Zoné Vin! prend son envol

Pour sa deuxième édition, Zoné Vin, un événement situé à mi-chemin entre un salon des vins et un 5 à 7 entre amis, se transporte au Cercle sur St-Joseph. La première édition, rassemblait 4 agences d’importation au Quai des Cageux, un magnifique espace sur le bord du fleuve St-Laurent.

Cette fois-ci, l’espace investi est moins spectaculaire, mais plus grand et mieux adapté à la foule qui s’est présentée en septembre dernier. De plus, on a pu faire la connaissance de 10 agences et profiter de tapas sortant tout juste des cuisines du Cercle. Que des additions qui sont les bienvenues et on contribué à rendre la soirée plus complète.

Cuvée de la Diable - Ferme Desrochers
Cuvée de la Diable – Ferme Desrochers

Plusieurs produits ont retenu l’attention, à commencer par la Cuvée de la Diable, un hydromel liquoreux produit par la Ferme Desrochers, située dans la municipalité de Ferme-Neuve, dans Lanaudière. Reconnus pour leur production de miel, ils produisent aussi cet hydromel, vieilli en barriques pendant 46 mois (!), sous voile (!!). Le résultat est particulièrement impressionnant: très complexe, le sucre est bien équilibré et la finale possède une belle longueur. Un produit original qui va sûrement prendre une place de choix dans ma liste de vins de dessert. En prime, c’est même disponible à la SAQ, pour 16$ la demie.

Chez l’ami Rémy Charest, qui représente l’agence Insolite Importation, on a pu goûter une superbe petite arvine de chez René Favre et Fils. Cépage indigène où se mêle joyeusement parfums tropicaux et une finale saline et minérale, la petite arvine est cultivée presque uniquement en Suisse (et un peu dans le nord de l’Italie). Un blanc dépaysant qui vient en cartons de 6, ce qui permet d’en commanderplus facilement que s’il venait en caisse de 12, comme plusieurs importations privées.

Mon top 3 de la soirée est complété par le Prosecco Crede 2009 du domaine vénétien Bisol, disponible à la SAQ et importé par Oenopole. Léger, festif, avec un peu de sucre résiduel qui ajoute un peu d’opulence à l’ensemble. Que c’est bon du Prosecco!

Cet événement nous fait dire: “Vivement le prochain Zoné Vin!”

Importation privée – Mode d’emploi

Au Québec, les vins sont vendus par l’entremise d’une société d’état, la Société des Alcools du Québec (SAQ). Grâce à ce pouvoir d’achat, la variété des produits offert est bien intéressante, avec plus de 10 000 produits présentements listés au répertoire. Malgré ce que certains peuvent en dire, je trouve que nous sommes plutôt bien servis par notre monopole.

Toutefois si, de retour de vacances, vous souhaitez acquérir ce petit rosé désaltérant dégusté sur le bord de la piscine ou le vin de ce petit producteur que vous avez découvert au détour d’une courbe dans l’arrière-pays, il est fort probable que ce vin ne soit pas disponible à la SAQ. Pour mettre la main sur ces produits, on doit se tourner vers l’importation privée.

Il est fort probable que vous avez déjà goûté des vins issus de l’importation privée, puisque ce mode d’achat est bien populaire auprès des restaurateurs. Certains utilisent ce créneau pour donner une signature distinctive à leur carte des vins ou pour agrandir leur portfolio. Les moins scrupuleux utiliseront le fait que le client ne connaît pas nécessairement le prix de détail pour se donner une marge un peu supérieure à l’habitude…

Le processus pour mettre la main sur ces vins est plutôt simple:

  1. On fait du magasinage et on choisit le vin qui nous intéresse. C’est souvent la partie la plus difficile, mais elle est habituellement tout à fait agréable. On fréquente des activités vinicoles (Salons des Vins, dégustations, etc.), on porte attention au restaurant, etc. On peut trouver un répertoire assez complet des agences d’importation de vin sur le site de Samy Rabbat, ou avec les membres du Raspipav, une association d’agences d’importation.
  2. Lorsqu’on a choisi le vin qui nous intéresse, on contacte l’agence qui représente le producteur. Le vin est ensuite livré dans une SAQ près de chez vous (habituellement dans les 7-10 jours suivant la commande), où vous effectuez le paiement. Certaines agences exigent le paiement des frais d’importation directement à eux, dans une facture séparée.
  3. Les vins sont habituellement disponibles en caisse de 12 bouteilles, ou parfois en carton de 6. Un truc afin de pouvoir s’offrir un peu de variété est de monter un groupe d’amis et de partager le tout. Les produits que je propose au bureau ont habituellement un bon succès…!

De plus, les produits sont aussi couverts par la garantie contre les bouteilles défectueuses de la SAQ, puisqu’elles sont vendues par celles-ci. Il faut parfois faire savoir au personnel que cette protection existe, mais c’est bel et bien le cas.

Le tout est bien résumé dans le sympathique vidéo de Rézin.

On peut y faire de belles découvertes, comme certaines que j’ai fait aujourd’hui dans le cadre du salon de la Raspipav… Vous en entendrez parler bientôt sur ce site…!

Un trio ibérique

C’est toujours plaisant de retrouver des amis autour d’une table, avec de bons plats et de bons vins. C’est tout à fait l’esprit d’une récente soirée organisée à la maison. Au menu, une petite tranche d’Espagne sous la forme de tapas variés et de vins de la péninsule ibérique. Bref retour sur trois vins servis lors de cette sympathique soirée où il n’y avait aucune prise de notes, aucune technique, seulement bien du plaisir.

Le Douro au Portugal - Source:titoalfredo @ Flickr
Le Douro au Portugal - Source:titoalfredo @ Flickr

J’ai servi à l’aveugle et en confrontation les trois vins suivants, tout d’abord seuls, puis ensuite accompagnés de dattes farcies au chorizo, dans une sauce tomate et poivron, des albondigas (boulettes de viande espagnoles) et des champignons farcis, qui furent d’ailleurs un grand succès…!

  1. Post Scriptum de Chryseia, Douro 2007
  2. Les Terrasses Priorat 2006, Alvaro Palacios
  3. Montecillo Gran Reserva Rioja 2001

Tout d’abord plus réservé, le Post Scriptum détonnait un peu lorsque mis en comparaison avec les deux autres puisqu’il mise beaucoup plus sur la finesse que la puissance. Il a donc paru un peu faible et moins aromatique que ses compagnons, mais il n’en restait pas moins un vin bien agréable. C’était bien, mais à ce prix de 27$, je ne suis pas certain que je vais en racheter.

Le gagnant de la soirée est sans contredit Les Terrasses, il fut le préféré de 6 des 7 convives. Puissant, complexe, très long en bouche, mais tout de même bien équilibré: il possède tous les éléments pour plaire. À noter que le millésime présentement en vente à la SAQ mais que les bouteilles servies sont du millésime 2006, vieillies à la succursale de Lévis. La foule en redemandait et j’encourage tous ceux qui ont 30$ à mettre sur une bouteille à se ruer sur celles qui restent à la SAQ, comme je vais probablement faire…

Le Montecillo s’est bien débrouillé, même s’il a été servi à la suite d’un vin unanimement apprécié. Pour plusieurs, il s’agissaient d’une rare expérience avec un vin de près de 10 ans d’âge. Il est souple et commence à prendre une teinte un peu tuilée, signe de son âge un peu plus avancé. Il s’agit d’un achat un peu à l’aveugle que je ne regrette pas du tout, puisqu’il s’agit d’une belle expression du terroir et du savoir-faire de la Rioja. Le vin commence son plateau, il est déjà bien agréable et va continuer à se bonifier au cours des prochaines années. J’aimerais bien voir de quoi se chauffe le 1981, aussi disponible présentement à la SAQ, au modique prix de 73$.

Alors que les deux premiers titraient au-delà de 14% d’alcool (même 14.5% pour Les Terrasses), on doit de noter que le Montecillo présente un très raisonnable 13%, ce qui aide grandement à son équilibre.

Un trio ibérique
Un trio ibérique

Une belle incursion dans l’univers des vins de la péninsule ibérique, que je connais trop peu qui donne le goût d’en découvrir plus!

Aperçu des vendanges 2010 en France

Dans le Figaro de ce matin, on offre un aperçu de la vendange 2010 dans les différentes régions vinicoles françaises. Les résultats seront disponibles dans les prochaines années, mais il est toujours intéressant de se pencher sur le climat dans les différentes régions et surtout de regarder le tout rétrospectivement.

Voici quelques morceaux choisis, en vous invitant à aller lire la chronique complète sur le site du Figaro.

Bordelais -Encore un grand millésime
Dans le Bordelais la très forte médiatisation du millésime 2009, a généré des prix élevés. On se retrouve avec un second grand millésime sur les bras, mais on n’ose plus le clamer. «Personne ne nous croira, mais le millésime 2010 est très grand!» s’excuse presque un propriétaire.

Reprenons les faits. La pluie qui a balayé la France du Nord en août et en septembre, et même touché la France du Sud, a miraculeusement contourné Bordeaux : «Pas une goutte de pluie et pas de chaleur excessive: les conditions climatiques de 2010 sont exceptionnelles. Nous sommes dans les pas de 1989 et 1990», s’enthousiasme Alain Vauthier, le propriétaire de château Ausone, 1er Cru classé de Saint-Emilion.

La comparaison 1989/1990 est la bonne. Après la très forte médiatisation des 1989, déjà, le monde entier avait du mal à admettre la grandeur des 1990, et les prix du 1990 étaient sortis en retrait de 30 % par rapport à 1989. Les mêmes causes risquent de produire les mêmes effets.

Quel est le profil des bordeaux 2010? Comme le millésime n’était pas précoce, les raisins blancs ont effectué une maturation complète, ce qui n’était pas le cas ces dernières années. Le sémillon en particulier s’en sort très bien et produira de grands vins. Il est trop tôt pour se prononcer sur la qualité des sauternes. Certes, la qualité des sémillons, qui représentent souvent 90 % de l’encépagement, est de bon augure, mais la botrytisation a été un peu tardive cette année.

Les vins rouges sont partis sur un très grand pied, en particulier dans le Médoc. Les pluies des 14 et 15 septembre ont débloqué les maturités qui avaient pris un peu de retard en raison d’un stress hydrique dû à un été trop sec. Partout, les niveaux d’alcool paraissent très élevés avec, contrairement à 2009, de belles acidités, ce qui est un gage de grande longévité. Seul bémol, le stress hydrique a affecté quelques merlots, en particulier sur les sols les plus légers.

Bref, un deuxième millésime du siècle en deux ans, un 4e dans la première décennie des années 2000. C,est bien beaux, mais un jour les consommateurs vont finir par se tanner du marketing bordelais. Entretemps, ils peuvent toujours compter sur la Chine pour acheter la majorité de leur production

Bourgogne – De belles cuvées de garde
Si les cépages rouges souffrent en Champagne alors que le cépage blanc s’en sort bien, la situation est rigoureusement inverse en Bourgogne. Comprenne qui pourra ! «Si nous avons dû trier le chardonnay, le pinot noir est de grande qualité, avec un très bel état sanitaire», souligne Jean-Claude Mitanchey, le patron du château de Meursault qui progresse d’année en année. Les blancs de la Côte de Beaune s’apparentent aux millésimes 1986 ou 2001, où seuls les meilleurs ont tiré leur épingle du jeu. De meilleures qualités, les vins rouges donneront quelques belles cuvées de garde.

La Côte de Nuits, qui avait déjà subi des gelées hivernales, une floraison chahutée et quelques orages de grêle qui ont réduit les rendements de près de 30 %, a de surcroît pris la pluie qui s’est mise à tomber pendant cinq jours à partir du 24 septembre, alors qu’elle s’apprêtait à couper ses raisins. Les plus patients ont attendu le 4 octobre, ce qui en fait les vendanges les plus tardives des trente dernières années. Comme les charges de raisins étaient faibles, les meilleurs produiront, malgré toutes ces vicissitudes, de fort jolis vins. Mais avec beaucoup de travail.

Comme d’habitude en Bourgogne, il va falloir faire des choix éclairés. Munissons-nous d’un bon guide ou d’un ami de confiance…

Loire – La chasse à l’acidité
Dans la Loire, le mois d’août très frais et le pluvieux mois de septembre ont eu les mêmes conséquences qu’en Alsace, en Bourgogne et en Champagne. Les raisins ont eu le plus grand mal à mûrir, et les acidités sont fortes un peu partout. Le moindre traitement raté, et c’était la catastrophe sur le raisin. Philosophe, un producteur murmurait: «Heureusement, finalement, il y a toujours une année suivante.»

ZONÉ VIN! au quai des Cageux

Pour ceux qui se cherchent quelque chose à faire à Québec jeudi le 30 septembre prochain, un événement quime semble particulièrement sympathique se profile au Quai des Cageux, sur la promenade Champlain. Je me permets de retransmettre l’invitation à cette dégustation.

ZONÉ Vin! au quai des Cageux
ZONÉ Vin! au quai des Cageux

Intéressés et actifs pour la mouvance de la sommellerie, des tendances actuelles de production et de consommation du vin et surtout désireux de faire évoluer l’expérience d’une soirée de dégustation, le duo Fluide Sommellerie et Symbiose Vins lance le projet ZONÉ VIN : un happening vin hybride à mis chemin entre un salon de vins et un 5 à 7 revisité.

L’exercice initial de ZONÉ VIN est d’investir un lieu d’architecture et d’y insuffler le mouvement. Dans une ambiance audiovisuelle scénographiée en fonction du lieu nous ferons émerger des espaces rarement interprétés pour la rencontre du vin et son contexte de dégustation.

L’élite des agences du territoire présentera une sélection d’une vingtaine d’étiquettes par événement (4 choix par visiteur). L’aménagement d’un bar tenu par les acteurs d’un organisme sélectionné permettra aux amateurs de se rassasier tout en amassant des fonds pour une cause spécifique, la première étant de remettre tous les profits à l’Association canadienne des sommeliers professionnels.

L’accès aux soirées se fait par l’achat de billets (mis en vente au Cercle, 228, rue St-Joseph est) pré vendus au coût de 15$.

Pour son amorce le groupuscule auquel se joignent les agences Trialto, réZin, Insolite, Vinum Grappa ainsi que l’ASCP ont choisi de « zoner » le Quai de Cageux, situé au pied des ponts à même les nouveaux aménagements de la promenade Champlain. Cet endroit hautement apprécié des citoyens de Québec donne un accès privilégié à l’immensité du fleuve par ses structures en bois de cèdre et ses œuvres de métal. De plus, il permet la commodité d’un stationnement abondant.

Soyez les premiers à vivre ce moment.

Le quai des Cageux : ZONÉ VIN!

Lieu: Quai des Cageux, près des ponts sur la promenade Champlain
Date: Jeudi 30 septembre 2010
Heure: 17h et 21h (en continu)
Prix: 15$ par personne (4 dégustations)
Stationnement gratuit, proche et abondant

Information
Fréderic Gauthier
Symbiose Vins et Cies
fgauthier@symbiosevins.com
418.951.7462