Tastecamp North en images

Pendant trois jours en fin de semaine dernière, j’ai participé à TasteCamp North, un regroupement de blogueurs vinicoles et journalistes en visite dans une région vinicole.

De retour à la vie normale, je tente de faire le tri dans mes notes, photos et impressions des quelques 200 vins dégustés durant la fin de semaine, à la recherche de cohérence, thèmes et d’histoires intéressantes à vous raconter sur le blog. Ça viendra, mais entretemps, je vous propose un bref apreçu photographique de la fin de semaine.

Échantillons de 3 barriques de Equuleus, au Château des Charmes
Échantillons de 3 barriques de Equuleus, au Château des Charmes

Au Château des Charmes, notre groupe a servi de test afin d’exprimer nos préférences sur trois barriques différentes d’Equuleus, le vin-phare du domaine. Un regard privilégié sur les questions que les vignerons se posent pendant l’élaboration d’un vin.

Que ce soit dans les vignes ou à l’intérieur, les vignerons aiment partager leur travail et leur philosophie afin que l’on comprenne bien leur ligne de pensée.

Paul Pender, expliquant sa vision du terroir et de la biodynamie, chez Tawse.
Paul Pender, expliquant sa vision du terroir et de la biodynamie, chez Tawse.

Brian Schmidt, de Vineland Estate, en pleine explication
Brian Schmidt, de Vineland Estate, en pleine explication

TasteCamp, ce n’est pas que du vin, et c’était particulièrement vrai cette année, avec le cochon de lait servi chez Ravine Vineyard, le très bon dîner au Château des Charmes et le jarret d’agneau servi chez Treadwell…

Souper chez Ravine Vineyards
Souper chez Ravine Vineyards
Chez Ravine Vineyards
Chez Ravine Vineyards

Il a plu un peu, mais ça n’a pas empêché la bonne humeur et la découverte de la belle région du Niagara.

Journée pluvieuse chez Flat Rock Cellar
Journée pluvieuse chez Flat Rock Cellar
Barriques de pinot, chez Tawse.
Barriques de pinot, chez Tawse.

En se rendant à TasteCamp North

Plus que deux jours avant TasteCamp North, une rencontre d’une trentaine de blogueurs vinicoles qui en est à sa troisième édition. Après Long Island et les Finger Lakes, c’est au tour de la péninsule du Niagara de s’ouvrir aux blogueurs.

Au menu de cette fin de semaine bien remplie, on rencontre environ 45 producteurs avec qui on aura la chance d’échanger sur leurs produits, sur leur philosophie, sur le Niagara et, peut-être, sur le fait que les Maple Leafs n’ont pas gagné la Coupe Stanley depuis 1967…

Pour se préparer et retirer le plus possible de cette course de demi-fond (pas tout à fait un sprint, pas tout à fait un marathon…), quelques étapes sont nécessaires.

Tout d’abord, on lit les entrevues réalisées par Michael Di Caro avec les différents winemakers que l’on va croiser durant la fin de semaine. Il s’agit d’un beau travail de mise en contexte qui nous permettra de se plonger plus rapidement dans le vif du sujet avec les producteurs!

TasteCamp étant aussi un événement social, on consulte la liste des participants et on essaie de tisser des liens. Il y a plusieurs figures qui me sont déjà connues, entre autres parce qu’il s’agit de vétérans des éditions précédentes. La délégation québécoise prend un peu d’ampleur avec @RemyCharest, @DavidSanterre (a.k.a @BandedesVins), @girlonwine (dont je viens de découvrir le blog) et moi-même.

Finalement, on regarde ce qu’on risque de découvrir avec l’excellente mise en bouche de Rémy sur the Wine Case. Ça donne soif, tout ça. On se revoit vendredi!

La SAQ version 2.0

Quand on pense au web 2.0, les noms de Facebook, Twitter et Youtube viennent à l’esprit. En fait, le terme désigne de manière plus large la tendance qui cherche à impliquer de plus en plus directement l’utilisateur dans la consultation de contenus internet. La SAQ souhaite s’inscrire dans cette tendance afin de mieux rejoindre sa clientèle et de rassembler une communauté où passions et discussions se rencontrent. Ainsi, la société d’état a lancé hier son blogue, une page facebook, un compte twitter ainsi qu’un canal Youtube.

Blogue de la SAQ

À première vue, ça semble bien démarré. Le contenu semble au rendez-vous, les troupes sont motivées et le visuel de l’ensemble est bien réussi. Sur le blogue, on vante les mérites du Fleurie Poncié du domaine de Vissoux, un vin que j’aurais bien aimé garder pour moi tellement il est bon. Mais bon, le secret s’est ébruité et si les vins recommandés sont aussi bons que celui-ci, il faudra rester à l’affût pour profiter de belles découvertes.

Au niveau de la communauté, on y retrouve quelques commentaires épars et beaucoup de “J’aime” de Facebook et de Retweets. Pour qu’une communauté se forme autour de ce blog, il faudra que les blogueurs travaillent fort pour aller chercher plus de réaction des lecteurs et susciter les commentaires. Je crois que la volonté est là, il faudra simplement laisser le temps à l’équipe en place de trouver ses repères et à la communauté de se découvrir et tisser des liens.

Selon un document à l’intention des fournisseurs et des agents, la SAQ souhaite par cette stratégie atteindre les objectifs suivants:

  • Développer une proximité au quotidien avec la clientèle;
  • Supporter et maximiser l’expérience client;
  • Communiquer les partenariats, commandites et nouveautés en temps réel;
  • Joindre une nouvelle clientèle;
  • Générer de l’achalandage en succursale et sur SAQ.com;
  • Publier les activités et promotions.

L’initiative semble bonne pour l’atteinte de ces objectifs, mais encore faut-il que la communauté se sente interpellée et qu’elle sente que ces nouveaux canaux apportent plus d’information de qualité. On leur souhaite bonne chance et on dit bonjour à ce nouveau gros joueur dans le monde du vin 2.0 au Québec.

Du vin en Chine…

Lors de mes deux semaines en Chine, on m’a souvent posé la question suivante: “Et puis, le vin en Chine…?” Dans la majorité des cas, c’était aussi accompagné d’un petit sourire qui en disait long sur la perception des gens sur le vin chinois.

C’est en visitant le pays qu’on prend la mesure de la relation des Chinois avec le vin. Bien qu’on retrouve des vignes en Chine depuis le deuxième siècle avant notre ère, elles furent principalement utilisées comme raisin de table ou pour faire des raisins secs. Encore aujourd’hui, seulement 13% du vignoble chinois, pourtant le quatrième vignoble mondial, est vinifié.

Photo prise lors du Salon international du vin à Hong Kong, le 15 août 2008. (Photo: AFP)
Photo prise lors du Salon international du vin à Hong Kong, le 15 août 2008. (Photo: AFP)

En voulant simplifier un peu, on peut dire que le vin consommé en Chine est rouge et bordelais.

Rouge, parce que le palais asiatique est différent du palais occidental et est plus sensible à l’acidité vive du vin blanc. Ainsi, plusieurs le coupent avec du soda ou du jus de fruit pour en atténuer le goût… De plus, au restaurant, un verre de vin blanc ressemble à s’y méprendre à un verre d’eau, ce qui n’est pas idéal pour quelqu’un qui veut montrer qu’il boit du vin.

Rouge, aussi parce qu’il s’agit d’une couleur qui symbolise le bonheur, la chance et la prospérité en Chine. Or, le symbolisme fait partie intégrante de la culture chinoise et est un facteur important dans le choix du breuvage qui va accompagner le souper.

Bordelais, parce que les Chinois boivent surtout pour le prestige. Le vin est considéré comme un produit de luxe en Chine et plusieurs s’en servent pour afficher leur richesse. Or, le marketing bordelais est très efficace et ils ont su tabler sur la notion de prestige autour de leurs plus grands domaines.

Maintenant, des groupes industriels chinois achètent des domaines dans la région bordelaise, même les très modestes et la Chine forme maintenant le plus grand marché d’exportation des vins bordelais en dehors de l’Union Européenne. La stratégie dans ces investissements est principalement de capitaliser sur l’image de marque de Bordeaux pour vendre le vin à bon prix en Chine.

Avec une croissance de 30% par année lors des trois dernières années et une consommation qui est encore sous la barre d’une bouteille par année par habitant, la Chine est un marché alléchant pour tous les pays producteurs. C’est présentement la France qui détient le haut du pavé des exportations vers la Chine et les autres pays producteurs devront rivaliser de prestige afin de séduire les consommateurs chinois qui veulent goûter au prestige du vin.

Toutefois, en faisant de la recherche pour cet article, j’ai découvert le fait que 90% du vin consommé en Chine était du vin chinois.[1. Les chiffres ne précisaient pas toutefois si cette proportion était calculée selon la valeur ou le volume du vin vendu. J’ai lu qu’en terme de valeur, c’était plutôt 60% du vin consommé en Chine qui était produit localement, mais ces chiffres restent à vérifier.] Ce n’est toutefois pas ce que j’ai constaté à Shanghai, ce qui souligne la différence que je présume importante entre la métropole et le reste du pays.

J’ai toutefois dû faire des pieds et des mains pour trouver du vin chinois à Shanghai, outre le Great Wall que l’on retrouve un peu partout dans les dépanneurs et les petites épiceries. Finalement, je suis passé par hasard à côté de la boutique de Grace Vineyard, un vignoble fondé en 1997 dans la province de Shanxi. J’ai bien hâte d’y goûter, le vignoble ayant reçu des bons mots de Jancis Robinson.

Vous voulez goûter aux vins chinois disponibles à la SAQ? Le Chardonnay Dragon’s Hollow sentait le riz (!) et goûtait la barrique alors que le Cabernet-Sauvignon Dynasty goûté récemment au Salon des vins de Québec est correctement décrit comme… aqueux. Bref, si vous voulez prendre la mesure du vin chinois, ouvrez-vous un Bordeaux, ou attendez un peu!

Le Camp du Goût – TasteCamp North 2011

Prenez une vingtaine de blogueurs vinicoles, invitez-les dans une zone vinicole méconnue et organisez des rencontres avec les producteurs locaux. Si en plus, vous organisez un souper dans un restaurant réputé pour sa cuisine locale en leur permettant d’apporter leurs vins et que le tout est fait dans un esprit de découverte et de collaboration, vous obtenez TasteCamp.

J’ai eu la chance de participer à l’édition 2010, qui a eu lieu dans la région des Finger Lakes, dans le nord de l’État de New York. J’en retiens quelques découvertes marquantes (les pinots de Heart and Hands, entre autres), des rencontres spéciales (le riesling Argetsigner de Ravines Wine Cellars à 10h30 le matin, après une marche dans le vignoble d’où il est produit…), mais surtout rencontrer pour la première fois des blogueurs que je lis régulièrement et avec qui j’échange sur Twitter.

La soirée BYOB (apportez votre vin) est un moment fort, alors que chaque convive souhaite faire découvrir un produit de sa cave aux autres. Quelques bouteilles

Cette année, le rendez-vous est du 13 au 15 mai, dans le Niagara ontarien et américain. Vous allez certainement être mis au fait des bons (et des moins bons) coups des vignerons du Niagara le mois prochain!