Comfort food. Comfort Wine.

Les accords mets et vins ont parfois la réputation d’être compliqués et de demander de bien connaître les interactions entre le vin et la nourriture sur le bout des doigts. Il y a toutefois quelques accords tout simples qui fonctionnent à tout coup.

Sangiovese di Romagna de Poderi dal Nespoli

Sangiovese di Romagna de Poderi dal Nespoli

Mon comfort food par excellence est une généreuse portion de pasta all’arrabiata, une sauce toute simple à base de tomates, de pancetta et de peperoncino. Un grand classique italien facile à préparer qui me rend heureux à chaque fois.

Côté vin, pas besoin d’aller chercher bien loin, l’accord régional fonctionne parfaitement. Un vin italien à base de sangiovese va particulièrement bien avec les plats à base de tomate comme celui-ci. On pourrait aller piger en Toscane, plus particulièrement dans le Chianti, où il y a amplement de choix pour s’amuser.

La dernière fois, j’ai plutôt opté d’aller du côté de l’Émilie-Romagne, chez Poderi dal Nespoli. Domaine fondé en 1929, leur cuvée Prugneto, faite des plus vieilles vignes du domaine, est disponible sur les tablettes de la SAQ pour 20$.

Légèrement timide à l’ouverture de la bouteille, il s’est rapidement épanoui dans le verre avec un nez de fruits bien murs et des notes épicées. Plaisant et généreux, tout en conservant une certaine retenue. C’est surtout son acidité en bouche qui lui permet de bien s’agencer avec la tomate de la sauce et d’offrir toute la fraîcheur désirée. Tous deux se complémentent à merveille et même si ce n’est pas nécessairement l’accord le plus original, il fonctionne tellement bien qu’on serait fou de s’en passer!

Merci à Elixirs Vins et Spiritueux, qui m’a fourni la bouteille en échantillon, j’en ai racheté par la suite! 

Un groupe de dégustation? Facile!

Un club de dégustation de vin? Ça n’a pas à être ce cercle fermé où les gens utilisent des adjectifs ésotériques pour décrire du jus de raisin fermenté. À bas les préjugés, vous aussi pouvez mettre sur pied votre club de dégustation de vin avec un minimum de préparation et de volonté. Guide pour soirées réussies en 4 étapes.

Se trouver des amis

Les Vinsignifiants en pleine action

Les Vinsignifiants en pleine action

Le vin est avant tout une boisson sociale et c’est avec un bon cercle d’amis que partager une bonne bouteille prend tout son sens.

Au-delà de l’aspect festif de la chose, s’assurer d’avoir un groupe d’amis intéressés au vin permet de s’assurer d’un groupe stable sont les liens sont déjà établis. Pas besoin d’être des experts en vin, mais ça prend au moins un intérêt pour le vin et les soirées entre amis. J’imagine que ces deux qualités sont pas mal répandues dans votre cercle d’amis et qu’il ne sera pas trop difficile à trouver…

Se fixer une fréquence de rencontre

À mon sens, une des principales différences entre un club de dégustation et un souper entre amis est la récurrence de la chose. Fixez-vous une fréquence avec laquelle tous sont à l’aise. Ça peut être une fois par mois, par deux mois, deux fois par année; l’important est de tenir une réunion sur une base régulière. Par exemple, dans le groupe que je me suis monté avec des amis, on vise 4 réunions par année puisque c’est ce qui convient le mieux aux horaires de tous.

N’hésitez pas à faire quand même une réunion même s’il manque un membre ou deux puisqu’à 8-10 personnes, c’est parfois difficile de faire concorder les horaires… Pour ceux qui ne connaissent pas, Doodle sera votre outil de prédilection pour cette délicate tâche!

Se fixer des règles du jeu

Avec des règles claires dès le départ pour tous, il n’y a pas d’ambiguïté et tout le monde sait dans quoi il s’embarque. À chaque rencontre, les participants amènent une bouteille et quelque chose pour manger? Chaque personne reçoit les autres à tour de rôle et est en charge de fournir les vins? Faire des rencontres dans un resto différent à chaque fois et y explorer la carte des vins? À l’aveugle ou à bouteilles découvertes? Il n’en tient qu’à vous (mais je vous incite à faire ça à l’aveugle)!

Un joli alignement de bouteilles mystérieuses!

Un joli alignement de bouteilles mystérieuses!

Fixer une limite monétaire aux vins qui sont apportés est un must, afin que personne ne se sente mal à l’aise parce que quelqu’un tente de faire son show-off avec des grosses quilles… Avec le choix qui est disponible à la SAQ, pas besoin de mettre nécessairement des montants faramineux: pour 20 – 25$, la gamme de produits et de découvertes est assez impressionnante!

Au-delà de ça, il est intéressant de se fixer un thème pour chaque rencontre. Ça permet d’avoir des vins qui ont une base de comparaison commune et aux participants de sortir de leur zone de confort viticole. Tous des fans de l’Europe? Faites une soirée Nouveau Monde! Explorez à fond une région particulière! Un millésime! Un cépage! Encore une fois, la limite n’est que votre imagination.

S’amuser!

Mine de rien, c’est ça le plus important. Avec des bons amis, du bon vin (ou même du vin un peu ordinaire, mais qui fait sortir la discussion), c’est garanti que vous allez passer du bon temps.

La possibilité d’avoir plusieurs vins comparables servis en même temps est une formidable occasion d’apprentissage. C’est en goûtant qu’on peut mettre en évidence les différences et les similitudes entre les différents vins servis. Et c’est plutôt inusité de s’ouvrir 5 bouteilles de vin un petit mardi soir dans le but de les comparer, non? Sachez profiter de cette occasion pour étendre votre palais!

Passer un peu de temps à faire de la recherche sur les vins disponibles pour le thème de la prochaine rencontre, le préparer et le partager avec des gens à qui on tient, c’est une bien belle manière d’occuper une soirée!

5 endroits pour bien boire à Québec

Vous êtes à Québec de passage et cherchez un endroit pour prendre un bon verre de vin? Voici un top 5 bien personnel d’endroits à fréquenter pour s’assurer de bien boire. À cause de la règlementation au Québec, ce sont tous des restaurants et non des bars, ce qui implique qu’on doit commander quelque chose à manger avec notre verre de vins. Toutefois, tous offrent des petites portions et des assiettes pour grignoter et partager, parfaites pour un verre de vin avec des amis!

Le Renard et la Chouette

Le dernier-né de nos amis du Pied Bleu possède une double personnalité: café le jour, buvette le soir (et dès l’après-midi). Convivial à souhait, on craque pour les scones aux lardons et les vins qui reflètent bien cette personnalité. La sélection est courte mais bien recherchée et on peut s’y lancer sans craintes! Un verre de Solinou des Pervenches pour accompagner le boudin basque ou un magnum de chez Vignerons P-U-R à partager avec beaucoup d’amis?  Certainement!

125 rue Saint-Vallier Ouest, Québec (lien Google Maps)  | http://lerenardetlachouette.com

Le Cercle

À la fois salle de spectacle, restaurant et bar, cette adresse est au coeur de la revitalisation de la rue St-Jospeh, aujourd’hui grouillante d’activité. Derrière le bar, la cave du restaurant est spectaculairement vitrée affiche clairement les couleurs du Cercle. Après un petit creux de vague, le Cercle reprend des couleurs: la cuisine est de nouveau inventive et mérite de nouveau le détour, depuis l’arrivée du chef Olivier Godbout. La carte des vins fait une belle part au Jura, à la Loire sans délaisser l’Espagne et la sélection de vins au verre est toujours variée et intéressante.

228 et 226 1/2, St-Joseph Est, Québec (Lien Google Maps) | http://www.le-cercle.ca
Photo: le-cercle.ca

Photo: le-cercle.ca

Le Moine Échanson

Le Moine s’est rapidement attiré ses fidèles après son ouverture en 2007, qui viennent pour l’ambiance chaleureuse, la cuisine saisonnière inspirée à la fois de l’Ardèche, du Rhône et du Québec ou pour faire des découvertes vinicoles. Ce petit temple du vin nature à Québec s’est agrandi d’un coin caviste, où on peut acheter du vin à emporter avec un repas à emporter. On y trouve un menu de petites plats à grignoter, mais ça serait dommage de se passer de la carte principale, sauf si c’est pour profiter des beignets de morue. C’est une des meilleures adresses pour boire original, bio, funky et sans sulfite, toujours en accord avec un repas de haut niveau.

585 rue St-Jean, Québec (Lien Google Maps) | http://www.lemoineechanson.com

Petits Creux et Grands Crus

Petits Creux et Grands Crus

Petits Creux et Grands Crus

Nouveau venu sur la rue Cartier, Petits Creux et Grands Crus assume sans complexes son côté bar à vins, bien qu’il faille y commander quelque chose à manger puisque l’établissement a un permis de restaurant. On y sert des plaques de à grignoter (et/ou à partager) avec un accent corse et tous les vins sont servis au verre afin de favoriser la diversité et les échanges. Posez quelques questions et intéressez vous à ce qu’il y a dans votre verre pour profiter pleinement de l’endroit! On peut aussi y acheter des bouteilles pour emporter, ce qui permet d’encaver des vins d’importation privée sans nécessairement avoir à en commander une caisse complète.

1125 avenue Cartier, Québec (Lien Google Maps) | http://petitscreux.ca

Comptoir de dégustation SAQ Signature

Pour tâter du vin haut-de-gamme sans nécessairement payer plus de 100$ la bouteille, rendez-vous à la SAQ Signature à Québec. Récemment rénovée à grands frais, on y retrouve une sélection de vins prestigieux qui changent sur une base hebdomadaire. J’ai pu y goûter Les Forges de Tart 2006, un Léoville Las Cases 1983, un Vega Sicilia Unico 1998, des vieux millésimes de Pommard du domaine de Montille… Les grands vins (et spiritueux!) s’y succèdent donc à une vitesse impressionnante. Bien que situé dans un endroit un peu inhospitalier, l’endroit mérite le détour pour l’amateur qui veut découvrir des grands vins sans (trop) se ruiner.

2828 boulevard Laurier, Québec (Lien Google Maps) | http://www.saq.com

Importation privée 101

La scène est familière pour plusieurs. Au restaurant, le sommelier vous recommande un vin un peu hors normes pour aller avec votre repas: peu de sulfites, fait par un petit producteur, parfois même dans la mouvance des vins natures. Vous le trouvez bon, vous vous informez sur sa disponibilité. Si la réponse est « Désolé, ce vin est une importation privée et n’est pas disponible à la SAQ », ne vous découragez pas: l’importation privée n’est pas que pour les restaurateurs. Petite marche à suivre pour l’importation privée en 4 étapes simples.

1- Trouver le vin qui vous intéresse

Cette étape est généralement celle qui est la plus facile. Que ce soit au restaurant ou dans un salon des vins, vous avez découvert le vin en y goûtant et vous le connaissez donc déjà!

Par contre, si vous voulez plutôt partir à la découverte, un site comme Vinprive.ca peut vous aiguiller. Il consolide le portfolio de plusieurs agences et s’occupe des démarches avec elles par la suite. Sinon, le meilleur moyen est de faire du lèche-vitrine dans les listes de prix des agences d’importation et de lire des compte-rendus sur des blogs de qualité… La colonne de droite peut vous donner des liens d’intérêt, mais ça vous le faites déjà probablement un peu…

2- Trouver des amis

Tout le monde a des amis, cette étape ne devrait aussi pas poser trop de problèmes… La limitation principale des vins en importation privée, c’est de devoir commander une caisse complète, soit de 12 bouteilles (ou parfois de 6 bouteilles, selon le produit). Le meilleur moyen de contourner cette limitation est de partager la caisse avec des amis. De toute manière, une des stratégies que l’on devrait avoir lorsqu’on veut se constituer une cave est d’acheter quelques exemplaires du même vin. À quatre, une caisse de 12 bouteilles devient rapidement quatre lots de 3 bouteilles, ce qui est beaucoup plus raisonnable!

3- Trouver l’agence qui représente le producteur au Québec

C’est souvent l’étape la plus compliquée, puisque les agences d’importation sont souvent des petites compagnies qui représentent quelques producteurs seulement, ce qui a pour conséquence que l’information est très fragmentée et que certaines agences sont mieux représentées sur internet que d’autres.

Si le vin est goûté au restaurant, on n’a qu’à demander au serveur. Normalement, quelqu’un dans le restaurant aura cette réponse. Si c’est plutôt dans un salon des vins, vous avez probablement goûté le vin au stand de l’agence en question… C’est lorsque vous entendez parler du vin à la radio ou dans les médias que ça se corse.

Dans ce cas, Google est votre meilleur ami et si vous avez de la chance de tomber sur un blogueur vin québécois consciencieux comme Le Sommelier Fou David Pelletier, David Santerre de La Bande des Vins ou Carswell de Brett Happens, ils prennent le soin de mentionner l’agence qui représente le produit dans leur note de dégustation. Sinon, le guide Phaneuf 2013 avait une jolie section sur les vins d’importation privée, qui est malheureusement absente de la version 2014.

En dernier recours, il est souvent possible d’écrire au producteur, celui-ci se fera généralement un plaisir de vous mentionner qui est son agent au Québec… Après tout, vous voulez acheter ses vins!

Si le producteur n’est pas représenté au Québec et que vous avez découvert leurs vins en voyage directement chez eux, alors là on s’embarque dans quelque chose de pas mal plus complexe, mais qui est détaillé sur le site de la SAQ. 

4- Commander à l’agence, acheter à la SAQ

Puisque notre cher monopole est le seul à pouvoir vendre de l’alcool, il en est de même pour les importations privées.

Ainsi, on commande le vin que l’on désire à l’agence, qui s’occupe de la paperasse et de placer la commande auprès de la SAQ. La caisse est ensuite livrée dans la succursale de notre choix (dans cette liste) et on paye directement à la SAQ en sortant. Certaines agences exigent le paiement des frais séparément directement à leur attention, auquel cas il faut habituellement leur poster un chèque. S’ils sont en stock aux entrepôts, le vin est ensuite livré dans les 7-10 jours ouvrables.

Il ne reste qu’à encaver le tout et ouvrir une bouteille de temps en temps. Avec des amis avides de découverte, ces vins les sortiront certainement de ce qu’ils boivent habituellement!

Trois vins à partager cet été

Il n’y a pas grand-chose de plus agréable que de se retrouver entre amis dehors lors d’une longue et chaude soirée d’été. Autour d’un feu de camp, ce n’est certainement pas le contexte favorable pour ouvrir un grand cru. Par contre, pour partager en bonne compagnie, c’est parfait. Voici quelques suggestions qui sont à la fois pas compliquées, bien agréables et qui possèdent une bonne disponibilité sur les tablettes de la SAQ.

Photo: SAQ.com

Photo: SAQ.com

Pour bien commencer la soirée, il est toujours agréable d’ouvrir des bulles. Un champion à cet effet est le Prosecco Crede de Bisol, qui est aussi parfois disponible en magnums (encore meilleur pour le partage!). Un mousseux qui ne cherche pas à se prendre pour un autre, qui rafraîchit, qui divertit et qui se vide plus vite qu’on ne le pense.

En blanc, on cherche un vin qui possède à la fois une ampleur en bouche pour plaire mais une acidité assez vive pour soutenir la chaleur d’une chaude journée d’été. Disponible dans près de 200 succursales au moment d’écrire ces lignes, le Atlantis 2013 d’Argyros correspond parfaitement à tous ces critères. En plus, il est confortablement sous la barre des 20$, ce qui le rend autant plus attrayant.

En rouge, le fin de partage par excellence est un bon Beaujolais de qualité. De grâce, restez loin du Brouilly de Georges Duboeuf qui est plus proche de l’eau que du vin et optez plutôt pour un autre pionnier du Beaujolais, Jean-Paul Brun. Fait des vieilles vignes du domaine, la cuvée l’Ancien est vinifiée à la bourguignonne, avec un égrappage complet et un vieillissement en (vieilles) barriques. On n’y trouve que 12% d’alcool et un glou-glou à tout casser. Il sera parfait à l’apéro sur la terrasse, avec des cochonnailles de qualité. Ah! Je viens de me trouver un plan pour lancer la fin de semaine en beauté!