Foodcamp à Québec – Un succès boeuf…

Samedi dernier, la scène foodie à Québec était toute excitée: c’était le tout premier Foodcamp de Québec. Un foodcamp…?

Je pourrais vous décrire l’activité, mais Caroline “Ze Snob” Décoste l’a fait de manière particulièrement éloquente. Son article est ici, mais revenez ensuite!

L’idée, d’abord lancée par Francis Laplante sur son blog Tranchedepain.com, avait suscité pas mal d’intérêt, mais le fait que 300 personnes puissent passer la journée dans la salle de conférence du Château Laurier à Québec était au-delà de toutes les espérances du comité d’organisation.

Tartare d'émeu de François Blais
Tartare d'émeu de François Blais

Avec François Blais (Bistro B), Frédéric Laplante (La Tanière), Sébastien Camus (Château Laurier – Georges V), Danny St-Pierre (Auguste), Phil Viens (DNA) et Christian Lemelin (Toast!), l’affiche était de haut niveau. Le tout s’est déroulé fidèlement à la devise de l’évènement: Partager, Apprendre, Manger.

En vrac, quelques moments forts de la journée…

La présentation de François Blais pour ouvrir le bal était conviviale, agréable et faisait bien le lien avec les producteurs invités. C’est toutefois la discussion sur l’avenir de la bouffe de rue au Québec qui retiendra l’attention. Puisqu’il possède une belle expérience avec l’établissement du Panache Mobile, il a pu partager les différentes embûches qu’ils ont dû affronter. Conclusion, c’est par la pression populaire qu’on parviendra à faire changer les mentalités. Armé d’un carré jaune moutarde, il n’en tient qu’à nous…!

Danny St-Pierre en pleine action
Danny St-Pierre en pleine action

Le poulet est mon ami, avec Danny St-Pierre, a été un moment fort pour plusieurs. Le chef le plus médiatisé de l’affiche, Danny a su charmer le public avec sa présentation sans prétention et son sens de l’humour contagieux. Il a su nous montrer quoi faire avec un poulet entier, sans pertes et en cuisinant des parties parfois méconnues (faire du gras de cuisson avec la peau, j’ai déjà hâte d’y faire cuire des patates!). L’opinion n’est pas vraiment objective, ayant déjà fait un aller-retour à Sherbrooke uniquement pour aller manger chez Auguste…

Produits de Société Orignal
Produits de Société Orignal

J’ai adoré la présentation de Phil Viens du DNA et Christian Lemelin du Toast! Nous avons eu droit à un cours de foie gras 101 de la part de Chef Lemelin, avec une pédagogie et une simplicité désarmante. Par contre, j’en retiens le thème de la présentation, construite autour des produits de Société Orignal. Le sirop d’érable le “Remonte-Pente” aurait pu être bu à la bouteille tellement il était bon…

Au final, une journée fort réussie, qui a donné le goût aux 300 participants de revenir l’année prochaine. Je vais certainement faire la file pour obtenir des laissez-passer pour le Foodcamp Québec 2013!

Suckling, SAQ et flou artistique

Si vous suivez un peu l’actualité vinicole au Québec, vous avez certainement entendu parler de James Suckling. Sinon, ou si vous vivez sous une roche depuis une semaine, voici un petit résumé exécutif.

James Suckling: Photo tirée de divinotuscany.com
James Suckling: Photo tirée de divinotuscany.com
En février 2011, James Suckling, ancien critique du Wine Spectator, est au Québec pour une opération marketing avec la SAQ. Il y déguste des vins et les mieux notés font partie d’une promotion en succursale. La promotion se répète au début de 2012.

Les critiques sont nombreuses lors du lancement de la promotion. Pourquoi ne pas prendre un critique québécois? Devrions-nous résumer un vin à un seul pointage? À plusieurs reprises, les deux parties ont affirmé qu’il n’y avait pas d’entente financière entre elles et qu’il s’agit d’un échange de bons procédés.

I am working on an interesting project with the SAQ — the stater-run wine and spirits distribution company and arguably the biggest wine merchant in the world — where I am blind-tasting many of its specially selected wines, and we share the tasting notes on our websites. There is no financial relationship. It’s sharing information and contacts. Besides, I think Montréal is a really cool place.

Mardi le 17 avril, Karyne Duplessis-Piché lâche une petite bombe sur le site de La Presse: la SAQ aurait versé 24 000$ à Suckling pour “la dégustation et la notation de produits, la production, la création et l’animation de capsules vidéos”, selon des documents obtenus grâce à la loi sur l’accès à l’information.

Évidemment, tollé sur les médias sociaux, indignation et la nouvelle est reprise un peu partout, entre autres chez Dr. Vino, un important blogue américain.

Sur le forum de son site, Suckling y va de sa propre mise au point, brève et touchante:

There was no cover up. The journalist spoke to the SAQ in January and was told the situation.

I never denied anything. I never commented.

More information is forthcoming.

I am considering libel action.

Finalement, le 20 avril, la SAQ émet un communiqué de mise au point, dans lequel elle affirme que Suckling n’a pas été payé du tout lors de la première campagne en janvier 2011, que 119 abonnements à son site web ont été achetés à la demande de conseillers en vin (environ 6000$) et que le critique a été rémunéré 18000$ en février 2012 pour “la production, la création et l’animation de ces capsules en novembre 2011”. Le texte complet de ce communiqué est disponible sur Fouduvin.ca (je ne l’ai pas trouvé ailleurs, Fouduvin est un forum tout à fait indépendant). Les dites capsules vidéo sont disponibles sur le site de la SAQ.

Voici où nous en sommes pour l’instant, mais la situation n’est pas tout à fait éclaircie…

Il semble avoir une différence importante entre ce qui est rapporté par La Presse initialement et le communiqué émis par la SAQ. La Presse affirme que Suckling a été payé pour “la dégustation et la notation de produits”, ce que la SAQ nie. À mon sens, la manière de trancher le débat est de rendre public le contrat qui lie les deux parties, ce que la SAQ refuse de faire.

En soi, ce n’est pas le fait que Suckling ait été payé qui me dérange. C’est plutôt le manque de transparence et le fait qu’on ait affirmé le contraire à plusieurs reprises. De plus, pourquoi avoir eu à passer par la loi d’accès à l’information pour obtenir les documents nécessaires…? On pourrait croire qu’il y a quelque chose à cacher.

La vraie question est aussi posée par Lesley Chesterman, chroniqueuse gastronomique à The Gazette… On a payé 18000$ pour ça? Pour cette somme, on a eu droit à 9 minutes et 21 secondes de vidéo avec le chroniqueur. Vous pouvez calculer le salaire horaire et rêver du métier de prestigieux chroniqueur de vins… Il a aussi dégusté et noté une centaine de vins (31 étaient commercialisés) à chaque année, mais cette partie du contrat était non-rémunérée…

Au final, cette histoire nous renvoie à la confiance qu’on accorde à un critique. En cette ère 2.0, je préfère me fier à des gens que je connais bien et à qui je peux faire confiance aveugle, à la fois au niveau de ma compatibilité avec leurs goûts, même si ce ne sont pas des professionnels.

Le Terroir de Sainte-Foy

Samedi midi, lors d’une visite à la SAQ du complexe Jules-Dallaire où se trouve la succursale Signature de Québec, j’ai pu assister à un petit regroupement de producteurs et d’agences visant à promouvoir les produits du terroir en vente à la SAQ.

Boulevard Laurier, Google StreetView
Boulevard Laurier, Google StreetView

Cette opération charme auprès des consommateurs québécois est nécessaire afin de souligner le transfert des produits du terroir suite à la fermeture de la succursale du Château Frontenac le 16 avril dernier. Selon la société d’état, les ventes n’étaient pas au rendez-vous, le bail était trop cher et le local, situé dans un demi sous-sol, n’était pas vraiment adapté.

Au point de vue strictement commercial, la décision peut se justifier, la succursale bénéficierait probablement d’une mise à jour qui la rendrait plus “performante” selon les critères de la SAQ. Toutefois, le portrait n’est pas nécessairement aussi net qu’annoncé, puisque le représentant de Rézin m’affirmait cette succursale était la meilleure vendeuse au Québec pour le Cryomalus et que contrairement à tous les autres points de vente, les ventes étaient constantes sur toute l’année.

Toutefois, au-delà du strict point de vue économique, je crois qu’il est du devoir de la société d’état d’offrir une vitrine digne de ce nom aux produits d’ici. À Québec, une vitrine digne de ce nom signifie avoir une présence forte dans le principal pôle touristique de la ville, le Vieux-Québec. Le touriste de passage ne se tapera certainement pas 30 minutes d’autobus pour aller dans un no-man’s-land touristique et ce n’est certainement pas la petite SAQ Classique sur la rue St-Jean qui pourra prendre le relais.

Dans l’état actuel des choses, le consommateur qui arrive à Québec en entendant parler du cidre de glace québécois voit son choix particulièrement limité, s’il est même capable d’en trouver…

Un petit événement avec des producteurs à Sainte-Foy, c’est bien sympathique, mais ce n’est pas ça qui va régler à la source le problème causé par la fermeture de la succursale du Château Frontenac. Il est essentiel que la SAQ pense dès maintenant au retour des produits du Terroir car je suis certain que dans peu de temps, elle se rendra compte que la décision de déménager cette bannière loin de leur principal public cible est une aberration.

Québec, en version Exquis 2012

Québec Exquis 2012
Québec Exquis 2012
Du 17 au 29 avril 2012, la scène gastronomique de Québec va s’animer au gré de la deuxième édition du festival Québec Exquis. Ainsi, pendant deux semaines, les restaurateurs participants sont jumelés à un producteur de la région afin d’offrir un menu trois services spécial pour le lunch (avec des menus à 15 et 20$) et pour le souper (entre 30 et 50$).

Ainsi, cette année, on pourra ainsi aller souper à l’Initiale avec, en vedette, les pleurotes des champignons Charlevoix, au 47e Parallèle en collaboration avec Cassis Monna et Filles ou à l’Aviatic avec la cidrerie Verger Bilodeau. Sinon, vous vous laisserez peut-être tenter par les pommes du verger Pedneault au SSS ou par les fromages de Maurice Dufour chez Table.

La liste complète des restaurants participants et des menus est disponible directement sur le site de Québec Exquis.

L’année dernière, j’avais pu profiter que d’un dîner sympathique au Café du Monde avec la Laiterie Charlevoix. Assis au bar avec un verre de godello, je me suis dit que j’essaierais d’en profiter plus lors de la seconde édition de l’événement. Ce temps est venu et j’ai déjà hâte! Il y a des preneurs pour une petite escapade au resto?

Des bulles pour l’arrivée du printemps

Avec le printemps qui commence à se pointer le bout du nez, la tentation de sortir sur le balcon, un verre à la main, pour profiter du soleil sera grande pour plusieurs. Certains iront pour un classique rosé, bien frais, gorgé de petits fruits bien invitants. Pour ceux qui veulent sortir un peu de ce sentier battu (mais tout à fait agréable!), voici deux suggestions de bulles festives et printanières.

Des belles bulles espagnoles
Des belles bulles espagnoles

Tout d’abord, le Cava 1312 de la maison espagnole Mestres est tout indiqué pour célébrer le beau temps. Composé de l’assemblage classique du Cava (Macabeo, Paralleda et Xarel-lo), il est très aromatique à cause de l’élevage de 18 mois sur lies. Bien rafraîchissant, avec une belle ampleur en bouche et des bulles bien fines. Pour une vingtaine de dollars, disponible en importation privée chez Symbiose Vins en caisses de 12 bouteilles.

La seconde suggestion risque de disparaître de votre cave aussi vite qu’il y est entré. Ici, la méthode d’élaboration diffère légèrement: il s’agit d’un vin pétillant naturel (Pet’Nat pour les intimes). On peut résumer en trois étapes simples:

  1. On presse le raisin et on entame la fermentation alcoolique, comme on le ferait normalement pour tout type de vin.
  2. Avant la fin de la fermentation, celle-ci est stoppée en abaissant la température. Lorsqu’on vise une intervention minimale sur le vin, l’hiver peut se charger de ce travail (pas trop!) complexe.
  3. On embouteille alors et lorsque la température remonte, la fermentation se termine et le gaz carbonique qui y est libéré reste alors dans le vin.

Par opposition, dans la méthode champenoise, la fermentation alcoolique est menée jusqu’au bout puis une seconde fermentation est induite en bouteille (par l’ajout de levures) afin que les bulles se forment dans le vin. Évidemment, je simplifie ici dans le cas des deux méthodes…

Oh so Bubbly!
You are Bubbly, Oh so Bubbly!

Le Pet’Nat en question est le You are so Bubbly de chez Nana, Vins et Cie. Tout en nature, en fruit et en joie de boire. Au nez, on serait porté à croire que le vin sera légèrement sucré, avec un nez embaumant la fraise et la framboise. Toutefois en bouche, l’acidité et les bulles donnent une droiture et une vigueur qu’on n’aurait pas soupçonné initialement.

Servi en apéro avec un bagel à l’esturgeon fumé, la bouteille s’est vidée en moins de eux. Il fera certainement les beaux jours d’un apéro lors des premières chaleurs printanières. J’en ai trois an cave spécifiquement pour cette occasion! Au moment d’écrire ces lignes, il reste 27 cartons de 6 chez Insolite Importation, pour un peu plus de 21$ la bouteille. Si j’étais vous, je me lancerais sans aucune retenue…