En juin dernier, le parlement canadien se prononçait sur la modification de la loi sur l’importation de boissons enivrantes. Fait plutôt rare, la Chambre des Communes est unanime sur la nécessité de moderniser le commerce du vin entre les différentes provinces canadiennes.
La loi laisse toutefois le soin au provinces de déterminer les modalités de cette importation sur leur territoire. Certaines ont déjà fait connaître leur position: ça va d’une quantité illimitée en Alberta jusqu’à 2 litres à l’Île du Prince-Édouard. Au Québec, la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) a émis récemment un communiqué rappelant qu’il est toujours illégal de ramener du vin d’une autre province.
La Régie des alcools, des courses et des jeux désire rappeler que, malgré l’adoption du projet de loi fédéral C-311 modifiant la Loi sur l’importation des boissons enivrantes, il demeure interdit au Québec de transporter de l’alcool en provenance d’une autre province canadienne.
La modification apportée à cette loi fédérale vise à permettre à un particulier d’importer du vin d’une province à une autre, si celui-ci l’apporte ou le fait apporter pour sa consommation personnelle, selon les modalités et quantités prévues par les gouvernements provinciaux.
Ainsi, malgré ce changement apporté à la législation fédérale, il revient toujours aux provinces de décider des règles qui s’appliquent sur leur territoire. L’adoption du projet de loi C-311 ne change pas les règles actuelles pour le Québec.
La Loi sur les infractions en matière de boissons alcooliques (LIMBA) prévoit que quiconque garde, possède ou transporte des boissons alcooliques en contravention à une disposition de cette loi commet une infraction et est passible d’amende. À titre d’exemple, à moins de transiger avec la Société des alcools du Québec, une personne qui achète de l’alcool dans une autre province canadienne ne peut la rapporter avec elle ou se la faire livrer au Québec.
Sur Vin Québec, on nous apprend que la RACJ et la SAQ attendent de voir ce que vont faire les autres provinces avant de passer à l’action. Entretemps, les consommateurs doivent passer par le système d’importations privées déjà en place qui impose un certain nombre de contraintes. Par exemple, les produits sont soumis à la majoration du tarif fait par la SAQ et il est obligatoire d’acheter les vins en caisses complètes. De plus, dans l’état actuel des choses, il est impossible de s’inscrire à un club de vin (wine club) comme certains vignobles le proposent.
Afin d’influencer le cours des choses vers une conclusion favorable, il faut mettre de la pression sur les gouvernements provinciaux. À cet effet, je vous suggère d’aller sur le blog de David Pelletier, le Sommelier Fou, qui présente des modèles de lettre à envoyer à nos députés afin de leur expliquer la situation.
La vente d’alcool est une bonne vache à lait pour les gouvernements provinciaux et il est certain qu’ils feront tout en leur pouvoir pour percevoir le plus de taxes possibles sur ces produits. Toutefois, il est décevant que l’esprit de la loi ne soit pas respecté et que la solution qui est evisagée est le statut quo. Il ne devrait pas y avoir de barrières à l’intérieur même du pays et il n’en tient qu’aux consommateurs de se faire entendre et de s’assurer que le gouvernement provincial écoute la voix des consommateurs et de l’industrie vinicole.
À Québec, la scène bouffe est bien vivante et dynamique. On n’a qu’à penser à ces nouveaux restaurants comme L’Affaire est Ketchup ou Chez Boulay qui reçoivent des éloges méritées ou aux classiques comme le Panache, l’Initiale ou le St-Amour qui trouvent le moyen de toujours rester pertinents (et délicieux!). On peut aussi penser à l’émission Bien dans son assiette, diffusée à la Première Chaîne de Radio-Canada depuis les studios de Québec, ou le succès de l’émission de télé Les Chefs, elle aussi produite à Québec.
À travers tout ça, il ne faut pas oublier le succès qu’a connu le premier Foodcamp, qui a réuni 300 foodies en avril dernier pour une journée d’ateliers et de découvertes autour de la bouffe. Cette journée a vu le jour suite à l’initiative de Francis Laplante, qui anime le blog Tranche de Pain.
Un autre projet lancé par Francis et par Catherine Cormier est dans l’air, celui d’un livre de recettes offrant un coup d’oeil sur le paysage gastronomique de Québec. Plusieurs blogueurs de la région mettront leurs talents en commun afin d’offrir Fou des Foodies. J’ai la chance de participer à ce projet, en y ajoutant un petit côté vinicole!
Gardez un oeil ouvert sur le site web de Fou des Foodies pour plus de détails!
Typical conversation, before leaving the office to take part in this year’s Tastecamp.
– So you’re flying to Washington tonight? Do you have any plans for visit around the capital?
– Nope! I’m going there for Tastecamp, a meeting of wine bloggers. We’ll tour the local wineries for the weekend and discover that kind of wine they make there!
– Errrr… People are making wine in Virginia?
Indeed, wine in Virginia. I’ve had the opportunity of discovering the region’s offering along with around forty bloggers from all over the US (with a nice delegation from Québec). The goal of this annual weekend is to meet as many winemakers as possible and taste as much wine as possible during the course of a busy (but oh so fun!) weekend.
One the wine-level, Virginia is a textbook definition of an unknown wine region, but with plenty of potential, at least seen from here in Québec. Unknown, as not many wines make their way north of the border on the shelves of the SAQ (there are only 2 at the time or writing…). Full of potential because the best wines tasted over the weekend were fabulous. But the region lacks some maturity and we felt that many winemakers were still trying to figure out what to do with the cards that were dealt to them.
The main grape varieties planted in Virginia are the red Bordeaux grapes (cabernet sauvignon, merlot, cabernet franc, petit verdot) and, on the white side, viognier. The tell-tale sign that the region is rather young is the numerous experiments that are taking place: malbec, petit manseng, nebbiolo, barbera, syrah… As with every experiment, it’s often hit or miss…
Some great wines
Let’s start by the easy part, the best wines and encounters of the weekend.
The weekend started really strong, with a visit at Boxwood, a winery belonging to the former owners of the Washington Redskins. As you might guess, the winery reflects the ambitions and the means put at the disposition of the winemaker. However, and more importantly, the winery’s lovely setup is not the only reason to visit Boxwood.
Le groupe de Tastecamp, écoutant les explications d’Adam McTaggart, winemaker chez Boxwood
The wines here show a vision and all strive towards a common goal. The two main cuvées of the winery, Boxwood and Topiary, each aim to be classic high-level Bordeaux blend. With a consultant winemaker like Stéphane Derenoncourt and a touch of good will, results and good wine usually flow. For 25$ at the winery (39$ at the SAQ), it is a good buy (ok, more at the winery than at the SAQ. The rosé would bring summer to pretty much any location and the Trelli’s, a blend that changes from year to year is a bit less complex but very good nonetheless.
Kirsty Harmon, from Blenheim Vineyards
In 2010, summer was hot. Scorching hot. It made the grapes pushing their maturity levels to the maximum, pushing the sugars up (and thus the alcohol level) and lowering the acidity of the resulting wine, throwing everything a bit out of balance.
This is exactly the opposite of what we were served by Blenheim Vineyards‘ Kirsty Harmon. Her Carbernet Sauvignon 2010 was showing only 13.5% ABV and sells for a mere 20$. Part of this success can be explained that she “picks for acid rather than sugar content”, which allows to keep balance even in hot years. Her motto is “Always overdeliver” and it clearly shows in her bottles. Currently, Blenheim’s wines are not availble in Québec, but I’ll be on the lookout for the bottles of this smiling winemaker if they ever make it north of the border.
However, the highlight of the weekend was without any doubt the visit at Linden Vineyards on Sunday morning. Jim Law is a pioneer and he is the example that all winemakers in Virginia should look up to. The wines were precise, always in balance (even in hot years like 2010 or in really bad years like 2011) and show what the state can do at its best. From the start of the Handscrabble vineyard walk, it was clear that it was the tour of the weekend. It was so good that it deserve its own article…! The Handscrabble Red 2008 (a Bordeaux blend, mainly made from Cabernet Sauvignon) and the Handscrabble Chardonnay 2009 were particularly stellar and I already look forward to sharing it with people I like. No hesitation: these were clearly the best wines of the weekend.
Tastecampers at Linden Vineyards
Lots of potential, but not quite there
Virginia is looking at Viognier to build its future and making it its signature grape. Those who know me well will remember that I am not a fan of viognier, as I find that the wines are often caricatural and lacking acidity. The virginia version of this grape did not reconcile me that much with the grape, as many of the samples that we had suffered from that lack of acidity.
However, the best ones served over the weekend really good. When it ages, viognier takes a much more interesting flavour profile. It loses its over-the-top floral side and acquires some yeasty notes (not unlike some aged champagne) and much more restraint and balance. Barboursville Vineyards Viognier Reserve 2002 was the best example of this type of wine, along with the Château-Grillet that we got to taste at the BYOB supper (thanks to whoever brought this great bottle!).
Some viogniers that were tasted would have some potential, but were obscured by some winemaking choices. The prime example is this viognier that was Breaux Vineyards Viognier 2010 which was served as an appetizer at the suppoer organized by them. It would have been pretty good except the fact that it was obscured by so much new wood that you could not taste anything else. It is a prime example of what I did not like in many of the wines that we got: the ever-so-present new oak flavours which are sometimes seen as an ingredient in wine rather than an accent brought by how the wine is made. Unfortunately, when a wine spends more than 18 months all in new oak, we can forget most of the fruit’s complexity as it will be hidden behind a thick veil of vanilla and toast.
The last point that I hope will be improved is the rather aggressive use of herbicide under vine rows. In the picture below (click to enlarge), we can see all the damage that was done by Roundup since one of the rows was missed in the background. There are other ways to deal with vegetation competing with vines than flatly killing them like that as we saw at Linden (where they encouraged growth of chicken weed as it kept many other invasive species at bay) or at Tawse during last year’s Tastecamp, where they used clover for the same purpose. Regardless of what is said regarding this practice, I would rather not find that much herbicide in my glass…
Using Roundup. Draw your own conclusions (click to enlarge)
In the end, I was thrilled (as always) to discover the potential of this region which is rather unknown outside of its borders. If all producers could look up to Linden Vineyards and use that as an inspiration to better understand their terroir and how to use intelligently the tools that is put at their disposal, Virginia would be able to fulfill this potential. Until then, the wine lover who wishes to discover Virginia will need to taste and taste and taste in order to find what suits him. If I go back to Virginia, I know exactly where I am heading first.
Conversation typique, avant de partir du bureau pour participer à Tastecamp.
– Tu pars pour Washington ce soir? Que penses-tu aller visiter?
– J’y vais pour Tastecamp. On va passer toute la fin de semaine à explorer le nord de la Virginie et à déguster le vin qui s’y fait!
– Euuuh… Il se fait du vin en Virginie?
Effectivement, il se fait du vin en Virginie et j’ai eu l’occasion de découvrir un portrait de cette région vinicole méconnue en compagnie d’une quarantaine de blogueurs provenant d’un peu partout des États-Unis et du Canada. Le but est de cette fin de semaine est de rassembler plusieurs journalistes et blogueurs dans une région en émergence et de faire rencontrer le plus de vignerons et de déguster le plus de vins possibles au cours d’une fin de semaine. Au final, une fin de semaine chargée, mais particulièrement plaisante!
Au niveau vinicole, la Virginie est la définition parfaite d’une région méconnue, pleine de potentiel mais qui manque de maturité. Méconnue, puisque peu de vins se retrouvent sur les étagères de la SAQ (il y en a seulement 2 au moment d’écrire ces lignes). Pleine de potentiel parce que les meilleurs vins goûtés au courant de la fin de semaine étaient renversants. En manque de maturité parce que j’ai eu l’impression que la région se cherchait et que plusieurs vignerons cherchent encore comment tirer le meilleur de leur terroir.
Les principaux cépages cultivées en Virginie sont les cépages bordelais rouges (cabernet sauvignon, merlot, cabernet franc, petit verdot) et, en blanc, le viognier. Signe que la région est plutôt jeune, les expériences sont nombreuses: malbec, petit manseng, nebbiolo, barbera, syrah… Comme toute expérience, les résultats obtenus sont plutôt hétérogènes.
Des belles réussites
Commençons tout d’abord par les meilleurs vins et les rencontres les plus passionnantes du weekend.
D’entrée de jeu, nous sommes reçus chez Boxwood, propriété d’anciens propriétaires des Redskins de Washington. Les moyens sont évidemment à la mesure des ambitions de la maison. Fort heureusement, l’immobilier n’est pas la seule raison d’aller visiter Boxwood.
Le groupe de Tastecamp, écoutant les explications d'Adam McTaggart, winemaker chez Boxwood
Les vins montrent une vision et une direction commune. Les deux cuvées principales du domaine Boxwood et Topiary, on vise des assemblages bordelais classiques de haut niveau. Avec un consultant comme Stéphane Derenoncourt et un peu de bonne volonté, on obtient des résultats à l’avenant. Pour 25$ au domaine (39$ à la SAQ), il s’agit d’un achat avisé (ok, plus au domaine qu’à la SAQ). Le rosé ferait apparaître l’été dans à peu près n’importe quelle température et le Trelli’s, un assemblage qui varie d’année en année, au gré du millésime. Toutes des belles cuvées.
Kirsty Harmon, de Blenheim VineyardsEn 2010, l’été caniculaire a poussé la maturité des raisins à la limite et a souvent donné des vins à haute teneur en alcool, larges et souvent un peu lourds. C’est tout le contraire de ce qu’on a retrouvé chez Blenheim Vineyards, où Kirsty Harmon nous a servi un Cabernet Sauvignon 2010 à 13.5% d’alcool qui se vend 20$. Sa devise: “Always overdeliver”. Un gros coup de coeur pour ce domaine et cette souriante winemaker.
Le clou du weekend est sans contredit la visite de Linden Vineyards dimanche matin. Jim Law est un pionnier en Virginie et il donne l’exemple que tous les vignerons de la région devraient chercher à suivre. Ses vins sont précis, toujours en équilibre et représentent ce que l’état peut faire de mieux. Dès le début de la promenade dans le vignoble Hardscrabble, il était clair qu’il ne fallait pas manquer cette visite. Linden Vineyards fera définitivement l’objet d’un article indépendant, mais j’ai déjà hâte de partager le Hardscabble Chardonnay 2009 et le Hardscabble Red 2008 (un assemblage bordelais à dominance de cabernet sauvignon) que j’ai ramené. Aucune hésitation possible, c’était le meilleur vin du weekend.
Les campeurs dans les vignes de Linden
Une région avec du potentiel, mais qui se cherche
La Virginie cherche à se faire un nom avec son viognier. Viginia Viognier, avouez que ça sonne plutôt bien. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas un fan de ce cépage, que je trouve souvent caricatural et manquant d’acidité. Le version virginienne ne m’a pas particulièrement nécessairement réconcilié avec ce cépage. Toutefois, Barboursville Vineyards a choisi de servir un Viognier Reserve 2002 qui avait perdu son côté floral over-the-top pour faire place à plus de retenue et un côté levuré qui faisait penser à certains champagnes âgés (pour ceux qui avaient un peu d’expérience avec ce type de vin). J’ai bien aimé mon expérience, mais pas assez pour me lancer corps et âme dans le viognier, sauf peut-être le Château-Grillet que j’ai pu goûter lors du souper “Apportez votre vin”.
Lors du souper chez Breaux Vineyards (qui était par ailleurs excellent, on va se souvenir longtemps des pétoncles servies en apéro), nous avons goûté un viognier symptomatique de ce que je n’ai pas aimé de la région: l’omniprésence du bois neuf. Plusieurs vignerons se sont rendus coupables d’usage de barriques comme un ingrédient entrant dans la composition du vin, plutôt qu’un accent amené par l’élevage du vin… Lorsqu’un vin passe 18 mois en barriques neuves, on peut oublier la majorité de la complexité amenée par le fruit puisque ça sera tout masqué par les notes de vanille et de torréfaction apportées par le chêne. C’est bien dommage car souvent, on pouvait déceler que le vin aurait eu bien du potentiel n’eut été de cette épaisse couche de bois…
Finalement, l’autre aspect que j’ai remarqué est l’usage plutôt agressif d’herbicide sous les vignes. Dans la photo ci-dessous, on voit tout le ravage que peut faire le Roundup en contrastant le rang à l’avant-plan avec celui qui a été oublié juste derrière. Malgré ce que certains vous diront, je préfèrerais ne pas avoir ça dans mon vin…
De l'usage du Roundup. Tirez vos propres conclusions. (Cliquez sur l'image pour plus de détails)
Au final, j’ai aimé découvrir le potentiel de cette région qui est souvent méconnue à l’extérieur de ses frontières. Il faut que tous regardent vers les producteurs comme Linden et s’en inspirent pour mieux comprendre leur terroir et comment utiliser intelligemment les outils qui sont mis à leur disposition pour produire ce qu’une quarantaine de bloggeurs d’un peu partout sont venus tenter de trouver: du bon vin.
Si vous suivez un peu l’actualité vinicole au Québec, vous avez certainement entendu parler de James Suckling. Sinon, ou si vous vivez sous une roche depuis une semaine, voici un petit résumé exécutif.
James Suckling: Photo tirée de divinotuscany.comEn février 2011, James Suckling, ancien critique du Wine Spectator, est au Québec pour une opération marketing avec la SAQ. Il y déguste des vins et les mieux notés font partie d’une promotion en succursale. La promotion se répète au début de 2012.
Les critiques sont nombreuses lors du lancement de la promotion. Pourquoi ne pas prendre un critique québécois? Devrions-nous résumer un vin à un seul pointage? À plusieurs reprises, les deux parties ont affirmé qu’il n’y avait pas d’entente financière entre elles et qu’il s’agit d’un échange de bons procédés.
I am working on an interesting project with the SAQ — the stater-run wine and spirits distribution company and arguably the biggest wine merchant in the world — where I am blind-tasting many of its specially selected wines, and we share the tasting notes on our websites. There is no financial relationship. It’s sharing information and contacts. Besides, I think Montréal is a really cool place.
Mardi le 17 avril, Karyne Duplessis-Piché lâche une petite bombe sur le site de La Presse: la SAQ aurait versé 24 000$ à Suckling pour “la dégustation et la notation de produits, la production, la création et l’animation de capsules vidéos”, selon des documents obtenus grâce à la loi sur l’accès à l’information.
Évidemment, tollé sur les médias sociaux, indignation et la nouvelle est reprise un peu partout, entre autres chez Dr. Vino, un important blogue américain.
There was no cover up. The journalist spoke to the SAQ in January and was told the situation.
I never denied anything. I never commented.
More information is forthcoming.
I am considering libel action.
Finalement, le 20 avril, la SAQ émet un communiqué de mise au point, dans lequel elle affirme que Suckling n’a pas été payé du tout lors de la première campagne en janvier 2011, que 119 abonnements à son site web ont été achetés à la demande de conseillers en vin (environ 6000$) et que le critique a été rémunéré 18000$ en février 2012 pour “la production, la création et l’animation de ces capsules en novembre 2011”. Le texte complet de ce communiqué est disponible sur Fouduvin.ca (je ne l’ai pas trouvé ailleurs, Fouduvin est un forum tout à fait indépendant). Les dites capsules vidéo sont disponibles sur le site de la SAQ.
Voici où nous en sommes pour l’instant, mais la situation n’est pas tout à fait éclaircie…
Il semble avoir une différence importante entre ce qui est rapporté par La Presse initialement et le communiqué émis par la SAQ. La Presse affirme que Suckling a été payé pour “la dégustation et la notation de produits”, ce que la SAQ nie. À mon sens, la manière de trancher le débat est de rendre public le contrat qui lie les deux parties, ce que la SAQ refuse de faire.
En soi, ce n’est pas le fait que Suckling ait été payé qui me dérange. C’est plutôt le manque de transparence et le fait qu’on ait affirmé le contraire à plusieurs reprises. De plus, pourquoi avoir eu à passer par la loi d’accès à l’information pour obtenir les documents nécessaires…? On pourrait croire qu’il y a quelque chose à cacher.
La vraie question est aussi posée par Lesley Chesterman, chroniqueuse gastronomique à The Gazette… On a payé 18000$ pour ça? Pour cette somme, on a eu droit à 9 minutes et 21 secondes de vidéo avec le chroniqueur. Vous pouvez calculer le salaire horaire et rêver du métier de prestigieux chroniqueur de vins… Il a aussi dégusté et noté une centaine de vins (31 étaient commercialisés) à chaque année, mais cette partie du contrat était non-rémunérée…
Au final, cette histoire nous renvoie à la confiance qu’on accorde à un critique. En cette ère 2.0, je préfère me fier à des gens que je connais bien et à qui je peux faire confiance aveugle, à la fois au niveau de ma compatibilité avec leurs goûts, même si ce ne sont pas des professionnels.