Quelques vins du Niagara

La semaine dernière, j’ai eu l’opportunité d’assister à un cours d’introduction aux vins du Niagara donné à l’École Hôtellière de la Capitale par l’ami Alain Laliberté. Ayant visité la région en 2011 dans la cadre de Tastecamp et de nouveau en 2015, il faisait bon de se replonger dans la région et avoir un autre point de vue sur celle-ci.

Au menu, 6 vins servis à l’aveugle offrant un portrait assez fiable de la région en commençant par deux rieslings, un cépage qui offre de très beaux résultats dans la région. Les bouteilles ont été ramenées d’Ontario par Alain, certaines sont disponibles au Québec, mais les quantités sont souvent plus limitées et il faut chercher un peu plus fort…

Carte des appellations dans la Niagara
Carte des appellations dans la Niagara

Le premier est presque transparent et offre un nez classique de pomme verte et de lime, sans être particulièrement complexe. C’est en bouche où ça se gâte, qui est plutôt disjointe (une attaque d’acide qui disparaît pour faire place à une finale sucrée). Je m’attendais à avoir 12-15 g/L de sucre résiduel, mais c’était plutôt 21 g/L…! Ça va prendre pas mal de soleil et une piscine pour que le Fielding Mise du Domaine 2015 trouve sa vraie place.

Le second était pas mal plus dans ma palette. Avec son aspect plus foncé, il annonçait déjà un peu plus de concentration. Le nez est plus riche et mûr – encore sur les notes classiques du riesling – avec un côté floral qui ajoute une belle complexité. En bouche, le sucre est beaucoup mieux intégré et on retrouve une belle petite amertume qui appelle tout de suite une autre gorgée. Un riesling de table de haut vol, que ce June’s Vineyard 2014 de 13th Street.

Place ensuite à un chardonnay, qui ne m’a pas particulièrement plu. On est encore une fois dans les notes classiques du cépage, dans son style boisé – qui prend tout juste un peu trop de place à mon goût. Heureusement, la fraîcheur de la région vient quelque peu sauver la mise et remettre le Tawse Quarry Road Chardonnay 2012 sur les rails. Il ne m’a pas semblé terriblement distinctif et, pour les 35$ demandés à la LCBO, je crois avoir un peu plus de plaisir ailleurs.

On passe ensuite aux rouges, en commençant par un gamay particulièrement joli. Poivre et fraises au nez, avec une bouche toute en fraîcheur qui invite à replonger dans le verre plus tôt que tard. Ce n’est pas le gamay le plus complexe qu’on pourra trouver sur le marché, mais le verre s’est vidé en moins de deux. Ce 13th Street Gamay Noir 2015 s’en est particulièrement bien tiré, bravo encore à Jean-Pierre Colas.

Barriques de pinot, chez Tawse.
Barriques de pinot, chez Tawse.

Le nez du vin suivant ne ment pas: c’est du pinot. Difficile de faire plus classique, avec les petits fruits rouges et une petite note herbacée particulièrement plaisante. La bouche est quelque peu austère et me semble en continuité avec l’esprit bourguignon. C’est frais et on reste loin du côté moderne vers lequel ce vin aurait facilement pu dériver. Le Tawse Pinot Noir Grower’s Blend 2011 (2012 à la SAQ) est un des vins qui m’a le plus plu de toute la soirée.

Finalement, dernier détour du côté de chez Tawse avec le Cabernet Franc Grower’s Blend 2012, encore une expression particulièrement typique du cépage. La légère verdeur caractéristique du cabernet franc au nez n’est pas du tout présente en bouche, où on retrouve une belle trame tannique et un fruit éclatant et bien mûr. Bien fait et apprécié d’une bonne partie de la classe, j’ai préféré la fraîcheur et l’authenticité des deux vins précédents dans la vague.

Je ne le dirai pas assez, les vins ontariens offrent selon moi une valeur insoupçonnée et, de manière générale, significativement au-delà du prix demandé. Alors que la dégustation Somewhereness de février dernier a prouvé que les vins du Niagara et de Prince Edward County peuvent compétitionner au plus haut niveau, celle-ci montre que la province s’en tire généralement très bien dans le milieu de gamme aussi. Si seulement la SAQ pouvait en arriver à la même conclusion et augmenter sa sélection ou la RACJ nous laisser commander du vin directement depuis les vignobles de nos voisins…!

Mas Igneus Barranc dels Clossos Priorat 2014

À un peu moins de deux heures de Barcelone se trouve la région du Priorat, qui s’est rapidement forgé une réputation enviable sur la scène internationale pour la qualité de ses vins rouges à base de Carignan et Grenache. Or, les vins blancs provenant de la région sont pratiquement inexistants, formant que 6% de la superficie plantée.

On retrouve présentement sur les tablettes de la SAQ le Barranc dels Clossos 2014, de Mas Igneus. Il s’agit d’un vin élaboré à base de Grenache Blanc à 80% et, selon si on fait confiance à la contre-étiquette ou au site web du producteur, de Pedro Ximinez ou de Maccabeu pour les 20% restants… (J’ai écrit au domaine pour avoir la vérité…!)

Le vin est fermenté an cuves inox, avec 4 mois d’élevages sur lies. Un faible pourcentage (10%) fait un court passage d’un mois dans des vieilles barriques d’acacia.

Dans tous les cas, on est en présence d’un vin qui respire le soleil qui baigne les côteaux catalans. C’est un vin généreux et ample, qui a fait un malheur avec un poulet laqué au miso et au miel. À la fois fruité et floral, le Grenache Blanc amène aussi une légère amertume en fin de bouche qui invite à prendre autre autre gorgée. Un vin bien réussi qui se fera certainement une place de choix dans ma liste d’achats.

J’ai bien hâte de découvrir la région du Priorat à la fin-mai, puisque je serai sur place pendant quelques jours dans le cadre d’Espai Priorat 2017. J’ai hâte!!

5 rencontres à ne pas manquer au Salon des Vins de Québec

Pour une visite réussie au Salon des Vins et Spiritueux de Québec, il est primordial de planifier sa visite correctement. Avec 75 000 pieds carrés d’exposants, on peut facilement s’y perdre et ressortir du Salon en ayant l’impression d’avoir manqué un paquet de choses.

Ce que je préfère avant tout, c’est de rencontrer les producteurs, qui se déplacent jusqu’à Québec pour nous faire découvrir leurs produits. De manière générale, ce sont des vrais passionnés et passer un peu de temps en leur compagnie est toujours une opportunité en or pour apprendre. Gros plan sur 5 rencontres à ne pas manquer.

Brigitte Jeanjean

Brigitte Jeanjean
Brigitte Jeanjean

Une habituée du Québec, Brigitte Jeanjean élabore dans le Languedoc des vins dont les marques sont bien connues des québécois, comme le rosé Le Pive (un must à chaque année) ou le Devois des Agneaux. En plus de faire du bon vin vendu à prix raisonnable, Mme. Jeanjean est d’une convivialité désarmante et vous transportera directement dans le sud de la France avec son accent chantant. Elle sera présente toute la fin de semaine au kiosque de Sélect Vins Advini (136) et en conférence le vendredi à 19:00, le samedi à 17:45 et le dimanche à 13:15. Vous n’avez vraiment pas d’excuse pour manquer le passage de Mme. Jeanjean!

Alain Brumont

On a la chance d’avoir à Québec Monsieur Sud-Ouest lui-même, Alain Brumont. Ambassadeur sans pareil de son coin de pays, il est en quelque sorte l’architecte de la résurgence de cette région sur l’échiquier vinicole mondial avec le Château Montus et Château Bouscassé. On ira le rencontrer pour goûter à ce qu’il fait chez Montus, mais aussi (re)découvrir ses cuvées d’entrée de gamme (comme son Gros Manseng – Sauvignon), qui selon moi offrent toujours un très bon rapport qualité-prix. On retrouvera M. Brumont fort probablement au kiosque 315, avec les Vins du Sud-Ouest.

Alain Brumont
Alain Brumont

Isabelle Meyer

Isabelle Meyer
Isabelle Meyer

Ici, on rencontre l’Alsace à son meilleur. Domaine familial en activité dans la région depuis 1854, le domaine Josmeyer est une superbe porte d’entrée pour découvrir les terroirs alsaciens. Du frais et délicat La mise du printemps jsuqu’à la complexité des grands crus, tout ce que j’ai pu goûter chez eux valait amplement le détour.

J’ai parfois tendance à négliger un peu l’Alsace et oublier qu’on y fait des grands vins où le terroir y joue un rôle d’avant plan et rencontrer Mme. Meyer au kiosque de Symbiose Vins (116) sera assurément une bonne manière de corriger cette lacune.

Marina Tavares

Les portos de la maison Ramos Pinto ont été parmi mes coups de coeur de mon escapade dans la vallée du Douro en 2014. Le Salon des Vins accueillera cette année Marina Tavares, qui donnera notamment une conférence sur l’importance du terroir dans les vins du Douro, le samedi à 18:30. Même si le Porto est en perte de vitesse constante depuis le début des années 2000, on constatera certainement en discutant avec Mme. Tavares à quel point ce vin est ancré dans l’ADN des gens du Douro et on redécouvrira à quel point ça peut être délicieux! Et ça vous donnera le goût de partir illico pour le Portugal…

 

Gérard Dupuy

Il est facile de mettre la région bordelaise dans le même grand chapeau et de tirer des conclusions hâtives (je sais, je l’ai fait). Profitons donc de l’occasion pour découvrir les petits producteurs bordelais, avec la visite de Gérard Dupuy du Château Beauséjour au kiosque de l’agence Boires. Domaine situé à Puisseguin cultivé en bio depuis la fin des années 1940, on y cultive une vingtaine d’hectares de vignes de merlot, principalement. Une incursion à l’extérieur des grands châteaux traditionnels de Bordeaux qui s’annonce particulièrement instructive.

NB: Il s’agit plutôt de Frédérique Burlot qui sera présente à Québec pour représenter le Château Beauséjour et le Château Langlais, mais qu’à cela ne tienne, la rencontre vaut tout autant le détour!

Gérard Dupuy, Château Beauséjour
Gérard Dupuy, Château Beauséjour

Closson Chase Pinot Noir Closson Chase Vineyard 2012

J’ai adoré mon passage dans Prince Edward County à l’été 2015: le charme tranquille des petits villages de Wellington et Bloomfield, l’omniprésence du lac Ontario, la gentillesse des habitants. Les vins, issues principalement de chardonnay et de pinot noir ont aussi tout pour plaire.

Vignes de Closson Chase
Vignes de Closson Chase

Goûté sur place, le Pinot Noir Closson Chase Vineyard 2012 vibrait de jeunesse et était plein de fruits rouges, avec une tension et une minéralité évidente. Un beau pinot frais et digeste et qui pourra certainement gagner un peu de complexité avec un court séjour en cave. Coup de coeur, je repars avec une bouteille sans hésitation.

J’ai donc été un peu surpris de voir la rapidité de son évolution en cave lorsque je l’ai ouvert la semaine dernière. Les 18 mois passés en cave avaient complètement transformé le vin: le fruit s’était définitivement placé en retrait au profit de notes secondaires et tertiaires: sous-bois, champignons. La minéralité et l’acidité sont toujours là, bien intégrés dans l’ensemble et le fruit jouait plutôt sa part dans le choeur plutôt que d’assumer le lead vocal. Au final, une jolie bouteille, mais à laquelle j’aurais personnellement donné 7-8 ans de plus si elle m’avait été servie à l’aveugle.

Étais-je tombé sur une bouteille au bouchon légèrement défectueux et pas aussi étanche que voulu? À la lumière des commentaires reçus sur la page Facebook lors de la publication de la photo, je ne le pense pas et on peut se demander à quelle vitesse évoluent les pinots de Prince Edward County de manière générale. Ça mérite clairement plus d’expérimentation et un nouveau passage dans cette région vinicole magnifique!

Le Salon des vins et spiritueux de Québec, c’est pour bientôt!

J’aime les années impaires: ce sont les années où se tient le Salon International des Vins et Spiritueux de Québec. C’est une occasion privilégiée de rencontrer des producteurs et découvrir des nouveaux vins, tout près de chez moi. Pour la 5e édition, le salon s’agrandit du tiers, pour 75000 pieds carrés de découvertes!

Cette année, le salon se tient du 28 au 30 avril, plutôt qu’à la mi-mars comme les années précédentes, afin de permettre à plus de producteurs de venir à Québec. En effet, les dates entraient en conflit avec ProWein, qui occupe depuis l’année dernière cette case du calendrier. La bonne nouvelle est que cette combinaison sera à l’avantage du salon de Québec pour les 10 prochaines années.

Le contenu détaillé sera disponible dans quelques jours, mais on sait déjà que le salon accueillera à la fois des pavillons représentant une région vinicole de même que des emplacements pour des agences d’importation plus petites, un équilibre habituellement assez difficile à obtenir. . On aura la chance de faire un tour d’horizon de la Rioja, qui auront leur propre bar à vin (on imagine déjà que des tapas y seront servis!), du Sud-Ouest, avec Alain Brumont en tête d’affiche, et du Péloponnèse. J’ai particulièrement hâte de faire le tour du pavillon grec, leurs vins faisant partie de mes coups de coeur depuis quelques années.

Si vous voulez découvrir des vins d’importation privée, il sera possible d’en acheter à la bouteille au lieu d’à la caisse. Deux kiosques de la SAQ seront sur place pour prendre les commandes et les bouteilles vous seront livrées par la suite, fort probablement en succursale, comme lors d’une commande standard. Il s’agit d’une occasion en or de profiter des découvertes faites lors du Salon.

Le salon fait aussi la part belle au spiritueux, avec un offre trois fois plus importante que lors de la dernière édition. Avec l’essor de la micro-distillerie, l’occasion sera belle pour découvrir des produits qui font tout juste leur apparition sur le marché.

Joli setting pour le dévoilement de la programmation du Salon des Vins de Québec 2017!

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Finalement, le volet gourmand sera plus développé cette année. Pour marquer le coup, la conférence de presse traditionnelle s’est transformé en dîner de presse. En se plaçant à la fin avril, le Salon des Vins de Québec coïncide avec le dernier weekend de Québec Exquis. Ainsi, on pourra complémenter la dégustation des vins au Pavillon du goût, mettant en valeur les régions de Charlevoix ainsi que Lotbinière et Bellechasse, de même qu’un bar à bouchées animé par les finissants de l’École Hôtellière de la Capitale, contribuant ainsi à former la relève dans le secteur!

Vivement la fin avril!