7 Beaujolais à l’aveugle

L’an dernier, j’avais écrit sur ce blog que de recommander du Brouilly de Duboeuf était une suggestion un peu plate. L’auteur n’avait pas particulièrement apprécié et j’ai donc eu l’idée d’organiser une dégustation à l’aveugle de Beaujolais afin de voir comment il pourrait se débrouiller face à d’autres vins qu’un chroniqueur pourrait suggérer en remplacement.

Le Beaujolais, dans son expression la plus pure, est un vin bourré de fraîcheur et de fruit, élaboré à base de gamay. Généralement du côté léger du spectre, les amateurs de gros shiraz australiens trouveront qu’ils manquent un peu de punch, c’est personnellement un style de vin que j’adore, qui peut se montrer à la fois gourmand, terreux, fruité, funky et épicé. Reste à faire le tri et de repartir avec la bonne bouteille.

Great Beaujolais Showdown

Great Beaujolais Showdown

Voici donc, dans l’ordre de dégustation choisi au hasard, les commentaires sur les vins servis. Pour des raisons logistiques, on a dû faire une vague de 4 vins puis une vague de 3 vins. Le hasard a regroupé les 3 produits réguliers au début de la première vague. Autrement, j’ai essayé de rassembler autant des produits disponibles dans le répertoire régulier de la SAQ et des produits un peu plus pointus, tous dans la même gamme de prix.

  1. Brouilly « Sous les Balloquets » Louis Jadot 2013
    C’est probablement le vin qui a le moins bien paru de la soirée. Il a paru muet, mince et un peu acide. Toutefois, le reste de la bouteille s’était considérablement ouvert la seconde journée, conséquence du millésime 2013. (7e place, 42 points) 
  2. Brouilly Georges Duboeuf 2013
    Le classique Brouilly (transvidé dans une autre bouteille pour ne pas donner d’indices aux dégustateurs) est effectivement classique. Un beau fruité, une jolie structure en bouche, rien à redire. Ceci dit, il n’était pas terriblement excitant non plus et n’a pas réellement pris d’ampleur au cours des jours qui suivent. (6e place, 34 points) 
  3. Brouilly Château de la Chaize 2013
    Belle surprise que ce vin au répertoire général de la SAQ. Le nez offre un beau fruité et la texture en bouche est particulièrement bien équilibrée, entre l’acidité et la maturité. Il a reçu deux votes de deuxième place et deux votes de troisième place. (4e place, 19 points) 
  4. Beaujolais Jean Foillard 2013
    Personnellement, ce fun mon préféré de la soirée. Significativement plus funky que les trois autres, avec un petit côté terreux qui vient rehausser le tout, sans sacrifier le côté glougloutant du bon Beaujolais. Il est de loin le plus complexe de cette première vague et mérite les deux votes de première place qu’il a reçu. (2e place ex aequo, 19 points) 
  5. Brouilly Pierreux Pierre-Marie Chermette 2013
    D’un producteur que j’affectionne, c’était aussi le vin le plus dispendieux de la soirée, à 25,65$. Ici, classique et droiture sont les mots clés et est à recommander pour ceux qui veulent connaître ce qu’est un Beaujolais de belle facture, tout en finesse. (2e place ex aequo, 19 points) 
  6. Brouilly Georges Descombes 2013
    L’autre grand gagnant de la soirée, qui a fini sur le podium de 6 des 7 dégustateurs. Un judicieux mélange de fruits et d’épices, de puissance, de pureté et de buvabilité. Si vous parvenez à mettre la main sur une des dernières bouteilles présentes dans le réseau, n’hésitez pas une seconde. (1ere place, 14 points) 
  7. Maison B Perraud Le P’tit Poquelin 2013
    Tiré de l’arrivage du 23 avril de vins nature de la SAQ, ce vin a été celui qui a récolté la plus grande gamme de votes, soit entre la 6e et la première place, comme quoi les vins nature ne laissent personne indifférents… On salue à la fois son fruité pur et son caractère joyeux, mais en même temps, la texture un peu asséchante en bouche et une finale un peu amère viennent gâcher un peu le plaisir. Pour ceux qui veulent sortir de leur zone de confort. (5e place, 21 points)

Il est important de mentionner que tous les vins s’en sont bien tirés, même ceux qui ont terminé en bas de classement.

Au final, qu’en est-il de la performance du Duboeuf? Je peux maintenant continuer d’affirmer que lorsqu’on cherche un Beaujolais de belle facture, on peut trouver mieux à prix à peu près égal. Il s’agit de bien connaître son producteur et de retenir ces noms: Descombes, Foillard et Chermette.

L’ordre des vins a été choisi au hasard et j’étais le seul à connaître l’identité des vins. J’en ignorais par contre l’ordre de service. Chaque participant était invité à classer les vins de 1 à 7 et le classement était déterminé par la somme des positions. Trois vins ont terminé à égalité en nombre de points, les votes de 1ere place ont servi de départage. 

La SAQ et le vin nature

Photo: SAQ.com

Épaulé Jeté de Catherine et Pierre Breton (Photo: SAQ.com)

Le 23 avril dernier, la SAQ mettait (enfin, dirons certains) en vente un arrivage de vins natures. Dans le lot, 5 français et un italien, auxquels il faut ajouter les deux vins Naturae de Gérard Bertrand, chez qui la notion de nature est un peu plus large… Devant l’absence de définition formelle et acceptée par tous pour le concept de vin nature, je vous invite à lire l’article Natural wine: it’s complicated, naturally écrit par Rémy Charest il y a déjà quelques années, qui fait un excellent tour d’horizon des différents points de vue sur ce type de vins.

Initialement disponibles dans une vingtaine de succursales choisies dans la province ainsi que sur SAQ.com pour minimiser le transport de ces vins plus fragiles, ils se sont assez bien vendus. Si vous pensiez que le vin nature était interdit dans votre région, il devrait probablement être possible d’en faire transférer un peu dans votre succursale, si vous le demandez à votre conseiller.

On pouvait y boire quoi dans ce premier arrivage? Un superbe Cabernet Franc de chez Catherine et Pierre Breton, aromatique et glougloutant à souhait ou du gamay au fruit croquant du Beaujolais ou de la Loire.

L’expérience a été suffisamment concluante pour la SAQ puisqu’une nouvelle vague sera mise en disponibilité dans un arrivage Cellier au mois d’octobre. Pour l’instant, on ne sait que les produits recherchés devraient être entre 18$ et 25$, un segment que la SAQ cible particulièrement. Si vous avez manqué la première vague ou si vous êtes intéressés par ce genre de produits, gardez l’oeil ouvert pour l’arrivée de cette nouvelle vague!

 

Découvertes en imporation privée

Les vins en importation privée sont de plus en plus présents sur nos tables, principalement celles du restaurant et de quelques amateurs de vins motivés. Bien que la procédure de commande soit assez simple, l’étape la plus compliquée est d’identifier les produits et de savoir quoi commander. Le nombre d’agence d’importation est en augmentation croissante et, puisque ce sont souvent des petites compagnies, la recherche d’informations sur le portfolio de chacun est une tâche un peu complexe.

Le 28 avril dernier avait lieu à Québec le Printemps Dézippé, organisé par le Raspipav, un salon des vins regroupant 25 agences d’importation centrés sur les vins d’importation privée. Voici donc un bref retour sur mes coups de cœur de ce petit salon.

Agence Boires

Jeune agence qui a fait son apparition sur le radar en 2014 et je retiens particulièrement les produits de la nouvelle génération de vignerons californiens. Chez Hobo Wine Company, on retient le cabernet sauvignon sous les 13% d’alcool sans sacrifier le caractère classique du cabernet et le zinfandel aucunement compoté ou lourdaud, comme ils le sont trop souvent. Chez leur autre marque, Make Work, le Fossil & Framework marque les esprits malgré son prix qui frise les 50$ (maudit taux de change…). Ici, syrah, grenache et counoise s’allient dans un assemblage entre le Rhône et la Californie, tout en conservant une fraîcheur exemplaire.

Le reste du portfolio est à l’avenant (Ampelos, Horse & Plow, The Wonderland Project), mais en sortant de la dégustation je me suis commandé The New California Wine de Jon Bonné, pour mieux comprendre ce que font ces nouveaux joueurs.

Vinealis

On avait de la grande visite au stand de Vinealis, en la personne de François Morissette. Vigneron de talent et de conviction, formé en Bourgogne et établi dans le Niagara, vous avez peut-être entendu parler de lui l’an dernier pour ses démêlées avec le VQA, l’organisme de certification pour les vins ontariens.

François Morissette

François Morissette

À la dégustation de la gamme de vins qu’il avait amené, on remarque que tous allient une formidable ampleur en bouche avec une fraîcheur qui garde l’ensemble sur un équilibre difficile à atteindre. Je retiens particulièrement le Riesling Redfoot Kocsis Vineyard 2013, complètement sec et très bien tendu et le Gamay ‘Unique’ 2013, dont la bouteille se serait vidée en moins de deux si on m’avait laissé seul avec elle et un plateau de charcuteries…  L’ensemble de la gamme est recommendable et vous pouvez y commander les yeux fermés, à condition de m’en laisser un peu.

Ward & Associés

Je connaissais Ward & Associés pour leur beau portfolio de vins allemands, j’étais donc plutôt heureux de voir trôner à leur stand un (joli) magnum de riesling de chez Clemens Busch: un vin qui ne niaise pas pour aller du point a au point b, tendu au possible comme les grands rieslings allemands peuvent l’être. Pour environ 60$ le magnum, il s’agit d’un achat avisé pour encaver très (très) longtemps.

Viñedo Silvestre

Viñedo Silvestre (Source: Ward&Associés)

Le vin qui brillait à cette table provenait d’un vignoble particulier. Planté en 1945 sur une superficie de 300 hectares, ce vignoble gouvernmental visant l’étude du carignan au Chili a été abandonné en 1960 et 4 hectares sont tombés dans l’oubli alors que le reste était reconverti pour l’industrie forestière, plus payante. Aujourd’hui, les vignes poussent au-travers des buissons, à l’état sauvage. Au-delà de l’aspect bucolique de la chose, le Viñedo Silvestre de Villalobos est vachement bon. On est en présence d’un carignan floral et aérien, qui assume totalement le terroir solaire dans lequel il est planté.

Bonnes adresses en Sicile

Le temps passe vite, mais il y a bientôt deux ans nous nous envolions pour une dizaine de jours en Sicile, pour un voyage mémorable. Au programme, quelques jours à Palerme, quelque jours dans le sud-est de l’île et quelques jours autour de l’Etna. Retour sur les bonnes adresses qui sont restées gravées dans ma mémoire.

Où dormir?

Amateurs de vin, vous connaissez probablement déjà le domaine COS, bien présent au Québec depuis quelques années. Vous ignorez peut-être qu’ils opèrent aussi quelques chambres d’hôte à même les installations du vignoble. Petit déjeuner copieux et balade dans les vignes tôt le matin, on peut difficilement demander mieux.

Locanda COS

Locanda COS
SP. 3 Acate-Chiaramonte Km. 14,300

97019 Vittoria RG

Un peu plus au sud, on retrouve la ville baroque de Scicli. Aussi détruite pendant le tremblement de terre de 1693 (qui dévasta tout le Val di Noto), elle est moins connue que les autres villes de la région, mais tout aussi charmante et aussi inscrite sur la liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Scicli demeure toutefois pour moi l’emplacement d’un B&B de rêve, tenu par Elisa, qui anime le blog bouffe Buccia di Limone. Le jardin embaume les herbes aromatiques et on voudrait passer toute la journée à la table sous les vignes ou à marcher dans l’oliveraie qui s’étend au pied de la maison. Et tout ça, c’est sans compter Elisa elle-même, qui nous accueille comme des amis. Si le paradis sur terre n’existe pas, cette maison s’en rapproche pas mal…!

Buccia di Limone

Buccia di limone
Réservation sur Airbnb ici: https://www.airbnb.ca/rooms/948644?s=Ondm
ou directement sur le blogue ici: http://www.bucciadilimone.it/p/la-mia-casa-per-voi.html

À Palermo et dans la région de l’Etna, pas de véritable coup de coeur. On a trouvé difficile de réserver un hébergement autre qu’un hôtel sans charme véritable à Palermo (laissez-moi vos meilleurs adresses dans les commentaires!) et la ville de Taormina est jolie mais hyyyyyyper-touristique et notre hébergement était correct, mais pas magique.

Où manger?

SakalleoDe loin, le meilleur repas de tout le voyage fut chez Sakalleo, dans le petit port de Scoglitti. Des crevettes ultra-fraîches, sorties du bateau du restaurant quelques heures auparavant, toutes en simplicité et presque crues. L’essence de la mer dans quelques bouchées. Ensuite, calmars frits, thon, pieuvre et moules ont complété ce festin de la mer que je garderai longtemps en mémoire.

Ristorante Sakalleo
Piazza Cavour, 12, Scoglitti, Vittoria RG

À Scicli, la foule fait la file pour aller manger une pizza de chez Pura Follia. La terrasse donne sur la Piazza Busacca et la vue permet de tolérer l’attente si vous n’avez pas de réservation. Dans l’assiette, la pizza est créative et la croute croquante.

Pura Follia
Piazza Busacca snc, 97018 Scicli, Sicily

Dans la vieille ville de Siracusa, on fait le plein de classiques siciliens et de pâtes particulièrement goûteuses chez Sicilia in Tavola. Si vous avez un endroit pour choisir un plat de pasta alla Norma, c’est probablement ici. En plus, Siracusa est fort certainement sur la liste de tout touriste qui va en Sicile…

On ne manquera pas non plus d’aller faire une petite virée shopping chez Tami’, boutique dans laquelle on peut faire le plein de vin sicilien à tendance nature, de mets cuisinés et de livres et d’objets design. C’est le genre de boutique dans laquelle on peut flâner des heures, et ressortir avec une bouteille de Frank Cornelissen ou d’Arianna Occhipinti (copropriétaire de la boutique). La marque a depuis grandi et commercialise la gamme de vin de négoce d’Arianna, qui commence à être disponible au Québec.

Sicilia in Tavola
via Cavour 28, 96100 Siracusa SR, Italia

Tami’
via Cavour 13, 96100 Siracusa SR, Italia

À Palermo, on s’arrête chez Spinnato pour un granité et une brioche. Oui, c’est une autre adresse touristique que vous trouverez dans tous les guides, mais on y passe un bon temps sur la terrasse. Si l’idée de prendre un chocolat chaud alors qu’il fait 40 degrés à l’extérieur, c’est chez Ciccolato Lorenzo qu’il faut aller. Pour les autres, le détour est tout de même intéressant pour une pause gâteau tout à fait méritée.

Antico Caffè Spinnato
Via Principe di Belmonte, 111, 90100 Palermo

Cioccolato Lorenzo
Via IV Aprile, 7, Palermo, Italy

Anitco Caffè Spinnato

Détails pratiques

Pour s’y rendre, les principales villes européennes sont connectées à Palermo (principalement) ou à Catania, via les principaux opérateurs low-cost. Depuis peu, Ryanair atterrit directement dans le sud-est de la Sicile à l’aéroport de Comiso à partir de Londres (Stanstead) et Bruxelles (Charleroi).

Rendu sur place, la location d’une auto s’avèrera pratique voire essentielle, puisque le transport en commun est minimal dans l’île et le train est au mieux, une vraie farce. Par contre, puisque vous ne voulez pas conduire à Palermo, prendre l’auto à l’aéroport est une sage décision.

Pour les visuels, vous trouverez toutes les adresses sur une carte facile à consulter! N’hésitez pas à ajouter vos propres coups de coeur dans les commentaires si vous avez déjà visité la région!

Boire généreusement pour Banques Alimentaires du Québec

Vins Généreux | Source: SAQ.com

Vins Généreux | Source: SAQ.com

Du 17 au 19 avril prochain, c’est la campagne annuelle de la SAQ Vins généreux, où la société d’État va remettre 1$ par bouteille de vin blanc vendu à Banques Alimentaires du Québec.

Déjà à sa 5e édition, cette campagne a permis de donner un coup de pouce à cet organisme qui répond à 1.6 millions de demande d’aide alimentaire par année. Si vous consultez ce blogue, vous n’avez fort probablement pas besoin de cette aide (coupez sur le vin, sinon!!), mais tous n’ont pas la même chance.

Pour donner le goût de participer généreusement à cette campagne, voici quelques vins blancs qui méritent l’attention. En plus, avec l’arrivée du beau temps, c’est le temps de faire quelques réserves!

  • Amateurs de vins blancs qui offrent une présence en bouche, découvrez le romorantin, ce cépage provenant de la vallée de la Loire. Avant uniquement une curiosité, on en retrouve de plus en plus sur les tablettes (4 au moment d’écrire ces lignes!). La cuvée François 1er du Domaine des Huards avait été mon coup de coeur du dernier Salon des vins de Québec.
  • Amateurs de vins fruités et exotiques, faites changement du Kim Crawford Sauvignon Blanc et découvrez le cépage albariño, originaire du nord-ouest de l’Espagne. Vif et aromatique, avec des notes d’agrumes et de fruits à chair blanche, il fera des miracles avec la température qui augmente ou à table avec une paella aux fruits de mer. Allez-y avec celui de Laurent Miquel, d’un arrivage Cellier récent. D’un terroir atypique pour l’albariño, c’est tout à fait délectable et sous la barre des vingt dollars.
  • Pour ceux qui cherchent une texture plus grasse dans leurs vins blancs, c’est le moment de découvrir ce que peut faire un homme qui se passe de présentations dans le monde du vin: Aubert de Villaine. Celui derrière les vins de la Romanée-Conti possède avec son neveu un domaine en Côte Chalonnaise, un peu au sud des appellations prestigieuses de la Côte d’Or. Les Clous 2012 est une introduction parfaite pour ceux qui hésitent encore à découvrir la Bourgogne ou un achat avisé pour ceux qui veulent s’éloigner un peu des prix devenus (hélas!) stratosphériques de la Côte d’Or.