Cellier

Un douteux mélange des genres

Question quiz: Combien de pages de publicité voyez-vous dans la photo ci-dessous?

Combien de pages de publicité...?
Combien de pages de publicité…?

La réponse plus bas…

C’est dans le magazine Zeste de l’hiver 2014/2015, que j’ai remarqué la chronique intitulée Le compagnon idéal. Mon oeil a d’abord été attiré par les recommandations de la page de gauche. Come on, un Brouilly de Duboeuf pour accompagner le festin du week-end, peut-on faire plus plate et convenu comme suggestion?

C’est en regardant le nom de la chroniqueuse que le flash s’est fait. C’est signé Caroline Dandurand, sommelière. Je ne la connais pas du tout, mais j’ai accroché sur le nom de famille, bien connu dans le monde du vin au Québec. Selon le site de l’Association Canadienne des Sommeliers Professionnels, elle est directrice des communications chez Vins Philippe Dandurand.

En fouillant un peu, on se rend rapidement à l’évidence que les trois autres vins recommandés font aussi partie du portfolio de l’agence. Château Clarke (quand même bien…), Errazuriz Max Reserva (clairement pas dans ma palette) et Tattinger Réserve Brut (que je n’ai pas goûté) composent le reste des suggestions.

La page de droite, qui est clairement une publicité, vante les mérites des vins de Marchesi de Frescobaldi, qui sont tout à fait honnêtes. Ceux-ci sont aussi représentés au Québec par Vins Philippe Dandurand…

J’ai beau chercher dans le magazine, on ne mentionne nulle part qu’il s’agit d’un annonceur, laissant au lecteur le devoir de faire le lien entre la sommelière qui écrit le texte est les suggestions qu’elle y fait.

La réponse à la question du début: il y a donc bel et bien deux pages de publicité dans la photo initiale.

En tant que lecteur, difficile de se prémunir contre ce genre de stratagème… Par contre, une fois démasqué, on se rend rapidement compte que tout le monde est perdant. Le média et l’agence perdent en crédibilité et le lecteur a l’impression d’être floué…

Faire des recherches, à la fois sur le vin et aussi sur l’auteur pour savoir si ses recommandations sont compatibles avec votre palais, reste de loin le meilleur moyen de faire des achats éclairés. Connaissez-vous vous-mêmes, apprenez à connaître vos sources et vous éviterez de tomber dans ce genre de pièges.

NB: Pour le tome 3 de Fou des Foodies, chez qui je signe les chroniques vin, on a reçu des échantillons de Poderi dal Nespoli et un de ceux-ci était digne de mention. Ils ont été clairement mentionnés comme annonceurs à la fin du magazine. Dans le cadre de ce blog, si un vin mentionné est un échantillon fourni par une agence, il est mentionné clairement dans l’article.  

Une réflexion au sujet de « Un douteux mélange des genres »

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