Du vin en Chine…

26 avril 2011

Lors de mes deux semaines en Chine, on m’a souvent posé la question suivante: « Et puis, le vin en Chine…? » Dans la majorité des cas, c’était aussi accompagné d’un petit sourire qui en disait long sur la perception des gens sur le vin chinois.

C’est en visitant le pays qu’on prend la mesure de la relation des Chinois avec le vin. Bien qu’on retrouve des vignes en Chine depuis le deuxième siècle avant notre ère, elles furent principalement utilisées comme raisin de table ou pour faire des raisins secs. Encore aujourd’hui, seulement 13% du vignoble chinois, pourtant le quatrième vignoble mondial, est vinifié.

Photo prise lors du Salon international du vin à Hong Kong, le 15 août 2008. (Photo: AFP)

Photo prise lors du Salon international du vin à Hong Kong, le 15 août 2008. (Photo: AFP)

En voulant simplifier un peu, on peut dire que le vin consommé en Chine est rouge et bordelais.

Rouge, parce que le palais asiatique est différent du palais occidental et est plus sensible à l’acidité vive du vin blanc. Ainsi, plusieurs le coupent avec du soda ou du jus de fruit pour en atténuer le goût… De plus, au restaurant, un verre de vin blanc ressemble à s’y méprendre à un verre d’eau, ce qui n’est pas idéal pour quelqu’un qui veut montrer qu’il boit du vin.

Rouge, aussi parce qu’il s’agit d’une couleur qui symbolise le bonheur, la chance et la prospérité en Chine. Or, le symbolisme fait partie intégrante de la culture chinoise et est un facteur important dans le choix du breuvage qui va accompagner le souper.

Bordelais, parce que les Chinois boivent surtout pour le prestige. Le vin est considéré comme un produit de luxe en Chine et plusieurs s’en servent pour afficher leur richesse. Or, le marketing bordelais est très efficace et ils ont su tabler sur la notion de prestige autour de leurs plus grands domaines.

Maintenant, des groupes industriels chinois achètent des domaines dans la région bordelaise, même les très modestes et la Chine forme maintenant le plus grand marché d’exportation des vins bordelais en dehors de l’Union Européenne. La stratégie dans ces investissements est principalement de capitaliser sur l’image de marque de Bordeaux pour vendre le vin à bon prix en Chine.

Avec une croissance de 30% par année lors des trois dernières années et une consommation qui est encore sous la barre d’une bouteille par année par habitant, la Chine est un marché alléchant pour tous les pays producteurs. C’est présentement la France qui détient le haut du pavé des exportations vers la Chine et les autres pays producteurs devront rivaliser de prestige afin de séduire les consommateurs chinois qui veulent goûter au prestige du vin.

Toutefois, en faisant de la recherche pour cet article, j’ai découvert le fait que 90% du vin consommé en Chine était du vin chinois.1 Ce n’est toutefois pas ce que j’ai constaté à Shanghai, ce qui souligne la différence que je présume importante entre la métropole et le reste du pays.

J’ai toutefois dû faire des pieds et des mains pour trouver du vin chinois à Shanghai, outre le Great Wall que l’on retrouve un peu partout dans les dépanneurs et les petites épiceries. Finalement, je suis passé par hasard à côté de la boutique de Grace Vineyard, un vignoble fondé en 1997 dans la province de Shanxi. J’ai bien hâte d’y goûter, le vignoble ayant reçu des bons mots de Jancis Robinson.

Vous voulez goûter aux vins chinois disponibles à la SAQ? Le Chardonnay Dragon’s Hollow sentait le riz (!) et goûtait la barrique alors que le Cabernet-Sauvignon Dynasty goûté récemment au Salon des vins de Québec est correctement décrit comme… aqueux. Bref, si vous voulez prendre la mesure du vin chinois, ouvrez-vous un Bordeaux, ou attendez un peu!

  1. Les chiffres ne précisaient pas toutefois si cette proportion était calculée selon la valeur ou le volume du vin vendu. J’ai lu qu’en terme de valeur, c’était plutôt 60% du vin consommé en Chine qui était produit localement, mais ces chiffres restent à vérifier.

Shanghai le jour

19 février 2011

Depuis mon arrivée à Shanghai, je n’étais sorti en ville que le soir (eh oui, je suis ici pour travailler, tout de même…!). J’ai donc profité de mon samedi pour voir ce que la ville avait à offirir durant la journée. Puisqu’il y a beaucoup de photos aujourd’hui, elles sont toutes regroupées à la fin du post dans une jolie galerie.

Comme ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de visiter une ville qui vient tout juste de recevoir l’exposition universelle, direction tout d’abord la zone de l’Expo. Dans le guide que j’ai malencontreusement laissé à l’hôtel (!!), on mentionne que la majorité des pavillons est temporaire que seulement 5 vont être conservés. J’ai donc pu visiter le pavillon de Chine, qui est encore ouvert au public. Par contre, j’ai appris à mes dépends qu’on ne peut même pas s’approcher du reste des pavillons, la zone de l’Expo est clôturée et ça rend même la circulation un peu difficile parce qu’on ne peut pas aller où on veut…

Pavillon de la Chine - Détail

Pavillon de la Chine - Détail

J’ai été chanceux de ne faire la file qu’une petite demie-heure pour accéder au pavillon de la Chine, qui avait des files de plutôt 4 heures lors de la tenue de l’Expo. À l’intérieur, une exposition conceptuelle qui tourne autour de: « La Chine, voyez où on était il y a 30 ans et imaginez où on va être dans 30 ans »… Bien fait dans le genre! Ce qui a plutôt retenu mon attention est l’architecture à la fois audacieuse et traditionnaliste du pavillon.

Pour ce qui est du reste du site de l’Expo, c’est dommage que tous les autres pavillons soient barricadés d’assez loin, ce qui fait qu’on ne peut pas s’en approcher. J’ai quand même pu voir le pavillon de la Corée du Sud et celui de l’Arabie Saoudite (qui ressemble à une soucoupe volante avec des palmiers sur le dessus…).

Ensuite, marche le long du Huangpu, un peu forcée à cause des clôtures… Mon plan était de retourner au métro pour aller explorer la Concession Française, mais quand j’ai vu que j’allais pas vraiment pouvoir à cause des entraves, j’étais rendu au terminus du traversier qui amène dans la vieille ville et vers la Concession Française. N’ayant pas mon guide, j’y suis plutôt allé à l’instinct, m’égarant dans le dédales de ruelles qui compose Nan Shi. Je peux sans trop l’ombre d’un doute que j’étais souvent le seul non-chinois à une bonne distance à la ronde… :)

J’ai donc pris mon dîner dans un petit stand sur le bord de la rue dans ce quartier. Ça consistait en un genre de pâte à crêpe qui est étendu super fin sur un plateau rotatif, ils mettent ensuite des p’tits oignons verts, de la confiture d’oignon (?), et de la pâte de piment (un peu) et c’est replié autour d’un stuff frit (probablement une galette de riz). C’est bien bon et mon dîner m’a coûté 3 yuans (~0.40$) et ne brisera pas la banque de mon compte de dépenses… Surtout que je n’ai pas de facture justificative…

Ensuite, au gré des ruelles, j’arrive à Xintandi (on se rappelle que j’ai oublié mon guide, et ma carte à l’hôtel…), un shikumen retapé qui abrite maintenant des boutiques et des restaurants tredys. C’est aussi le site de la première Assemblée du Parti Communiste Chinois, que je salue bien bas, d’ailleurs… Le musée est gratuit et permet de se familiariser avec le contexte de l’époque vue décidément du point de vue qui arrange le Parti. On voit aussi un shikumen bien restauré. En plus, c’est gratuit alors, pourquoi se priver?

Pour terminer la journée, je rentre à l’intérieur de la Concession Française et j’emprunte Huaihai Lu pour aller vers mon restaurant pour la soirée. Finalement, le choix s’est porté sur El Willy et je dois dire que je ne le regrette pas du tout. Au menu de ce restaurant de tapas, une assiette foie gras mi-cuit avec pommes et bacon confit et une autre d’agneau cuit 24 heures (!) avec un baluchon d’aubergine rempli de confiture de tomates. Pas très chinois, mais ô combien délicieux. Il s’agit d’une de mes belles expériences gastronomiques, entre autres à cause de l’agneau qui était tout simplement décadent.

Au total, une journée de marche de près de 20km, plus que prévu initialement, mais une belle journée de congé! Au menu demain, visite du Shanghai Museum et aller chercher Geneviève à l’aéroport! J’ai déjà hâte!


Le Festival des Lanternes

17 février 2011

Aujourd’hui, c’est le Festival des Lanternes, l’activité qui ferme les festivités du Nouvel An chinois. À la première pleine lune de la nouvelle année, les Chinois se rassemblent à l’extérieur, illuminent des lanternes et allument des feux d’artifice (j’entends d’ailleurs continuellement des pétards de ma chambre d’hôtel, sans les voir par contre…). La tradition remonte à Qin Shihuang (259-210 BC), le premier empereur à faire l’unification de la Chine et est tenue à la première pleine lune de l’année depuis ce temps. Il est aussi de coutume d’écrire des devinettes sur les lanternes, mais je suis pas mal certain que je ne serai pas capable d’en résoudre aucune!

Afin de démarrer cette journée spéciale, tout le monde mange des yuanxiao, des dumplings fait de farine de riz gluant, fourrés avec une pâte sucrée de graines de sésame, le tout servi dans un bouillon légèrement sucré. La texture est effectivement un peu gluante et pâteuse, probablement en partie parce que ceux que j’ai mangé ont malheureusement reposé un peu trop longtemps. Peu importe, c’est bien de pouvoir prendre part à cette tradition typiquement chinoise.

Yuanxiao, chez Creaform Shanghai

Yuanxiao, chez Creaform Shanghai

Ce soir, les Jardins Yuyuan, au centre de la vieille ville de Shanghai, deviennent le centre d’attraction. Les Shanghaiens en profitent pour sortir en famille et montrer les lanternes aux enfants.

On sort les enfants!

On sort les enfants!

Mais quand les Shanghaiens décident de sortir, même s’ils ne sortent pas tous au même endroit, ça fait pas mal de monde! Les ruelles du Jardin Yuyuan sont souvent très étroites, ce qui laisse peu de place libre… D’ailleurs, les guides de voyages suggèrent habituellement de tenter d’éviter la fin de semaine ou les journées spéciales pour les visiter et même de privilégier tôt le matin pour espérer avoir un peu de tranquilité. Ce n’était visiblement pas le cas aujourd’hui…!

Agoraphobes, s'abstenir.

Agoraphobes, s'abstenir.

Finalement, pour souper, arrêt dans un petit stand à l’intérieur même des Jardins Yuyuan. Je reviendrai sur la gastronomie un peu plus tard…!

Quelques xiaolongbao pour souper

Quelques xiaolongbao pour souper


Pudong, vu du Bund

15 février 2011

Pudong, vu du Bund

Pudong, vu du Bund

Ce soir, première soirée au centre-ville et promenade sur le Bund. Comme je suis rentré un peu plus tard, une petite photo rapide de ma soirée avant d’aller au lit!


Un peu de neige pour la St-Valentin…

14 février 2011

Un peu de neige...

Un peu de neige...


J’ai pu me remettre de mon long vol par une bonne nuit de sommeil, mais le décalage horaire n’est pas encore tout disparu. Première journée de travail au bureau, alors pas vraiment de temps pour visiter. Sinon, mon hôtel est dans la banlieue assez éloignée de Pudong, où il ne se passe pas vraiment grand-chose… Demain, on se rapproche du centre-ville en changeant d’hôtel et je devrais aller faire un tour au centre-ville en soirée…! Quelques photos en revenant, mais en attendant, dodo!

Pudong

Pudong