Turquie et Georgie 2012

Entre Istanbul et Constantinople

Québec – Montréal – Francfort – Istanbul. Seulement 13 heures de déplacement à cause de la courte escale de 55 minutes à Francfort.

Agent de bord: Vous allez être correct, ils sont bons dans les transferts rapides à Francfort
Nous: Air dubitatif…

Évidemment, ce qui devait arriver arriva. Dix minutes de retard, une course effrennée dans l’aéroport et pas de valises à notre arrivée à Istanbul. Elles nous seront livrées le lendemain à l’hôtel.

Finalement, ce ne fut pas une mauvaise chose puisque nous étions moins chargés pour prendre le tramway. Car à Istanbul, ville qui est passée de 1.5 millions à 12 millions d’habitants dans l’espace de 30 ans, les transports en commun peinent à suffire à la tâche. Même dans le milieu de l’après-midi, le tramway est bondé.

Direction centre-ville, on descend vers le quartier Kücükayasofya (Petite Hagia Sophia), nommé d’après l’église construite par Justinien en 532, avant de se lancer dans la construction de Hagia Sophia. Un beau petit quartier principalemant résidentiel près de la mer de Marmara, bien vivant. Le dimanche soir, des familles sont attablés autour d’un barbecue pendant que les jeunes jouent au foot dans les jardins de la mosquée. Sur la promenade sur le bord de l’eau, des pêcheurs espèrent une bonne prise. Les touristes y sont généralement peu nombreux, ce qui a pour conséquence que les restaurants qu’on y trouve sont familiaux et sans prétention.


On se trouve alors à une courte marche de Sultanahmet, ce musée à ciel ouvert qui contient Hagia Sophia, la Mosquée Bleue, le palais de Topkapı et la citerne de Justinien. Au temps de Constantinople, c’était le centre de la vie de la ville. Maintenant, c’en est le centre touristique.

Il est difficile de passer à côté de Hagia Sophia sans être impressionné. Construite en moins de 6 ans par Justinien, cette grandiose église-devenue-mosquée-devenue-musée ne laisse personne indifférent. Lorsqu’on y pénètre, on se retrouve sous l’immense dôme qui semble si aérien malgré le fait qu’il ait été designé il y a près de 1500 ans. Les mosaïques du IXe et du XIe siècle brillent de tous leurs feux. Heureusement qu’elles ont seulement été recouvertes de plâtre lors de la conversion en mosquée, on peut alors les admirer aujourd’hui. En un résumé simple, il faut avoir vu Hagia Sophia une fois dans sa vie.

En comparaison (inévitable, puisque les deux bâtiments se font face), la mosquée Bleue manque ce petit quelque chise qui rend Hagia Sophia si grande. Les tuiles blanches et bleues sont fort jolies, le dôme est aussi bien haut mais elle ne possède pas cette charge qu’on sent lorsqu’on entre dans sa voisine.

Un peu excentrée mais valant définitivement le détour, l’église Chora (Kariye, en turc) contient un ensemble de mosaïques presque aussi impressionnantes que Hagia Sophia. Datant de 1312, elles aussi ont été miraculeusement conservées. En s’y rendant, on peut aussi admirer les murs de Theodosius qui ont tenu les envahisseurs en respect pendant plus de 1000 ans et qui ceinturent encore la vieille ville aujourd’hui.

Le restaurants attrape-touristes de Sultanahmet nous ont souvent poussé à traverser la Corne d’Or par le pont de Galata pour aller souper. Du côté de Beyoğlu, Karaköy et Nişantaşi, nous avons pris nos meilleurs repas. Que ce soit les croquettes de zucchini (avec le yougourt à l’aneth!) ou mes pâtes aux asperges de chez Lokanta Maya, le décor épuré et les aubergines et le fromage Halloumi de chez Kantin ou les köftes de chez Asmalı Cavıt, on a pu y découvrir la chisine turque dopée au raffinement d’une grande capitale.

Mais Istanbul, ce n’est pas qu’une ville qui met en valeur son passé. Elle est définitvement moderne et prend les moyens pour le montrer au monde. Sur Istiklal Caddesi, la grande artère de Beyoğlu, toujours noire de monde, on croise plusieurs galleries avantgardistes. Sur le bord du Bosphore, Istanbul Modern occupe une ancienne usine convertie en musée d’art moderne. On dit que la scène underground est effervescente et que les bars sur les toits sont particulièrement populaires, mais on ne l’a pas vérifié par nous-même.

Istanbul est à la fois entre est et ouest, entre historique et moderne. C’est ce qui la rend si fascinante et incontournable.

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