3 produits québécois à mettre dans son verre

C’est la St-Jean-Baptiste, le temps de célébrer tout ce qui est québécois. On va sur les Plaines, on s’amuse et on profite de la journée la plus longue de l’année. Il n’y a pas de raison que ce qu’on mette dans notre verre ne soit pas québécois non plus! Voici donc quelques jolies suggestions qui vous permettront de prendre avantage du rabais de 10% offert par la SAQ cette fin de semaine jusqu’au 26 juin!

Vignoble de Sainte-Pétronille – Voile de la Mariée

Situé tout juste à l’extérieur de Québec, le Vignoble de Sainte-Pétronille est un endroit particulièrement agréable. Au milieu des vignes avec le fleuve St-Laurent et la chute Montmorency en arrière-plan, avec une guédille au homard du Panache mobille, difficile de faire mieux.

Vignoble de Sainte-Pétronille
Vignoble de Sainte-Pétronille au printemps 2016

Pour ramener une partie de ce vignoble dans son verre (à défaut de pouvoir se rendre sur place!), mettez la main sur le Voile de la Mariée, un vin blanc frais et vigoureux fait de Vandal-Cliche, Vidal et l’Acadie. Son attaque franche, ses notes d’agrumes et son prix doux feront des merveilles pour contrer la chaleur de l’été qui arrive. À servir à tous ceux qui doutent du potentiel du vignoble québécois.

Distillerie St-Laurent Gin

Gin St-Laurent (Photo: SAQ.com)
Gin St-Laurent (Photo: SAQ.com)

Ici, c’est le fleuve sous forme de gin. On sent l’air du large, là où on ne voit pas l’autre côté du fleuve. S’il y a un un alcool qui raconte clairement dans le verre d’où il vient, c’est bien ce gin.

Ne commettez pas l’hérésie de l’utiliser dans un drink. Il est l’exemple parfait que le gin est plus qu’un spiritueux anonyme et a évolué beaucoup depuis le de Kuyper et le Beefeater. Le St-Laurent fait partie de cette vague de gins qui redorent les lettres de noblesse de ce spiritueux.

L’arrivée de ce gin sur les tablettes de la SAQ avait causé un assez gros buzz au début de l’année, mais de nouveaux arrivages ont depuis fait leur apparition et il est plus facile d’en trouver, il y en a même sur SAQ.com.

Vignoble du Marathonien Vendanges Tardives 2014

Jean Joly, Vignoble du Marathonien
Jean Joly, Vignoble du Marathonien

Du côté d’Havelock, où les téléphones cellulaires sautent entre les réseaux canadiens et américains, Jean Joly est à la tête du Vignoble du Marathonien depuis sa fondation en 1994. Bien qu’il soit réputé et reconnu pour sa production de vin de glace, je préfère vous recommander leur vendange tardive, bien que ce soit deux produits tout à fait exceptionnels. Il utilise le vidal dans les deux cuvées, un hybride français qui donne de très beaux résultats lorsqu’il est récolté en surmaturité et transformé en vin sucré. Le second possède toutefois une acidité un peu plus importante qui permet de faire un bon contrepoint à tout ce sucre. De plus, il est presque deux fois moins cher, ce qui est en soi plutôt intéressant aussi!

Quoiqu’il en soit, il n’y a pas de bonne raison pour ne pas avoir de vin du Québec à votre disposition et ce, pas simplement pour ouvrir lors de la fête nationale! Bonne St-Jean à tous!

 

Domaine Ligas Bucéphale 2007

Lorsqu’on sort au restaurant en groupe, c’est souvent à moi que revient la tâche de choisir le vin. Or, dans cette situation, j’essaie de trouver un vin qui va à la fois à la fois bien accompagner la nourriture que le groupe va commander, être un bon rapport qualité prix et, accessoirement, sortir un peu les gens de leur zone de confort.

C’est ainsi qu’au restaurant le Hobbit avec des collègues du bureau mon choix s’est orienté vers le Bucéphale 2007, de Ktima Ligas. Beaucoup de jolies choses sur leur carte des vins, mais un vin grec avec un peu d’âge vendu à prix correct comblait tout à fait mes attentes!

Bucéphale Xinomavro
Bucéphale Xinomavro

Thomas Ligas, formé en France, s’inscrit dans la mouvance minimaliste, n’effectuant que très peu d’interventions au champ et dans le chai. Les raisins sont vendangés manuellement, fermentés avec les levures naturelles puis vieilli en barriques et gardé en bouteilles au domaine avant la vente.

Dans le verre, toutefois, légère déception. Le vin montre clairement son évolution par son aspect tuilé dans le verre. Au nez, les notes de raisin sec et de prunes dominent et la bouche n’est pas particulièrement en équilibrée, avec une acidité marquée et une finale un peu courte. On a l’impression que le meilleur de ce vin est derrière lui, qu’il aurait été bien joli en jeunesse.

Selon ce que je peux trouver, le millésime 2007 semble être le millésime courant (!), mais si j’étais à la place du restaurant, je m’arrangerais pour vendre les bouteilles présentement en stock assez rapidement car je ne pense pas que ce vin va tenir la route encore bien longtemps… Dommage, lorsqu’on sait que le xinomavro peut donner de très beaux vins qui peuvent tenir la route pendant longtemps.

À la découverte du Vermont viticole

À deux heures au sud de Montréal, on pense au Vermont pour ses montagnes vertes, ses forêts et ses activités de plein air. Peu de gens s’y rendent toutefois pour prendre le pouls de cette jeune région gourmande. Retour sur trois jours de découvertes.

La garagista
La garagista

Bien que toute jeune, l’industrie vinicole a rapidement compris que le climat vermontais ne se prête pas bien à la culture des cépages “classiques”, vitis vinifera. Ils tablent plutôt sur l’émergence qualitative de nouveaux cépages hybrides, plus résistants au froid, pour la plupart développés à l’université du Minnesota au cours de la dernière décennie. Le seul cépage vitis vinifera dont on a entendu parler lors de la fin de semaine est le riesling, principalement pour dire que c’était pas facile…! Au lieu de ça, Marquette, La Crescent, Brianna, Louise Swanson, trois variétés de Frontenac font déjà partie des meubles.

Le Marquette est le cépage rouge qui semble donner les meilleurs résultats. Les styles varient, mais le point commun entre les cuvées les mieux réussies était une dose minimale (voire absente) de vieillissement en bois neuf. “We found out that it was very easy to over-oak Marquette”, nous confiera le vigneron Chris Granstrom chez Lincoln Peak. Le Marquette prend alors des jolies notes de fruits rouge et une acidité bien marquée. Le bois viendra parfois ajouter un peu de corps, mais plus souvent qu’autrement il viendra plutôt que masquer le fruit sans vraiment apporter quelque chose de plus à l’ensemble.

Ethan Joseph, winemaker chez Shelburne Vineyard
Ethan Joseph, winemaker chez Shelburne Vineyard

Pour se faire sa propre tête, on se rend chez Shelburne Vineyards en comparant leur marquette d’entrée de gamme avec le Reserve Barrel Select. Disponible pour plantation commerciale seulement depuis 2006, on ne sait pas exactement comment il va se comporter au vieillissement à long terme, mais l’avenir semble déjà prometteur.

En blanc, on trouve beaucoup de La Crescent, aux notes aromatiques florales prédominantes, qui rappelleront à certains le gewürztraminer. Ici par contre, beaucoup plus de disparité, la fraîcheur ayant tendance à disparaître rapidement et le vin vient un peu lourd. Les meilleurs exemples de La Crescent réussissent à trouver un équilibre avec une macération prolongée, sans se rendre tout à fait à l’étape du vin orange. Assemblé avec du Frontenac Gris chez Lincoln Peak, il donne la cuvée Limestone qui trouve ce délicat point d’équilibre. 

Au-delà de ces généralisations régionales, il y a toujours des producteurs qui savent s’élever du lot. C’est le cas de Deirdre Heekin et Caleb Barber, derrière La Garagista. La ferme de polyculture qu’ils exploitent au coeur des montagnes est un petit coin de paradis. Les douces montagnes s’étendent à l’horizon, les pommiers et poiriers entourent la maison et les jardins d’herbes aromatiques.

Pas de pesticides, pas de levures industrielles ni de mécanisation, beaucoup de soin et un véritable souci du détail font des vins de La Garagista les meilleurs de la région. Les pétillants naturels Ci Confonde, tant en blanc (fait de Brianna) qu’en rosé (vinifié avec du Frontenac gris) sont à la fois classiques et possèdent cette sensation d’appartenir totalement à leur environnement. Des vins particulièrement excitants, vivants et nullement complexés par l’utilisation de cépages hybrides: ils sont tout simplement délicieux. 

L’industrie viticole au Vermont est comme un nouveau-né. Bien qu’encore un peu fripée, on voit déjà qu’elle pourra grandir dans quelque chose de très beau. Reste qu’à lui donner un peu de temps et beaucoup d’amour.

5 adresses gourmandes à Lévis

La ville de Lévis est souvent considérée comme étant simplement ce qui se trouve de l’autre côté du fleuve St-Laurent. Toutefois, lorsqu’on traverse pour profiter de la meilleure vue sur Québec (ou pour profiter des charmes tranquilles du Vieux-Lévis), on peut aussi en profiter pour se laisser guider par son ventre.

Boutique le Fridge

Les raisons de se rendre au Fridge sont nombreuses. On s’y rend d’abord pour acheter des bières de microbrasseries à partir de leur vaste sélection. Les propriétaires étant de véritables passionnés, on y retrouve souvent des cuvées à tirage limité. On reste ensuite pour le super café et les petits sandwichs faits avec des produits de qualité si on y est sur l’heure du dîner.

Le Fridge - Bière et Cafés
Le Fridge – Bière et Cafés

39 Route du Président-Kennedy, Lévis

Barbacoa

Si vous ne connaissez pas (encore) le Barbacoa, c’est un gros manque qu’il faudra adresser rapidement. Il s’agit selon moi du meilleur BBQ à Québec, voire même plus. Le plus difficile, c’est de faire son choix entre la poutine au pulled pork, les côtes levées et le trio de mini burgers de viande effilochée, le tout sortant directement de leur fumoir! Tout est bon, on peut y aller sans craintes de faire un mauvais choix. On quitte le ventre bien plein en se disant qu’on se doit de revenir!

Barbacoa (Source Photo: Barbacoa)
Barbacoa (Source Photo: Barbacoa)

Si vous ne passez pas à Lévis, gardez l’oeil ouvert pour le passage de leur food truck dans un événement près de chez vous, à commencer par le BBQ Fest du 17 au 19 juin.

5994 rue Saint-Laurent, Lévis

Corsaire

Sur le bord du fleuve, avec une terrasse qui donne une vue imprenable sur Québec, le Corsaire est le repaire de choix pour aller prendre une bière entre collègues à la sortie du bureau. On regarde le soleil descendre sur la ville depuis la terrasse, avec une Galère ou une Kirke, c’est plutôt idéal. On y mange très bien, avec un menu étonnamment varié pour un pub. La soirée peut s’étirer ensuite sans problèmes avec un John Lee Hooker: One Bourbon, One Scotch, One Beer!

De plus, on retrouve de plus en plus leurs bières dans les dépanneurs spécialisés.

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5955 Rue Saint-Laurent, Lévis

Café la Mosaïque

Manger au Café la Mosaïque, ça fait du bien. Non seulement les sandwichs et autres petits plats préparés sont vraiment bons, le café est une entreprise d’économie sociale qui veut offrir à la communauté un lieu de rassemblement et d’échange. Le tout est fait avec des produits bios et équitables, tout à fait en ligne avec la philosophie de l’endroit. Lors de votre visite, payez au suivant en offrant un café ou une soupe en attente, qui pourra certainement profiter par la suite à quelqu’un qui en aura besoin!

La Mosaïque
La Mosaïque

5727 rue Saint-Louis, Lévis

Chocolats Favoris

Difficile de parler de bouffe à Lévis sans mentionner Chocolats Favoris. Cette institution lévisienne a pris une expansion phénoménale au cours des dernières années. L’adresse originale dans le Vieux-Lévis est toujours noire de monde, dès que le beau temps se pointe le bout du nez. Au delà de la crème glacée molle trempée dans le chocolat, la section chocolaterie « classique » vaut aussi le détour et comblera certainement de bonheur les dents sucrées.

32 avenue Bégin, Lévis

J’ai la tête en Loire et le coeur en Bourgogne

Les vignerons du nord de la France, principalement en Bourgogne et en Loire, se souviendront longtemps de la nuit du 27 avril, mais pas nécessairement pour les bonnes raisons.

La température est descendue significativement sous le point de congélation alors que les vignes avaient débourré, tuant au passage une bonne partie de la future récolte. Les détails plus précis des pertes seront connus dans le courant de la semaine prochaine, mais déjà, les producteurs sont pessimistes. Les images des bougies allumées dans les grands crus de Chablis sont particulièrement saisissantes. On voit surtout les efforts sans relâche de ces artisans qui tentent de sauver leur récolte.

En Bourgogne, Chablis, la Côte de Beaune rapportent les plus grosses pertes, de 90% à 100% selon les parcelles et le millésime 2016 est sérieusement compromis. Après les épisodes de grêle de 2012, 2013 et 2014, c’est avec des volumes encore réduits que les producteurs devront composer. En Loire, Bourgueil et Montlouis semblent avoir principalement souffert.

Vignoble de Beaune
Vignoble de Beaune, sous des jours meilleurs

Plutôt que de partager plus d’images de désolation dans les vignes françaises, je préfère plutôt suggérer d’encourager les producteurs des régions touchées. Le tire-bouchon comme arme de solidarité, on aime ça.

Sortez une bouteille d’Épaulé Jeté de Catherine et Pierre Breton ou de La Coudraye de Yannick Amirault pour goûter à tout ce qu’on peut faire de bien avec le cabernet franc. En blanc, délectez-vous de la richesse du chenin blanc avec les vins de Jacky Blot. Finalement, gâtez-vous en Bourgogne avec toute la finesse des vins de Chambolle-Musigny, qu’ils proviennent de David Duband ou de Michel Gros.

Amis vignerons, on ne lâche pas et on est de tout coeur avec vous.