Loin de la caricature | Menetou-Salon Morogues 2008 Domaine Pellé

20 novembre 2011

Le sauvignon blanc ne fait pas partie de mes cépages préférés. J’ai souvent été confronté à la version néo-zélandais (ou est-ce sud-africaine…?) et je dois admettre que ce n’est pas ma tasse de thé. On a plutôt l’impression de mettre le nez dans un sac de gazon coup plutôt que dans un verre de vin. Ainsi, j’ai peu exploré les différentes expressions du sauvignon.

Ce soir, en accompagnement d’une tarte tatin d’endives et de feta, on ouvre une bouteille de Menetou-Salon Morogues, du domaine Henry Pellé. Le domaine situé à Morogues fait du vin depuis le début des années 1970, tant dans l’appellation Menetou-Salon que dans la Sancerre voisine. Les 12 hectares de vignes sont pressés sans égrappage, ce qui, selon domaine, permet de presser les baies de manière plus délicate. Ensuite, la fermentation s’effectue avec les levures indigènes et le vin est ensuite élevé 6 mois en cuves d’inox.

Menetou-Salon Morogues 2008 - Henry Pellé

Menetou-Salon Morogues 2008 - Henry Pellé

On y retrouve certainement les traits classiques du sauvignon blanc, à savoir un caractère végétal couplé à des notes de fruits tropicaux. Toutefois, ici on est loin de de la caricature qu’on retrouve parfois dans l’hémisphère sud. Les notes minérales provenant de la marne kimméridgienne (j’aurais difficilement pu inventer ça moi-même, mais ça se glisse bien dans une conversation… la définition est ici) et permettent d’ajouter fraîcheur et complexité à l’ensemble.

On est loin de la caricature et c’est tant mieux.


Un pinot qui nous vient du nord

13 août 2011

Domaine Philippe Gilbert - Menetou-Salon 2008

Domaine Philippe Gilbert - Menetou-Salon 2008

Quand on pense pinot noir, on s’oriente instinctivement vers la Bourgogne. Avec raison, les plus grandes expressions de ce cépage y sont produits. Toutefois, d’autres régions produisent du pinot tout à fait enviable, comme on a pu le constater à TasteCamp dans le Niagara en mai dernier.

C’est avec cet a priori favorable que j’ai débouché hier un Menetou-Salon 2008, du domaine Philippe Gilbert, la Loire faisant partie de ces régions qui sont souvent sous-estimées. On y produit deux cuvées selon les principes de la biodynamie depuis 2006, les Renardières, issues de vieilles vignes, et la cuvée Domaine, qui est disponible au Québec.

Malheureusement, je me serais attendu à plus de la part d’un vin de ce prix (26$). Oui, c’un du pinot d’un climat froid, mais ça reste de manière générale plutôt simple et sans une grande complexité pour l’instant. Un peu de fruit, un peu d’épices, un peu de verdeur, sans plus. D’après moi, il ne s’agit pas d’un très bon rapport qualité-prix. Pour le même prix, je choisirai à tous les coups le Village Reserve du Clos Jordanne


La mort du vin de table

3 février 2010

Depuis le 1er août 2009, le vin de table a disparu en France.

La dénomination de vin de table français, auparavant réservée aux vins issus d’une même région ou d’un assemblage de vins de régions françaises différentes, a été remplacée à cette date par une nouvelle catégorie répondant au nom poétique de VSIG (Vins sans indication géographique). Jusque ici, rien de vraiment nouveau…

Toutefois, la réglementation permet aux producteurs d’indiquer le cépage et le millésime sur leurs VSIG. Ainsi, un producteur peut ainsi produire un Pinot français 2006, un Merlot 2004 ou même un Poulsard 2008. Visiblement, l’objectif est de capitaliser sur la tendance cépage/pays. Ainsi, ces vins viendront compétitionner avec les sauvignons néo-zélandais ou les cabernets californiens.

Just.Luc@FlickrLes États-Unis n’apprécient guère cette modification à la réglementation française puisque cette opération vise clairement à contrer l’invasion des vins du Nouveau Monde en sol français. Ainsi, les autorités américaines n’acceptent pas la mention du millésime sur ces vins puisque dans leur réglementation, la mention du millésime sur des vins dont la provenance est simplement un pays n’est pas possible. La solution est en cours de négociation, dit-on à la Commission Européenne.

D’ici là, plusieurs producteurs resteront plutôt conservateurs, d’autant plus que le marché américain compte parmi les plus grands marchés d’exportation pour les vins français. Selon Franck Crouzet, du groupe Castel, un des plus gros producteurs de vin en France, cité dans Vitisphère:

Nous attendons de voir comment vont se positionner nos clients. A partir du moment où nous proposons déjà des vins de France et des vins de cépage IGP, il n’est pas forcément opportun de lancer des vins de cépage de France qui risquent de cannibaliser les ventes de nos produits déjà établis.

Les premiers vins de cépage français risquent d’arriver au Québec cette année, probablement dans les épiceries. On verra si ces changements redonneront un peu de vie au secteur des vins de table français, qui a perdu 16% de sa valeur au cours de l’année 2008.

Via Vitisphère.


Domaine d’Aupilhac Lou Maset 2007

20 octobre 2009

Le Languedoc-Roussillon est principalement reconnu pour ses vins généreux, expressifs et surtout, peu chers! Toutefois, depuis quelques années, la production se diversifie. On retrouve maintenant des producteurs de toutes les gammes: des producteurs haut-de-gamme comme le Domaine de Montcalmès, des plus petits producteurs intéressants et aussi des producteurs très quelconques.

Domaine d'Aupilhac Lou Maset 2007

Domaine d'Aupilhac Lou Maset 2007

On retrouve quelque part entre les deux premières catégories le domaine d’Aupilhac, au nord-ouest de Montpellier. Sylvain Fadat s’est forgé une réputation en étant un des premiers producteurs à produire un vin composé à 100% de carignan, cépage habituellement utilisé dans un rôle secondaire.

Dans le cade de l’arrivage Cellier d’automne 2009, la SAQ propose deux vins du domaine situés aux antipodes de l’offre du vignoble. Les Cocalières est la cuvée haut-de-gamme, dont les raisins viennent d’un seul vignoble et est vieilli 15 mois en foudres. Pour près de la moitié du prix, le Lou Maset est aussi offert aux consommateurs québécois.

Composé principalement de Grenache et de Cinsault, avec des additions de Carignan, de Syrah et d’Alicante Boucher, la cuvée d’entrée de gamme du Domaine d’Aupilhac se veut, de l’aveu même du producteur, un vin de tous les jours.

C’est d’ailleurs ce qui fait son charme: on ne se prend pas la tête lors de la dégustation de ce vin. C’est généreux, fruité à souhait, gouleyant, avec une finale légèrement épicée. On se laisse séduire très facilement par ce vin car s’il n’est pas très complexe, il est bien fait et rien n’accroche.

Un vin du Languedoc comme on les aime!

★★½☆☆ – Code SAQ: 11096116 – 15,95$

Willm Riesling Réserve Alsace 2007

28 août 2009

Riesling Willm 2007

Riesling Willm 2007

Ce vin blanc d’Alsace est à ranger définitivement dans la colonne des bons rapports qualité-prix. Tout d’abord, en tant que produit régulier, on le retrouve assez régulièrement à la SAQ Dépôt, ce qui donne un rabais de 15% supplémentaire lors de l’achat de 12 bouteilles (mixtes…).

Toutefois, le prix n’est pas la seule qualité de ce vin. Fondée en 1896, la maison Willm commercialise ses vins élaborés à partir des cépages alsaciens classiques: Sylvaner, Pinot Blanc, Riesling, Muscat, Pinot Gris, Gewurztraminer et Pinot Noir. Les vins Réserve, d’entrée de gamme, se veulent principalement une expression du cépage qui les composent.

Sous la robe jaune très pâle de ce riesling se cache un vin très aromatique. D’abord servi un peu trop froid, il a révélé en se réchauffant de très belles notes florales et d’agrumes, sans tomber dans l’excès.

L’attaque est vive et bien franche, l’acidité et le caractère minéral prennent alors l’avant plan. Je les aurais souhaités un peu plus en retrait afin de mieux conserver la continuité avec les notes qu’on retrouve au nez. Celles-ci réapparaîssent dans la finale, alors que le choc provoqué par l’acide est un peu passé.

Il s’agit d’un vin qui se laisse boire tout à fait facilement, particulièrement lors des trop rares belles journées de l’été. Parfait pour accompagner les sushis, nous avons pour notre part servi le Riesling Willm avec un tartare de saumon aux saveurs asiatiques et l’accord mets-vin était bien réussi aussi.

Bref, il s’agit d’un riesling tout ce qu’il y a de plus honnête, qui offre tout ce qu’on peut demander d’un vin à ce prix. De la même maison, le pinot gris est aussi tout à fait respectable et est légèrement supérieur au McWilliam’s Hanwood Estate dégusté récemment.

★★★☆☆ – Code SAQ: 00011452 – 17,50$