Trois mousseux pour les Fêtes

Les Fêtes approchent à grands pas et l’envie de partager les bulles croît exponentiellement. Afin de vous donner des idées, voici quelques bulles dégustées récemment qui méritent qu’on s’y attarde!

Vignoble de Sainte-Pétronille Brut Nature 2010

En vente au vignoble – 28$

Élaboré tout près de Québec, face à la chute Montmorency, ce mousseux est composé de Vandal-Cliche à 75% et de Vidal à 25%, provenant du millésime 2010. Le vin a été embouteillé en juillet 2011, et la seconde fermentation s’est faite directement en bouteille en suivant la méthode traditionnelle. Ensuite, il y a eu vieillissement sur lies pendant 24 mois et le dégorgement a eu lieu en juillet 2013. À cette étape, aucune liqueur de dosage a été ajoutée, pour préserver le caractère frais et croquant du vin. En 2010, 500 bouteilles ont été produites et la production est de 1000 bouteilles pour les années suivantes.

VSP

Contrairement à ce qu’affirme Marc-André Gagnon dans sa courte note, on a affaire à un vin droit avec une belle tension et une longueur appréciable. Servi à l’aveugle à côté des deux vins suivants à un groupe d’une trentaine de personnes, il a été le préféré d’environ le tiers du groupe! La marche était assez haute et il s’est montré à la hauteur.  Je suis bien content qu’il m’en reste une bouteille en cave.

Roederer Estate Brut Anderson Valley

Code SAQ: 294181 – 29,35$

Provenant de la vallée d’Anderson, au nord de la Californie, ce vin est élaboré par la réputée maison champenoise Roederer. Il s’agit d’un assemblage d’environ 60% de chardonnay et de 40% de pinot noir. Le vin est vieilli au moins 2 ans sur les lies avant le dégorgement. Il reste une toute petite touche de sucre résiduel (1.2%) qui est à peine perceptible dans le vin. Il est tout de même classifié comme Brut.

Dans l’assemblage, on retrouve une petite portion de vins vieillis en barriques de chêne, ce qui ajoute une touche de complexité à l’ensemble et est en ligne avec le style de la maison. La production annuelle est de 80,000 caisses.

À la dégustation, on constate qu’il est un peu plus rond et enjôleur en bouche que le Drappier et le Brut de Sainte-Pétronille. Les bulles sont fines et la longueur est trèes bonne. Je le préfère de loin au Mumm Napa, son concurrent direct dans la même gamme de prix.

Champagne Drappier Brut Nature Pinot Noir

Code SAQ: 11127234 – 46,75$

Depuis 1808, ce domaine familial a su s’établir sur des parcelles particulièrement calcaires, situées pour la plupart autour d’Urville, où le Pinot Noir, majoritaire, trouve sa plus belle expression et permet de produire des vins aromatiques très élégants.

Comme le Roederer, seuls les jus de première pression sont utilisés, mais ici le vin complète la fermentation malolactique. Par la suite, tous les vins sont élevés en cuves inox pour préserver la fraîcheur et sont très peu sulfités. Vieillissement de 2-3 ans puis aucun dosage à l’embouteillage. On retrouve alors un mousseux particulièrement sec, avec moins de 2g de sucre résiduel par bouteille.

On note que le vin est fait entièrement de pinot noir, contrairement aux deux autres. On peut imaginer des petits fruits rouges au nez et personne n’oserait vous contredire. En bouche, le vin est ample et en mène large et termine sur une légère amertume pas dérangeante du tout qui sonne surtout l’envie d’en reprendre une deuxième gorgée!

De Volnay à Pommard

C’est tout ça la beauté de la Bourgogne. Bien que Volnay et Pommard ne soient séparés seulement que d’un peu moins de deux kilomètres, le pinot noir y prend habituellement deux visages passablement différents.

À Volnay, les vins sont habituellement plus féminins (même si je n’aime pas particulièrement le qualificatif), aériens et délicats. Les Pommards, principalement en jeunesse, sont plus difficiles d’accès, tanniques ou même parfois carrément rustiques. On a toutefois mis ces principes généraux à l’épreuve chez Mystère et Bourgogne. Au menu, un vin de chaque village pour se faire une idée puis une série de quatre à l’aveugle, avant de finir en grande avec un vin d’exception, le tout dans le millésime 2010.

Mystère

Toutefois, fidèle à son habitude, Jean-Pierre Lortie n’allait pas la mettre si facile. Les deux premiers vins, le Pommard du Domaine Coste-Caumartin et le Volnay Premier Cru de Bouchard Père et Fils, contredisaient déjà cette thèse. Le premier était bâti autour de l’acidité et une finesse certaine (bien qu’un peu court) alors que le second était définitivement plus charmeur, ample et complet. L’élevage assez important de bois neuf apportait une richesse à l’ensemble sans toutefois déséquilibrer le vin. Pour 57$, il s’agit d’un très bon rapport qualité-prix qui en offrira pas mal dans quelques années.

Suite, le test de l’aveugle a ensuite bluffé bien des gens. Comme toutes les dégustations à l’aveugle, vous direz (et vous n’avez pas tort…)! Au vote à main levée, la salle était souvent divisée à peu près également entre les deux villages et une seule personne a réussi à identifier les quatre vins correctement.

Le Pommard Les Croix Blanches du domaine Parent, plus sérieux et un peu austère a été rapidement oublié lorsqu’on a servi le Volnay Santenots Premier Cru de Buisson-Charles. Un nez de grande classe, où se mêlait fruits croquants et torréfaction, cerise et café. Le bois est présent, riche, mais pas dérangeant. En bouche, fraîcheur, finesse et longueur. Un très beau produit qui vaut amplement les 82$ demandés.

Lineup M&B

Après un Pommard La Pousse d’Or Clos des 60 Ouvrés malheureusement légèrement bouchonné qui laissait quand même entrevoir un beau potentiel, on est passé au rapport qualité-prix de la soirée, à savoir le Pommard Premier Cru Les Poutures du domaine Lejeune. Un nez floral, une petite touche de bonbons aux cerises couplé à un boisé en retrait, tout y est. En bouche, le vin est à la fois puissant et délicat, avec une finale qui s’étire. Bref, pour 63$, il en donne énormément.

Finalement, on termine du côté de Pommard avec une des stars de l’appellation, le Comte Armand Premier Cru Clos des Épeneaux. La grande Classe, avec un C majuscule. Un nez très riche, complexe et légèrement confit de fraises et de cerises. C’est fin et d’une longueur exceptionnelle et ce n’est pas pour rien que le Climat aspire à la promotion vers le rang de Grand Cru (et qu’il commande le prix de 150$… Définitivement pas à la portée de toutes les bourses, mais il s’agit d’une mémorable expérience de dégustation.

À l’aveugle, du moins en 2010, on constate que les idées reçues sur la différence entre Pommard et Volnay sont moins tranchées que ce qu’on aimerait faire croire. On dit les Pommards austères en jeunesse lors que ceux qu’on a dégusté (incluant les plus grands climats) étaient bien accessibles. Le but n’était pas de chercher à établir un gagnant entre les deux appellations, mais a permis de forger notre palais et offrir un bel aperçu de ce millésime 2010 dans ces deux villages séparés de moins de deux kilomètres…!

 

Petits creux et grands crus

Lors d’une soirée à divaguer, on s’est mis à imaginer un bar à vins à Québec. En effet, cette catégorie d’établissements se fait rare dans le paysage gastronomique de la Vieille Capitale. On retrouve bien le Moine Échanson (que j’adore, mais que je considère plutôt comme un restaurant à part entière malgré son côté bar), le Savini et l’Aviatic Club (restaurants qui se définissent comme bars à vins). Ce qui se rapproche le plus de l’idée qu’on s’en faisait est Le Cercle sur St-Joseph.

Petits Creux et Grands Crus

Je crois que Kim Colonna et sa conjointe Marie-Pierre étaient présents en pensée lors de cette soirée puisque le bar à vin qu’ils viennent d’ouvrir sur la rue Cartier répond en tous points à nos aspirations. Situé en plein quartier Montcalm, là où on retrouve un bon mélange de touristes et de locaux, Petit Creux et Grands Crus est un endroit où règne la simplicité, la joie de vivre et le bon vin. Si vous avez fréquenté le Bistro B, vous avez certainement croisé ce grand Corse et apprécié sa sélection vinicole et sa passion pour les bons vins.

Sur l’ardoise vinicole, on retrouve principalement des crus hors des sentiers battus, sans tomber dans le côté parfois doctrinaire des vins natures. Lors de mon passage, j’ai pu goûter à un chardonnay bien atypique du Domaine de l’Ocre Rouge, un valpolicella d’une grande fraîcheur de Corte Sant’Alda et un merlot tout en délicatesse de Marco Sara, vigneron du Frioul.

Au niveau gastronomique, tout vient en planches aux noms évocateurs: la Cochonne, la Poissonière, la Végé, la Laitière et la Douce. Elles présentent toutes des produits de qualité, mais le but est clairement de pouvoir grignoter en accompagnant le vin. La planche de charcuteries est particulièrement digne de mention et s’accorde particulièrement bien avec la majorité des rouges présents sur la carte. On retrouve aussi un plat du jour, pour ceux qui cherchent à manger une assiette chaude un peu plus substantielle.

Cochonne et Corte Sant'Alda
Cochonne et Corte Sant’Alda

Tout ce qui se retrouve sur les ardoises de Petits Creux et Grands Crus et disponible pour emporter: les planches, les desserts et les vins (à condition d’emporter aussi de la nourriture)! Puisque tous les vins sont issus d’importation privée, il s’agit d’une occasion parfaite d’acheter ces produits sans avoir à se commettre à l’achat d’une caisse complète. Rien n’empêche de le faire par la suite auprès de l’agence qui représente ces domaines au Québec…!

Petits Creux et Grands Crus vient combler un trou dans le paysage gastronomique de Québec: celui du bar à vins sympathique où on se retrouve entre amis pour grignoter et prendre un verre en sortant du travail pour le 5 à 7, avant d’aller voir un spectacle au Grand Théâtre ou pour regarder un match dans une ambiance toute autre que celle de la Cage aux Sports. En plus, quand un vigneron est de passage pour prendre un verre, on y fait de belles rencontres en toute simplicité et convivialité.  Il s’agit définitivement d’une adresse à retenir où je retournerai souvent.

L’index du carnet de dégustation

La liste des vins commentés sur le site est désormais accessible dans le menu du site, sous la rubrique Dans le carnet de dégustation. Cette page se mettra à jour automatiquement avec les nouveaux articles, alors n’hésitez pas à y revenir souvent!

 Photo: Pascal MOUISSET - Pascal OLIVIER - 2009
Photo: Pascal MOUISSET – Pascal OLIVIER – 2009

Je constate une grande évolution au sein même de mes notes de dégustation… Disons simplement que je suis un peu moins fier de mon contenu d’il y a 3 ans que celui d’aujourd’hui… Cette nouvelle page vous donnera un accès plus rapide aux archives et vous serez à même de constater les dégâts… Mais bon,il faut bien commencer quelque part! 🙂

(Il reste un petit bug que je n’ai pas encore élucidé et certains vins refusent d’apparaître dans la liste… J’y travaille activement afin d’avoir une liste aussi complète que possible…!)

Fêter en grand (format)

Autour d’une grande tablée, pendant le temps de fêtes, difficile de faire plus festif que d’ouvrir et de partager une bouteille de grand format. Il y a un petit quelque chose de spécial en ouvrant un Jéroboam ou même un Mathusalem (après la discussion sur le nom des différents formats des bouteilles de vin). Voici donc quelques suggestions à garder en tête pour les temps festifs qui s’annoncent.

Format des bouteilles de Champagnie. Source: http://www.champagne-drappier.com
Format des bouteilles de Champagnie. Source: http://www.champagne-drappier.com

Pour faire la fête sans se ruiner, on peut se tourner vers le Perrin Réserve Côtes-du-Rhône 2011. La famille Perrin, propriétaire du célèbre Château de Beaucastel à Châteauneuf-du-Pape mène aussi une activité de négoce dans le Rhône et leurs produits, même les plus modestes, sont toujours très bien faits. On est ici en présence d’un Côtes du Rhône classique, généreux et d’une qualité étonnante pour un vin de ce prix.

En Espagne, le maître, c’est Alvaro Palacios. Magicien du Priorat, il est aussi derrière l’essor du Bierzo, cette partie de la Galice qui produit des vins à base de mencia. Si on veut faire une comparaison, on peut imaginer un croisement entre la fraîcheur et les épices d’un cru du Beaujolais avec la générosité du fruit provenant de la Sicile. Pour s’initier, le Petalos 2010, offert à un peu plus de 40$ est un no-brainer. Buvez-le dès maintenant pour en apprécier sa fraîcheur ou dans quelques années pour apprécier sa complexité.

Pour faire vraiment festif, on regroupe quelques amis et on ouvre un magnum de Champagne. Que ce soit avec le Drappier Carte d’Or Brut ou le Bruno Paillard Brut Première Cuvée, vous partagerez de très belles bulles pour quand même significativement moins cher que le surfait Veuve Clicquot Ponsardin Brut (tout en gardant le prestige et le chic du Champagne). Ce sont tous deux des champagnes d’entrée de gamme, mais ces petites maisons en offrent pas mal plus pour votre argent que les machines à marketing Veuve Cliquot et Mumm…

Dans tous les cas, peu importe le format ou le nombre de bouteilles que l’on ouvre, l’important est de se retrouver entre amis et de partager ces bons moments.