Je ne suis pas un fan de Bordeaux, mais…

29 juillet 2011

Je l’ai affirmé à quelques reprises, Bordeaux me laisse, de manière générale, plutôt indifférent. Par ça, je fais référence à la fois à Bordeaux en tant qu’à l’industrie (c.f. Opération En Primeur) qu’aux vins qui y est produit. Un bref échange sur Twitter est parvenu à la conclusion que je ne buvais pas le right stuff

Ce que je reproche habituellement aux vins de Bordeaux est leur homogénéité qui ne venait pas me chercher. Peu importe la gamme (du Mouton Cadet jusqu’au Pape Clément 2005), j’ai toujours eu l’impression que j’avais affaire à peu près au même vin. Je n’ai pas eu encore d’expérience avec un Bordeaux qui est venu me chercher aux tripes comme pourrait l’a fait un bon Barolo ou un Beaujolais de haut vol.

Il semblerait que le right stuff, ce soit Les Remparts de Ferrière, dans le millésime 2000. Des tannins tout à fait intégrés, un fruit encore présent, une complexité apportée par le côté torréfié du Cabernet Sauvignon: tout était là et présent en même temps. En plus, le vin a évolué favorablement au cours de la soirée, confirmant qu’il lui reste encore quelques bonnes années devant lui. En prime, il y a 10 ans, le vin se faisait avec un taux d’alcool raisonnable de 12.5%, ce qui permet de garder le tout en équilibre. Le site du Château affirme que le second vin peut vieillir jusqu’à 10 ans, mais je suis persuadé que dans les bonnes années, il peut vieillir bien plus longtemps…

Remparts de Ferrière, 2000

Remparts de Ferrière, 2000

Le Château Ferrière est une des plus petites propriétés du Médoc, qui a été sous la direction de la famille Ferrière entre 1777 et 1914. C’est depuis resté une des plus petites propriétés classées dans le sacro-saint classement de 1855.

Je crois que je devrais commencer à être un peu plus patient avec les Bordeaux. Pour ça, je devrai en racheter, ce qui ne me tente pas nécessairement considérant la folie des prix autour des récentes sorties des millésimes 2009 et 2010. Dilemme difficile en vue…


Vitiano Falesco 2008 – Un assemblage supertoscan en Ombrie

24 mars 2011

Vitiano Rosso - Un assemblage supertoscan en Ombrie

Vitiano Rosso - Un assemblage supertoscan en Ombrie

Lorsqu’on pense à Supertoscan, on pense évidemment au Sasisscaia, Masseto, Guado al Tasso et autres Tignanello. À la base, des producteurs toscans ajoutent des cépages étrangers à leur Sangiovese, malgré le fait que ça soit contraire aux règles de l’appellation. Le vin, commercialisé sous l’appellation Vino da Tavola, du vin de table.

Depuis 1968, la pratique s’est répandue à la fois en Toscane, mais aussi dans les régions avoisinant la Toscane, comme en Émilie-Romagne et en Ombrie. Toutefois, on peut goûter à ce qui se fait avec des cépages bordelais et du Sangiovese en Italie sans allonger les 50 ou 100$ que commandent les principaux supertoscans.

C’est en Ombrie qu’on retrouve le Vitiano, le vin d’entrée de gamme de la maison Falesco. Composé à parts égales de Cabernet-Sauvignon, de Merlot et de Sangiovese, il affiche un profil moderne, mais quand même résolument italien. Les tannins sont souples à cause du Merlot, l’acidité apportée par le Sangiovese lui permet de bien se comporter à table et il garde la complexité aromatique du Cabernet. On sent un peu la touche apportée par le passage de 3 mois en barriques, sans qu’il prenne toute la place.

Année après année, le Vitiano se voit décerner des notes entre 89 et 91 par la presse spécialisée, ce qui en fait un superbe rapport qualité-prix puisqu’il est tout juste sous la barre des 16$. C’est présentement le 2008 qui est sur les tablettes de la SAQ, mais la qualité est constante avec le Vitiano. Chaque bouteille ouverte entre amis offre beaucoup de plaisir et permet de passer un bon moment à table, avec une bonne bouffe italienne, sans prétention. Après ça, c’est difficile de retourner vers un bordelais d’entrée de gamme lorsqu’on cherche un bon vin pas compliqué!


Comte de M 2002 – Vallée de la Bekka – Liban

31 mai 2009

On ne se le cachera pas, j’aime les vins du Liban. En plus d’offrir un grand potentiel à la découverte, ils sont habituellement très expressifs et offrent un très bon rapport qualité-prix. Bien que la majorité des vins libanais se situent dans une fourchette de prix entre 15$ et 25$, le pays produit aussi quelques grands crus.

Comte de M - Vallée de la Bekka

Comte de M - Vallée de la Bekka

Nous avons ainsi décidé de nous gâter en ouvrant le Comte de M 2002 du Château Kefraya. Avec le Château Musar de Hochar, il s’agit d’un des producteurs les plus renommés du pays. Le Comte de M est la cuvée la plus prestigieuse de ce domaine, les autres étant Les Bretèches et le Château Kefraya.

Issu d’un assemblage de Cabernet-Sauvignon et de Syrah, vendangées manuellement sur des parcelles choisies situées à plus de 1100 m d’altitude. Les fruits sont ensuite éraflés et macèrent séparément pendant environ 25 jours dans des cuves en inox. Chaque cépage est ensuite élevé pendant 12 mois en barriques neuves de chêne français avant d’être assemblés. Finalement, le vin vieillit en bouteille au Château pendant 36 à 48 mois, selon les millésimes.

Dans le verre, l’attention portée à ce vin est évidente. Préalablement carafé pendant une heure, on note tout de suite l’expression typique des vins libanais. Le nez est imposant et complexe, avec des notes de fruits noirs (mûres, cassis), de cuir et tabac. En bouche, les tannins sont fins et merveilleusement bien intégrés. Les notes dominantes perçues au nez sont toujours présentes et sont très bien structurées. Tout y est, les tannins, l’acidité, le fruit en quantité raisonnable et une finale qui s’étire encore et encore.

Le vin se mérite amplement les critiques élogieuses qu’il a reçu, du moins dans les millésimes précédents. Le millésime 2000, s’est mérité une note de 5 étoiles bien senties dans le guide de Michel Phaneuf et attire des commentaires élogieux sur Fouduvin à chaque fois que quelqu’un ouvre une bouteille. Il est certain qu’il n’est pas donné à 48$, mais il vaut amplement son prix, car j’ai goûté des vins bien plus chers qui n’offraient pas ce haut degré de satisfaction.

★★★★☆ – Code SAQ: 00722413 – 48,00$

VDV 23 – Un vin ne fait pas le printemps…

24 avril 2009

Los 800 - Un délicieux vin du Priorat

Los 800 - Un délicieux vin du Priorat

Pour cette 23e édition des Vendredis du Vin, le président du mois, Rémy Charest du blog À Chacun sa Bouteille, s’est probablement inspiré des premiers chauds rayons du soleil lors de la présentation de son thème. À en lire sa description, on entend les bourgons pousser, les oiseaux gazouiller (twitter…?), le barbecue crépiter et les vacances approcher.

Par contre, trouver un vin de printemps n’est pas aussi simple qu’il en a l’air. Dans un premier temps, il n’a pas fait assez beau et chaud pour sortir de notre routine hivernale et ainsi déboucher le premier rosé de la saison. Pas de terrasse encore, mais ça ne saurait tarder, avec une température prévue de 24 degrés cette fin de semaine. D’autant plus que le rosé vit des jours sombres ces temps-ci, avec l’autorisation des vins de coupage par l’Union Européenne (mélange de vin blanc et de rouge pour faire un vin rosé… comme dans la mauvaise blague).

Bref, le coeur n’est pas encore tout à fait au printemps. L’anticipation de l’été est par contre clairement installée. Contrairement à plusieurs personnes qui sortent les vins blancs légers, le printemps est la saison à laquelle je commence à me réintéresser aux vins plus charnus et costauds, souvent un peu plus du Nouveau-Monde qu’à mon habitude. La raison en est fort simple, ces vins sont mieux appropriés aux grillades qui jalonnent si joyeusement la période estivale.

Ainsi, j’ai ouvert un Los 800 2004, un beau vin de la région du Priorat, en Espagne. Composé de grenache (50 %), carignan (30 %), cabernet sauvignon (10 %) et syrah (10 %). Après avoir découvert ce vin dans le millésime 2003 lors d’un arrivage Cellier l’année dernière, j’avais hâte de déboucher la version 2004. Celle-ci ne m’a pas déçu. Un nez puissant de cacao, de fruits noirs avec une touche d’épice, un bouche sur le kirsch et les bleuets avec des tannins soyeux et une acidité bien présente font de ce vin un breuvage bien équilibré.

Le Priorat le moins cher disponible à la SAQ est très généreux pour le prix demandé de 20$. D’après mes souvenirs, il se compare au millésime 2003 et se compare avantageusement à un grand nombre de vins présents dans cette catégorie de prix.

★★★½☆ – Code SAQ: 10860910 – 20,15$

Michele Chiarlo Airone 2004 – Monferatto

11 janvier 2009

Michele Chiarlo Airone 2004

Michele Chiarlo Airone 2004

Lorsque vient le temps de choisir un vin, plusieurs critères peuvent influencer notre choix. Parmi eux, la réputation et les expériences précédentes avec les produits de la même maison comptent pour beaucoup. C’est exactement ce qui a guidé mon choix pour ce vin italien, dégusté à deux reprises, et je n’ai pas été déçu…!

J’avais une bouteille bouchonnée à échanger à la succursale de la SAQ près de chez moi et je me suis rabattu sur cette bouteille suite à des belles expériences avec le Moscato d’Asti Nivole et le Barbera d’Asti Superiore Le Orme. Je suis donc revenu à la maison sans vraiment trop à quoi m’attendre, mais avec la vague impression d’avoir fait une bonne affaire.

Cet assemblage de Barbera (50%), Cabernet Sauvignon (30%) et de Syrah (20%) m’a agréablement surpris dès le premier contact. Comme on pourrait s’attendre d’un vin du Piedmont, l’ensemble est assez sérieux et est très loin des bombes extra-confiturées que l’on pourrait retrouver en Australie ou en Argentine, par exemple. Le nez s’ouvre sur des notes boisée, mais sans tomber dans l’excès de la vanille et du goût de 2×4 que j’ai déjà expérimenté. En bouche, on détecte des notes de fruits noirs et de chocolat avec tout de même une belle acidité, ce qui fait que le vin conserve tout son équilibre. Les tannins ont eu quelques années pour s’enrober et s’assagir; il sont juste assez présents.

Depuis, j’en ai acheté deux autres bouteilles, l’une ouverte pendant la période des Fêtes et l’autre qui dort paisiblement dans le garde-robe. Je ne crois pas que le Airone va gagner beaucoup à vieillir plus, il est déjà très agréable. Il s’agit plutôt de trouver une bonne occasion pour ouvrir cette belle bouteille…!

Le millésime présentement affiché sur le site de la SAQ est le 2006. Il reste toutefois quelques 2004 sur les tablettes, souvent affublées d’un rabais additionnel afin d’écouler les stocks, pour notre plus grand plaisir…! Les commentaires lus sur le 2006 font état d’un millésime un peu moins bien réussi que les précédents… À voir!

★★★½☆ Code SAQ: 00854760 – 19,35$