarine Farm Piedi Grandi 2014

Un retour sur mon année de dégustation sous forme de calendrier de l’avent vinicole.

C’est lors de leur passage au Québec dans le cadre du salon des Vins d’Importation Privée organisé par le RASPIPAV que j’ai eu la chance de connaître Hank et Caroline de La Clarine Farm. Ils étaient en ville afin de faire goûter quatre de leurs vins de leur portfolio au public et aux restaurateurs.

Nichée dans les Sierra Foothills, à mi-chemin entre Sacramento et Lake Tahoe, les 4 hectares de vigne de La Clarine sont cultivés selon les principes de Fukuoka, connu aussi sous le nom de Do Nothing Farming. D’ailleurs, le texte sur le rôle du fermier et la philosophie en cours au domaine est particulièrement intéressant.

Fukuoka’s ideas were translated into English as “do nothing” farming.  Either the phrase was badly translated or Fukuoka had a wicked sense of humor.  It’s very hard work, but now the work is completely positive.  I kill nothing, I spread no poisons, my farm is very alive.  My soil is my soil, my terroir, and truly sustainable.  And I am very much a part of it.  I would translate Fukuoka as “don’t do anything unnecessary” farming.

So, what is the role of the farmer?  To promote life and to help set up an ecosystem as close to Nature as possible, whereby natural processes and systems can function.  To promote the possibility of “naturalness”.

De la gamme dégustée, je retiens le Piedi Grandi 2014, un assemblage inusité de Mourvèdre et de Nebbiolo, presque à parts égales. Devant ces deux cépages qui ont la possibilité de créer des vins particulièrement imposants, le Piedi Grandi réussit à allier la structure de ces deux cépages et la fraîcheur des montagnes. C’est un vin qui prend tout son sens à table (comme ça devrait être le cas!) et qui a fit des miracles avec la joue de boeuf braisée servie au Clocher Penché le soir même. Un vin qui fait du bien à la fois au bedon et à la tête.

La Clarine Piedi Grandi 2014
La Clarine Piedi Grandi 2014

Les vins de La Clarine sont disponibles au Québec en importation privée via l’agence Les Vieux Garçons et, au moment d’écrire ces lignes, il en restait quelques caisses de 6 bouteilles. Hank et Caroline, vous revenez quand vous voulez!

Calendrier de l’avent – Remoissenet Givry 2014

Un retour sur mon année de dégustation sous forme de calendrier de l’avent vinicole.

C’est le début des vacances, même si on n’est que mardi soir, on se gâte un peu. Direction la Bourgogne avec une bouteille de Givry 2014 de la maison Remoissenet Père et Fils, en plein coeur de la côte chalonnaise. On dit que les vins de Givry étaient les préférés d’Henri IV, c’est même marqué sur la bouteille… Il semblait toutefois apprécier pas mal de vins différents, outre ceux du vignoble de Givry…!

Le domaine a été fondé en 1877, il a été racheté en 2005 par un consortium américain, canadien et français, avec à sa tête, Bernard Répolt, ancien patron chez Louis Jadot, lors de la retraite de Roland Remoissenet. Le domaine possède près de 13 hectares de vignes en plus de maintenir une activité de négoce pour une production annuelle d’environ 200 000 bouteilles.

Remoissenet Père et Fils Givry 2014
Remoissenet Père et Fils Givry 2014

Celui-ci plaira aux amateurs de Bourgogne classique, avec son nez de cerises un peu sûrettes et de petites fraises des champs. En bouche, c’est l’acidité qui domine et qui nous replonge vers le verre. Est-ce le plus complexe? Certainement pas, mais avec la surenchère de la région, il est de plus en plus rare de trouver des bons vins bourguignons relativement abordables. Il faut certainement s’exiler de la Côte d’Or et l’inflation gagne même les appellations moins réputées. Autre signe qui ne trompe pas, la bouteille était vide avant même qu’on s’en rende compte.

Ceci étant dit, il va probablement revenir en cave, avec ses copains de Givry, lorsque j’aurai besoin d’étancher ma soif de Bourgogne.