Une bouteille qui vient de loin – Enzo Boglietti Fossati 2005

27 janvier 2012

Cette semaine, je renoue avec un événement vini-virutel auquel je n’ai pas participé depuis un certain temps: les Vendredis du Vin. À chaque dernier vendredi de chaque mois, des blogueurs partagent des notes de dégustation de vins et des découvertes, sur un thème sélectionné par le blogueur-président du mois. J’ai même agit comme président pour l’édition 21, qui invitait les blogueurs à découvrir un vin d’un pays plutôt méconnu, vous pouvez même vous replonger dans la synthèse, présentée directement sur la carte.

Ce mois-ci, le président du mois, Guillaume Nicolas-Brion du Blog Du Morgon dans les veines nous invite à partir en voyage et redécouvrir un vin qui nous a charmé lors d’un voyage. Encore le thème du voyage et de la découverte, décidément, on ne s’en lasse pas!

Juillet 2009. Notre parcours de vacances nous amène dans le nord de l’Italie, dans le petit village de Sinio, tout juste à l’extérieur de l’appellation de Barolo. Pour deux jours, visites de producteurs, balades dans les vignes et quelques bouffes mémorables. Le soir, hébergement au Pilone Votivo, agriturismo d’Enzo Boglietti, un producteur piémontais que je ne connaissais pas avant notre visite.

Il Pilone Votivo

Il Pilone Votivo

La journée de notre départ, on rend visite au domaine. Les installations sont modernes, la maison dans laquelle nous sommes reçus semble être tirée d’un magazine de décoration italien. Nous avons la chance de goûter plusieurs vins du portfolio, dont ses crus Fossati, Case Nere et Brunate. Coup de coeur pour le Fossati, qui était encore un bébé dans le millésime 2005 alors que le millésime 2001 montrait toutes les qualités d’un beau Barolo en jeunesse. Allez, hop! Un Fossati 2005 fait le saut au Québec, où elle dormait patiemment depuis ce temps.

Enzo Boglietti Fossati 2005

Enzo Boglietti Fossati 2005

Samedi dernier, dans le cadre d’une sympathique dégustation entre amis de Fouduvin.ca, je décide que ce Barolo sera notre offrande. À l’ouverture, le nez est déjà expressif mais la bouche est extrêmement compacte et les tanins sont sévères. Un tour en carafe de près de trois heures a su l’assouplir. Le nez est toujours puissant et complexe: fruits en abondances, tabac, caramel, romarin avec une pointe d’épices. On retrouve une bouche toujours droite et une finale d’une longueur impressionnante. Servi à l’aveugle dans un alignement de haut niveau, le charme opère encore.

Le nez dans le verre, je sens les collines des Langhe, la chaleur du Pilone Votivo et le plaisir d’être en voyage dans une région merveilleuse.


L’albariño, remède contre la grisaille

24 janvier 2012

Dehors, il fait froid. Les journées n’ont pas commencé à allonger de manière notable. Les Fêtes sont passées et on cherche à faire un peu plus attention à soi. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le mois de janvier au Québec, vous pouvez peut-être vous imaginer la scène.

Pour ceux qui sont pris là-dedans pour encore une semaine, le remède idéal est un peu de soleil et de fraîcheur dans le verre. De plus, comme le compte de carte de crédit de Noël vient tout juste de passer, une certaine frugalité est de mise. Solution: Albariño.

L’albariño est un cépage indigène du nord-ouest de l’Espagne, que l’on retrouve principalement dans la région de la Galice et un peu au Portugal sous le nom d’Alvarinho. Il est particulièrement à l’aise au sein de la DO (Denominacion de Origen) Rias Baixas, où les vins y sont habituellement plutôt légers en alcool (11-12%), avec un acidité bien présente.

Buena uva,buen albariño. (Miguel (respenda) @ Flickr)

Buena uva,buen albariño. (Miguel (respenda) @ Flickr)

Bien que la presque la moitié de la production de Rias Baixas soit exportée aux États-Unis, on trouve quelques exemples d’Albarino à la SAQ. Dégusté récemment, le Burgans 2012 de Martin Codax a tout a fait réussi sa mission d’amener un peu d’été dans notre verre. Le Pazo de Senorans est tout à fait recommandable, mais il est un peu plus cher et (de mémoire), un peu plus costaud que le Codax.

Mon préféré est toutefois le Terras Gauda O Rosal, admirable de fraîcheur et débordant de saveur. À 23$ et présentement disponible en bonne quantité un peu partout dans le réseau, c’est un superbe achat, pour en ouvrir dès maintenant et jusqu’à la fin de l’été.

Note: Cet avis est aussi bon au mois de février. Ou même en juillet pour agrémenter un bel apéro sur la terrasse.


La tyrannie du score – Suckling à la SAQ

18 janvier 2012

À l’instar de l’année dernière, la SAQ prépare une promotion qui mettra en valeur des vins recommandés par le critique américain James Suckling.

James Suckling

James Suckling

Parmi les vins en vente, on retrouve des vins dans plusieurs gammes de prix, qui sont parfois déjà en vente en succursales. Par exemple, le Godello Valdesil Valdeorras 2010 s’est mérité la cote de 91 points, Les Argiles de François Chidaine Vouvray 2009 a 93 points et le Palazzo Brunello di Montalcino 2004 mène le bal avec 94 points. La liste complète est disponible sur le forum fouduvin.ca, mais l’inscription (gratuite) est nécessaire pour la consulter. On note que la majorité des vins sont déjà en vente en ce moment. La promotion sera lancée le 2 février et n’est pas associée à un rabais sur ces produits.

Ce qui me dérange le plus dans cet arrivage, outre le recourt à un critique américain alors qu’on n’en manque pas de bons au Québec, est l’utilisation qui est faite des cotes accordées par le critique au vin. Lors de la promotion de l’année dernière, les vins étaient identifiés par une photo du monsieur, avec le score bien en évidence. Il n’y a toutefois pas d’autre information qui permettrait de guider le consommateur.

Par exemple, mon ami Le Cave à Vins sur fouduvin, décrit le Cheverny Le Pressoir (92 points) comme étant « un joli vin, soit dit en passant. Léger et sans façon, mais avec de la personnalité. » C’est à des lieues de ce qui ressort du personnage, qui met souvent l’emphase sur les vins plutôt puissants et forts en gueule. Un amateur qui cherche un vin qui serait typiquement recommandé par Suckling serait plutôt déçu.

Résumer un vin en un seul chiffre est un exercice dangereux. On évacue tout le contexte, toutes les nuances et toute la subjectivité que représente l’appréciation d’un vin pour n’en retenir qu’une infime partie.

La morale de cette opération marketing? Probablement la même morale qu’à l’habitude… Il faut se renseigner sur les vins que l’on achète et chercher à savoir s’ils sont compatibles avec nos goûts et notre palais. Ça tombe bien, c’est une de mes résolutions cette année.


Le Camp du Goût et le Camp de la Bouffe

13 janvier 2012

Le printemps prochain sera occupé, avec deux évènements qui s’annoncent particulièrement intéressants.

Dans un premier temps, le 27 et 28 avril, j’assisterai à la toute première édition du FoodCamp de Québec. Initié par Francis Laplante du blog Tranchedepain, le Foodcamp se veut une journée d’ateliers et de découvertes culinaires.

Pour l’instant, le programme détaillé n’est pas connu, mais on annonce déjà le concept de trios composés d’un producteur d’aliments de base, d’un transformateur (restaurateur, chef, charcutier, etc.) et d’un producteur de boissons, alcoolisées ou non. Avec un peu de créativité, chaque trio devra mettre ses produits et son imagination en valeur plutôt que de bêtement passer au travers de la gamme de produits. J’aime bien cette idée et j’ai hâte de voir comment elle sera mise en pratique!

Les 100 premiers billets pour le Foodcamp sont en vente depuis hier au coût de 35$ en prévente pour passer à 45$ lors de la vente régulière. La journée se déroule au Château Laurier, au coeur du Vieux-Québec. Le lieu est particulièrement bien choisi puisque j’y ai admirablement bien mangé en décembre dernier lors du party de Noël du bureau…!

Une virée en Virginie

La fin de semaine suivante, c’est dans la région de Washington que je vais me trouver, pour la quatrième édition de Tastecamp. Après une édition dans les Finger Lakes et une autre dans le Niagara, c’est le nord de la Virginie qui sera cette fois-ci investi par des blogueurs vinicoles de tous azimuths, afin de découvrir cette région méconnue.

Pour ma part, je n’ai jamais bu de vins provenant de cet état et la SAQ compte présentement deux vins de la Virginie. La découverte sera donc maximale et j’ai aussi bien hâte de revoir des visages connus, provenant des éditions précédentes. Vous en entendrez parler sur ce blog c’est certain!


Mes résolutions vinicoles 2012

3 janvier 2012

Eh oui, déjà une année de plus derrière nous… Parmi les traditions qui reviennent année après année, les résolutions de la nouvelle année sont un must. Les pubs de remise en forme et d’exerciseurs sont de retour sur nos écrans, ce qui devrait nous porter à nous questionner sur comment on veut orienter nos décisions vinicoles pour l’année qui s’en vient!

Photo: Fr Antunes, flickr

Photo: Fr Antunes, flickr

Boire moins, mais mieux

Récemment, on a ouvert un vin qui avait été acheté afin de combler une caisse à la SAQ Dépôt. Nous ne l’avons pas aimé du tout, il s’est avéré être un concentré de 2×4, tout à l’opposé du type de vin que j’apprécie. La leçon que cette bouteille nous donne est qu’il faut mieux choisir ce qu’on met dans notre verre.

La vie est trop courte pour boire du vin que je n’aime pas. En 2012, je veux mieux choisir ce que je décide mettre dans mon verre.

Participer à plus de dégustations

C’est souvent lors de dégustations en groupe qu’on fait les plus belles découvertes, qu’on n’aurait pas pu faire autrement. Avec des comparses inventifs, curieux et passionnés, on peut alors sortir de notre zone de confort et ouvrir des fioles qui seraient autrement restées sur les tablettes de la SAQ.

Que ce soit participer plus avec la gang de Québec de Fouduvin.ca ou partir un petit club de dégustation avec des amis, je veux créer plus de ce genre d’occasions en 2012.

Acheter des vins en plusieurs exemplaires

Dans ma cave, on retrouve plusieurs bouteilles en exemplaire unique. Malheureusement, ceci implique qu’il ne m’est pas possible de suivre l’évolution d’un vin dans le temps. Il est temps que ça change! Après avoir effectué la recherche nécessaire sur le vin et idéalement après l’avoir goûté (voir prochain précédent!), je dois en acheter plus d’une copie afin de ne pas se sentir mal d’en ouvrir une rapidement alors qu’on laisse les autre filer pour quelques années.

Découvrir ce qui se fait tout près

Comme j’ai plu l’expérimenter à TasteCamp en mai dernier, il se fait du très bon vin chez nos voisins ontariens. Toutefois, ils sont trop peu représentés dans ma cave. La SAQ recense 96 vins ontarien dans son portfolio, ce qui est trop peu à mon avis. La découverte ne sera pas facile, mais je me devrai de tirer parti de toutes les opportunités que j’aurai.

Écrire plus et, surtout, mieux

Au cours de 2011, j’ai publié 38 articles sur Chez Julien, sur une base plutôt irrégulière. Toutefois, avec près de 8000 visiteurs au courant de l’année (~20% de plus que l’année dernière!), je suis encouragé à redoubler d’efforts. Cette année, je souhaite devenir un meilleur blogueur à la lumière de ce que Richard Auffrey demande à tous de faire.

De votre côté, vous allez prendre des résolutions pour l’année qui vient? Si oui, je serais bien intéressé à les connaître!