Marc Madness – Le tournoi vinicole

La twittosphère vinicole est présentement le théâtre d’un événement particulièrement sympathique, insipiré du tournoi annuel de basketball universitaire américain. L’idée de base peut sembler farfelue au premier abord, mais répond à une question que tout amateur de vin s’est déjà posé: “Si je n’avais qu’un seul cépage pour le restant de mes jours, lequel serait mon choix?”

Marc Madness - État des forces au début de la 2e ronde
Marc Madness - État des forces au début de la 2e ronde

C’est ainsi que 16 cépages rouges et 16 cépages blancs ont été choisis et à chaque jour, les sommeliers Joel Wilcox et Jonathan Wilson partent à la défense d’un concurrent. Ultimement, le gagnant est décidé au vote populaire sur twitter, en utilisant le mot-clic #marcmad.

La deuxième ronde est présentement en cours, avec Tempranillo qui a chauffé le favori Cabernet Sauvignon il y a quelques jours. La bataille est présentement sans pitié entre Syrah et Nebbiolo. Du côté des cépages blancs, Sémillon a gagné par un vote contre Albarino, mais aura la vie dure contre Riesling dans quelques jours, qui jouit d’un bon support populaire.

Plus on est de fous, plus on s’amuse. Les premiers matchs comptaient une quarantaine de votes, maintenant, la discussion est suivie par près de 75 personnes, avec d’autres qui se joingnent au fur et à mesure des matchs serrés. Parlant de matchs serrés, si vous avez un compte twitter, venez aider Nebbiolo à gagner aujourd’hui!

Vitiano Falesco 2008 – Un assemblage supertoscan en Ombrie

Vitiano Rosso - Un assemblage supertoscan en Ombrie
Vitiano Rosso – Un assemblage supertoscan en Ombrie

Lorsqu’on pense à Supertoscan, on pense évidemment au Sasisscaia, Masseto, Guado al Tasso et autres Tignanello. À la base, des producteurs toscans ajoutent des cépages étrangers à leur Sangiovese, malgré le fait que ça soit contraire aux règles de l’appellation. Le vin, commercialisé sous l’appellation Vino da Tavola, du vin de table.

Depuis 1968, la pratique s’est répandue à la fois en Toscane, mais aussi dans les régions avoisinant la Toscane, comme en Émilie-Romagne et en Ombrie. Toutefois, on peut goûter à ce qui se fait avec des cépages bordelais et du Sangiovese en Italie sans allonger les 50 ou 100$ que commandent les principaux supertoscans.

C’est en Ombrie qu’on retrouve le Vitiano, le vin d’entrée de gamme de la maison Falesco. Composé à parts égales de Cabernet-Sauvignon, de Merlot et de Sangiovese, il affiche un profil moderne, mais quand même résolument italien. Les tannins sont souples à cause du Merlot, l’acidité apportée par le Sangiovese lui permet de bien se comporter à table et il garde la complexité aromatique du Cabernet. On sent un peu la touche apportée par le passage de 3 mois en barriques, sans qu’il prenne toute la place.

Année après année, le Vitiano se voit décerner des notes entre 89 et 91 par la presse spécialisée, ce qui en fait un superbe rapport qualité-prix puisqu’il est tout juste sous la barre des 16$. C’est présentement le 2008 qui est sur les tablettes de la SAQ, mais la qualité est constante avec le Vitiano. Chaque bouteille ouverte entre amis offre beaucoup de plaisir et permet de passer un bon moment à table, avec une bonne bouffe italienne, sans prétention. Après ça, c’est difficile de retourner vers un bordelais d’entrée de gamme lorsqu’on cherche un bon vin pas compliqué!

Québec Exquis – À vos fourchettes!

Québec Exquis, du 22 au 27 mars 2011
Québec Exquis, du 22 au 27 mars 2011
Amateurs de restaurants et de bonne bouffe, à vos fourchettes! La première édition du festival Québec Exquis est à nos portes. Du 22 au 27 mars prochain, une quinzaine de chefs et restaurateurs de la ville de Québec proposeront des menus spéciaux, concotctés en partenariat avec des producteurs de la région.

Les menus le midi sont offerts à 10, 15 ou 20$ et les prix le soir oscillent entre 30 et 50$. Par exemple, on offre au Canard Goulu un suprême de canette braisé à la citronnelle et au citron vert, accompagné de gnocchis au wasabi et crème de basilic citron et d’un mélange de saveurs d’Asie au poireau frit, le tout en collaboration avec les Mircopousses Vertigo, de St-Tite-des-Caps, dans un repas 3 services pour 15$. Ou sinon, un pressé de pleurotes de Charlevoix au foie gras suivi d’un pavé de veau de lait en croûte de pleurotes du chef Jean-Luc Boulay du St-Amour, pour 50$.

D’autres restaurants sont de la partie, et pas les moindres pour cette première édition: Le Château Frontenac, la Fenouillère, le Café du Clocher Penché, Le St-Amour, l’Échaudé et le Panache, pour n’en nommer que quelques uns.

La scène gourmande à Québec prend de plus en plus de place et c’est par des événements comme celui-ci que nos chefs de talent pourront prospérer. On se souhaite que des événements comme Québec Exquis deviennent de plus en plus courants et fréquentés par le public.

Laos: le pays sans McDonald’s

L’itinéraire disait : “Slow boat up the Mekong”, depuis Luang Prabang jusqu’à la frontière avec la Thaïlande. Ce dernier droit au Laos nous permet de voir le lien entre un peuple et son fleuve et de revenir sur cette semaine passée rapidement au pays des millions d’éléphants.

On ne doit pas oublier que les frontières de ce pays communistes sont demeurées fermées à l’extérieur depuis la chute de la monarchie en 1975 jusqu’en 1990. Toujours gouverné par le parti communiste, le Laos doit négocier cette transition vers l’ouverture avec délicatesse, car plusieurs défis guettent le pays.

Les principales sources de revenu au Laos sont l’agriculture et l’exploitation des ressources naturelles du pays, à savoir les forêts et les cours d’eau (en construisant des centrales hydroélectriques). Le rythme de cette exploitation s’est accélérée au cours des dernières années au point où maintenant les forêts vierges couvrent environ 10% du pays, par opposition à environ 75% initialement. Le tout est fait de manière plutôt sauvage, comme on a pu le constater entre Vang Vieng et Luang Prabang. Plusieurs collines ont été coupées à blanc et la repousse ne semble pas proche… La grande majorité de ce bois est exportée au Vietnam et en Chine, deux pays dont les demandes sont sans cesse grandissantes. La déforestation pèse lourd sur l’écosystème et si quelque chose n’est pas fait rapdement, il sera définitivement trop tard…

Déforestation au Laos
Déforestation au Laos

Le tourisme est aussi en pleine expansion au Laos et apporte, comme toujours, avantages et inconvénients… Le pays a beaucoup à offrir: Luang Prabang est un véritable joyau, Vientiane offre une douceur de vie qui lui est propre, certains paysages de montagne et sur le bord du Mékong sont superbes. Chaque touriste amène son lot de revenus et permet de développer des emplois pour la population locale, ce qui peut être bénéfique. Toutefois, les infrastructures nécessaires à la gestion de cet afflux de visiteurs sont en grande partie manquantes.

On le voit surtout par la gestion des déchets qui est particulièrement déficiente; plusieurs détritus sont laissés à eux-même sur le bord des routes. Par exemple, l’eau consommée par les touristes est embouteillée et produit autant de bouteilles de plastique vides, sans aucune possibilité de recyclage et peu de réutilisation possible. Certains établissements offrent le remplssage de bouteilles avec de l’eau traitée, mais il s’agit vraiment d’une minorité qui semble être consciente du gros problème qui guette le Laos, si le tourisme continue à croître…

Il faut aussi s’assurer que les populations locales reçoivent leur part du bénéfice engendré par le tourisme. Pour cet aspect, je pense que le Laos est sur la bonne voie. Les grandes chaînes multinationales de restauration rapide et d’hôtellerie sont absentes du pays, ce qui laisse plus de place aux initiatives locales. Que ce soit par la taille modeste du Laos en termes touristiques ou un effet du gouvernement communiste qui bloque en partie les investissements étrangers, je ne saurais dire mais les Laotiens peuvent prendre avantage de cette situation avant qu’elle ne bascule. Plusieurs organismes sont aussi fiers de leurs liens avec leur milieu, ce qui augmente la conscientisation du touriste de passage.

Le Laos marche sur la fine ligne entre le développement sain et l’exploitation et c’est à nous de faire notre part pour encourager le pays vers la bonne voie. Sur place, en s’assurant que les retombées de notre voyage vont bien où elles le devraient. À l’étranger, en restant à l’aguet des meubles de teck vietnamiens (souvent produits avec du bois laotien) ou en supportant des causes comme Big Brother Mouse, qui agit au niveau local pour promouvoir l’alphabétisation et la lecture dans ce pays qui n’a aucune librairie…

Finalement, la conclusion de ce périple est probablement que le meilleur moyen de se convaincre que le tourisme doit être équitable est de visiter un pays qui amorce ce virage vers l’ouverture sur le monde.

Deux jours à Luang Prabang

Je quitte Luang Prabang avec le goût d’y passer quelques jours de plus et la promesse d’y retourner un jour.

Pas d’ordinateur à notre arrivée en Thaïlande, mais je préfère publier le texte tout de suite et rajouter les photos plus tard, quitte à ce que ça soit à mon retour

Lors de notre arrivée après avoir quitté Vang Vieng environ 7 heures plus tôt (pourtant éloignée de seulement 175 km), nous avions bien hâte de se dégourdir les jambes et d’aller explorer la ville.

Premier arrêt, That Phu Si, la colline au centre de la ville afin de pouvoir observer le coucher de soleil ef le panorama sur le Mékong.

Après le souper, un bref passage au marché nocture Hmong au centre-ville. On peut y trouver de l’artisanat local, des textiles de toutes les qualités et à tous les prix, des T-Shirts pour touristes, etc. L’ambiance est sympathique et les vendeurs ne sont pas insistants et ne tentent pas à tout prix d’attirer notre attention, ce qui fait un gros contraste avec Hanoi (et avec le reste de l’Asie du Sud-Est, d’après ce que j’ai pu lire). Le guide Lonely Planet affirme que les kips dépensés ici s’en vont directement dans les poches des artisans, mais à voir l’homogénéité de certains produits d’un étal à l’autre, j’aurais tendance à mettre quelques bémols sur cette affirmation. Le marché reste quand même un arrêt important de toute visite à Luang Prabang.

Le lendemain matin, lever avant les aurores afin d’aller observer la ceuillette des offrandes des citoyens de la ville aux moines des différents temples bouddhistes de la ville. Au lever du soleil, vers 6 heures, les moines sortent de leur temples en procession et font le tour de la ville afin de recueillir la nourriture préparée par les habitants.

Afin de donner une offrande aux moines, le premier critère est que le geste soit spirituellement significatif pour celui qui fait l’offre. Si ce n’est pas le cas, les moines vont préférer que le touriste observe respectueusement le tout. Aussi, la personne qui fait l’offrande doit s’agenouiller et attendre la procession des moines, qui portent en bandouillère un panier. Si le moine juge que la personne est digne de faire l’offrande, il ouvre son panier et la personne doit y dépkser son offrande, habituellement du riz gluant ou des bananes. Le moine bénit alors la personne ayant fait l’offrande et continue son chemin.

La pratique incite au recueillement et à la méditation mais est parfois incomprise par certains touristes. Certains décident de faire une offrande mais n’observent aucun des codes, ce qui fait que la majorité des moines refusent leur offrande. Certains choisissent de ne pas faire d’offrande mais s’approchent de très près pour prendre des photos, souvent au flash. On imagine l’atmosphère de recueillement et de méditation que ça peut donner…

En explorant la ville par la suite, nous avons traversé des quartiers plus résidentiels alors que les moines finissaient leur tournée et l’atmosphère était beaucoup meilleure car il n’y avait pas de touristes dérangeants… Un des avantages de se lever aux aurores pour assister à cette cérémonie est qu’on peut ensuite explorer la ville et la voir s’éveiller sous nos yeux.

Pour déjeûner, deux croissants dangereusement bons, à la boulangerie Le Banneton, avec un café. Les laotiens prennent leur café avec une couche de lait condensé au fond de la tasse que l’on peut mélanger au goût pour sucrer le breuvage. En le mélangeant au complet, on obtient une boisson sucrée qui met bien en évidence les qualités aromatiques et la faible amertume du café lao.

Ensuite, visite du Musée National dès son ouverture. Lors de l’accession du Parti Communiste au pouvoir en 1975, l’ancien palais royal au centre de Luang Prabang a été coverti en musée et expose principalement des reliques de la période monarchique. La salle du trône, avec sa mosaïque faite de morceaux de verres est particulièrement impressionnante. En étant les premiers visiteurs de la journée, nous avons pu avoir le palais pour nous seul pendant presque une demie-heure, ce qui a rendu la visite d’autant plus agréable.

En soirée, souper chez Tamarind, un restaurant qui vise à rendre la nourriture lao moderne et fairemcomprendre les différentes saveurs de cette cuisine souvent confondue avec la cuisine thaïe. Ici, nous avons choisi un assortiment de 4 sauces dans lesquelles on trempe le riz gluant afin de lui donner un peu de goût. Une sauce aux piments verts (un peu piquante), une sauce au piments chili locaux avec un peu de peau de buffle grillée pour la texture (très piquante…!), une délicieuse sauce tomates et coriande qu’on aurait bien pu manger au Mexique (pas piquante du tout, même un peu sucrée) et une purée d’aubergines grillées (avec un superbe petit goût de fumée). La pièce de résistance était du poisson cuit vapeur dans une feuille de bananier à l’aneth qui fondait dans la bouche. Pour le reste du buffet, des petites bouchées de pousses de bambou, de légumes verts en feuille (genre rapini…) marinés.

En plus de vouloir faire une grande place à la culture locale, Tamarind insiste beaucoup sur le côté responsable de leur entreprise, et ce, par une série de petits gestes: bouteilles d’eau réutilisables, pas de pailles dans les breuvages, ils offrent un service de traiteur et si on ne veut pas de plats réutilisables qu’on doit leur rapporter, on doit payer 5000 kips de plus, etc. De plus, la moitié de menu est consacrée à expliquer la gastronomie lao et à présenter des organismes communautaires qui cherchent à faire une différence au Laos. Bravo pour cette initiative!

Après cette journée bien remplie, retour à l’hôtel bien mérité avant le départ pour deux jours sur le Mékong, d’où j’écris ces lignes. Au Laos, les abords du fleuve sont très montagneux et surprenamment très peu habités. On voit bien quelques maisons de temps en temps, mais la majorité de temps, le paysage est fait de montagnes assez abrupts et patriellement ravagés par l’exploitation (un peu sauvage) de la forêt lao. Je vais d’ailleurs revenir sur cet aspect plus tard. Bref, plein de temps pour écrire et prendre un peu de soleil…!