Le printemps a commencé sur une note pétillante et festive avec l’importation d’un carton de You Are so Bubbly, un vin pétillant naturel fait de cabernet-sauvignon, cabernet franc et carignan par Christian Chaussard, vigneron dans la vallée de la Loire au Domaine le Briseau, tout juste au nord de Vouvray. Il mène aussi une petite société de négoce appelée Nana Vins et Cie.
Oh so Bubbly!
En avril dernier, il nous a donné un bel avant-goût du temps ensolleillé qui s’en venait. Au début de l’été, il a égayé un cinq à sept entre amis. En novembre dernier, il a marqué le coup d’envoi d’un souper festif. Toutes mes bouteilles ont été partagées en bonne compagnie et je suis content que tous ont aussi apprécié que moi. Dommage, il ne m’en reste plus pour l’année prochaine, je devrai en racheter lors du prochain arrivage car il me reste bien des amis qui n’y ont pas goûté…
Toutefois, au début septembre, on apprenait que Christian Chaussard est décédé dans un accident sur le domaine. On lève alors un verre au talent de vigneron de M. Chaussard et je le place dans ce palmarès de mes meilleurs vins de l’année.
Surveillez la liste de chez Insolite Importation pour le retour des produits du domaine le Briseau. Pour une vingtaine de dollars, on serait fou de se passer d’un vin aussi satisfaisant.
J’ai le plaisir de participer à Mystère et Bourgogne, un club de dégustation à Québec qui se réunit quatre fois par année et où on y déguste des très belles fioles bourguignones entrecoupées de d’autres (provenant de la Bourgogne… ou pas!) à l’aveugle. On peut ainsi déguster plusieurs bouteilles qu’on ne pourrait pas se payer autrement… J’y découvre le haut de la gamme des vins de la Bourgogne, pour mon plus grand plaisir!
Lors de la dégustation XXL II cet été, sur le thème des bouteilles à grands format, on a pu déguster (entre autres!) le Vosne-Romanée 1er Cru Clos des Réas du Domaine Michel Gros, dans le millésime 2005 (à l’avant-plan sur la photo). Il s’agit d’un superbe vin, au fruit encore croquant et avec une longueur exceptionnelle. C’est un vin qui impose le respect par sa finesse et son élégance, plutôt que par sa force brute. Il est excellent dès maintenant mais pourra aussi offrir beaucoup de plaisir dans les 5 années à venir.
Il n’en reste qu’une vingtaines dans toute la province, mais si vous êtes à Ste-Adèle, Laval ou si vous pouvez mettre la main sur la dernière bouteille à la SAQ Signature de Montréal (ils livrent gratuitement partout en province), vous aurez une superbe fiole entre les mains.
De tous les vins qui y ont été servis cette année, c’est celui-ci que je retiens, devant des grosses pointures comme le Musigny 2008 du Comte de Vogüé, le Bonnes-Mares 2008 de Bruno Clair ou le Chambolle-Musigny Les Amoureuses 2007 de Jadot, sans vouloir insinuer que ceux-ci n’ont pas été appréciés à leur juste valeur.
Je sais, je commence ce palmarès par un vin de 130$. Consolez-vous, le reste du palmarès est un peu plus modeste…!
L’année se termine sous peu et l’heure est aux bilans. J’ai toujours aimé les listes de fin d’année, autant les lire que les faire. Toutes en subjectivité, elles sont un superbe moyen de se replonger dans l’année qui se termine et de se remémorer quelques bons souvenirs et de débattre du bien fondé de la présence (ou de l’absence!) d’un vin particulier sur la liste…
Après pas mal de réflexion, j’en suis arrivé à une liste des cinq vins qui m’ont fait vibrer cette année. Quelques vins d’exception, quelques vins qui rappellent des souvenirs et quelques vins partagés entre bons amis…
Voici donc des vins dégustés en 2012 qui forment mon top 5 bien personnel. Amusez-vous à monter le vôtre et à comparer avec le mien!
Sans plus attendre et sans ordre particulier, voici mon top 5 bien personnel de 2012.
La Sicile fait rêver, avec ses côtes ensoleillées donnant sur la Méditerranée, ses eaux turquoises, la vallée des temples, les poissons fraîchement pêchés et apprêtés simplement, le marché de Palermo…
D’un point de vue vinicole, le soleil du sud gorge les raisins de sucre et les vins qui en résultent sont à l’image de la région: généreux, colorés et qui en mettent plein la gueule. Aussi, on est loin des petits domaines familiaux de la Bourgogne ou du Piemonte, les grands domaines de la région produisant souvent des millions de caisses par année. Au final, les vins qui y sont produits sont souvent très bons, mais pas nécessairement distinctifs. Pour des bons exmples, allez chercher un Cusumano ou vin de Donnafugata. Vous ne serez pas déçus de ce que vous aurez dans le verre, mais est-ce particulièrement Sicilien?
Certains vignerons sont toutefois en marge de ce style de vin, en cherchant à produire des vins plus en finesse, en fraîcheur et qui représentent plus fidèlement leur terroir. La figure de proue de ce mouvement est Arianna Occhipinti, dont un petit arrivage de son SP68 2011 (Nero d’Avola et Frappato) a causé la frénésie dans les SAQ de la province il y a deux semaines. En un peu plus 3 heures, la majorité des 900 bouteilles disponibles se sont envolées.
J’ai pu goûter au SP68 2010 en avril grâce à Leslie Trites à Tastecamp et j’avais mis la main sur quelques fioles du Frappato 2010 en importation privée chez Oenopole et je peux affirmer que le buzz est amplement mérité et il faudra surveiller le prochain arrivage, prévu au printemps 2013.
Entretemps, pour goûter à cette Sicile de fraîcheur, vous pouvez mettre la main sur une fiole de Frappato de l’Azienda Agricola COS. Ce regroupement de trois amis d’université (Giambattista Cilia, Cirino Strano et Giusto Occhipinti, l’oncle d’Arianna…) font du vin depuis les années 1980, un peu à contre-courant des méthodes habituelles. Pour certains de leurs produits, les fermentations sont faites en amphores, un peu comme on retrouve en Géorgie.
Le Frappato disponible à la SAQ est un exemple de fraîcheur, de modération et d’accessibilité. Le nez est sur les cerises légèrement amères, les fraises et les épices. On reconnaît certains accents du sud, sans que ça ne prenne toute la place. En bouche, une saine acidité garde le tout en équilibre et ça se boit comme du petit jus… On pourrait le comparer à un bon cru du Beaujolais, en version un peu plus sudiste.
Associez-le à un plat de pâtes tout simple et il fera des miracles. Dans mon cas, ce fut des spaghetti avec chorizo, tomates cerises fraîches et épinards tout juste tombés et le mariage avec l’amertume des épinards et la fraîcheur des tomates a été tout à fait réussi.
J’ai croisé la semaine dernière un vin rouge à la couleur particulièrement peu soutenue, on aurait presque dit un rosé. Je vous montrerais bien une photo, mais le vin a disparu en moins de deux… Le vin en question ici est le Poulsard Vieilles Vignes Arbois 2009 du Domaine Rolet.
On le sert légèrement rafraîchi afin de profiter de l’abondance de petits fruits rouges qu’offre le poulsard. La bouche suit le nez, avec en plus une petite pointe épicée. Les tanins sont fins et rien n’accroche (on pas que le vin soit dénué de structure, mais on est bien loin des grosses syrah de ce monde…)
En apéro, il fera un malheur avec des charcuteries, car l’acidité naturellement présente dans ce vin viendra couper dans le gras et le sel des cochonnailles. Au repas, on l’a servi avec le superbe boudin du Pied Bleu et une purée de pomme de terre, poireaux et oignons caramélisés et il s’agissait d’un accord particulièrement réussi.
Il s’agit de la seule cuvée de cet ancien cépage jurassien présentement disponible dans les succursales de notre monopole bien-aimé et elle est somme toutes bien abordable tout juste au-dessus de la barre de 20$. On retrouve presque toute la gamme du Domaine Rolet à la SAQ, du Crémant du Jura au vin Jaune et ceux que j’ai goûté ne m’ont jamais déçu.