Dolcetto d’Alba Enzo Boglietti 2009

13 mars 2012

Un dolcetto moderne

Un dolcetto moderne

Vous êtes familiers avec le dolcetto, ce cépage piémontais? Sinon, prenez quelques minutes pour lire cet article d’Eric Asimov dans le New York Times en 2007 et celui-ci d’Evan Dawson sur Palate Press au début de l’année.

C’est fait?

Vous aurez donc un meilleur contexte sur ce que j’ai eu dans mon verre récemment. Lorsqu’on fait référence à un vin simple, un vin de pizza ou à un vin qui cherche à procurer le plaisir immédiat, on pourrait tout aussi bien mettre la photo de cette bouteille produite par Enzo Boglietti.

Comme explication du contexte, on pourrait aussi citer les notes de Marc-André Gagnon sur vinquebec.com, à propos des derniers millésimes:

  • 2007: Des arômes et des saveurs de fruits noirs. Ample en bouche. Une belle forme. Une longueur sur le fruit.
  • 2008: Celui-ci est rouge foncé avec des arômes de fruits des champs sur une note végétale. Une belle bouche assez ample. Une saveur fruitée, de la cerise. Acidité rafraîchissante. Tanins légers. Bel après-goût de fruit à noyau.
  • 2009: Très juteux. Une masse de fruits sur une belle acidité, en équilibre. Riche et consistant. De belles saveurs qui rappellent les figues. Très longue finale sur les fruits à noyau. Encore meilleur que le 2008

Le 2009 que j’ai eu m’a semblé tout à fait dans la veine moderne de la viticulture, avec un boisé un peu plus présent que dans les notes trouvées sur Vinquebec.com. Il faut savoir que je suis habituellement plutôt sensible à ce type de notes et que ce n’est pas ce qui m’attire dans un vin.

Heureusement, ce dolcetto possède du fruit à revendre et une acidité assez importante pour garder le tout en équilibre. Servi plus frais, la structure tannique et l’acide prennent un peu plus de place, ce qui est une bonne chose d’après moi.

Toutefois, comme plusieurs vins italiens, la vraie place de ce vin est à table. Il y sera alors très polyvalent, affichant la légèreté nécessaire pour être servi avec des pâtes, l’acidité nécessaire pour faire face à de la sauce tomate et pourra même faire face à des grillades. Je l’imagine bien cet été, où il viendra arroser un repas servi sur la terrasse.

Pour un peu moins de 21$, il en reste dans 56 succursales à travers la province au moment d’écrire ces lignes. Dans le même style, le dolcetto de Sottimano est aussi tout à fait recommendable.


Le petit vin de la coop…

2 août 2011

Sur le blog de la SAQ, on parle récemment des vins produits par des coopératives de producteurs, qui sont souvent dénigrés par les amateurs. Plusieurs coopératives ont une historique de privilégier les rendements plutôt que la qualité dans le choix de ses raisins. Toutefois, cette impression est en train de changer, car certaines coop ont raffiné avec un souci du détail plus important de manière à conserver les caractéristiques du terroir même si les raisins proviennent de plusieurs producteurs différents.

Ma coopérative préférée est sans contredit les Produttori del Barbaresco. Provenant du nord-ouest de l’Italie, le Barbaresco se tient habituellement dans l’ombre de son grand frère Barolo. Les deux régions produisent des vins à base de nebbiolo, selon des techniques similaires, avec une différence au niveau du terroir dans lequel poussent les vignes. Situé près de la rivière Tanaro, le Barbaresco est généralement reconnu pour produire des vins un peu plus approchables en jeunesse que ceux produits 15 km plus au sud…

Produttori del Barbaresco - Langhe Nebbiolo

Produttori del Barbaresco - Langhe Nebbiolo

Les Produttori produisent à chaque année environ 420 000 bouteilles, provenant uniquement de nebbiolo. Ils divisent leur offre en trois gammes: le Langhe Nebbiolo, provenant de jeunes vignes, le Barbaresco DOCG, un assemblage des diverses parcelles et une variété de cuvées parcellaires, produites dans les meilleures années.

Présentement disponible à la SAQ pour la modique somme de 22.15$, le Langhe Nebbiolo est une merveilleuse introduction au style de vin produit dans le Piedmont, sans avoir à dépenser une fortune. Un nez typique de roses et de goudron, des tannins fermes et structurés (mais pas nécessairement agressifs, puisque les vignes sont jeunes) et des notes de cerise et de réglisse en finale. Vous vous en douterez, on doit aimer le vin qui ne goûte pas que les sempiternels petits fruits rouges… Le 2008 est le meilleur vin de 22$ que j’ai goûté, alors que le 2009 vient tout juste de prendre domicile dans la cave.

Le Barbaresco DOCG 2006 a recueilli tous les fruits provenant des vignobles habituellement vinifiés indépendamment et une bouteille ouverte cet été par l’ami Rémy Charest m’a convaincu de laisser dormir encore mes bouteilles pour un peu plus longtemps. Par contre, je ne dis pas que je ne me laisserai pas tenter lorsque j’aurai un viande de qualité à griller sur le BBQ…


Vous aimez le Brouilly de Duboeuf? Essayez ça pour voir!

6 juillet 2011

Brouilly de Georges Duboeuf

Brouilly de Georges Duboeuf

Parmi la liste des vins les plus vendus au Québec, on retrouve, année après année, le Brouilly de Georges Duboeuf. Sa bouteille allongée fait partie des classiques pour célébrer une occasion spéciale avec quelqu’un qui affectionne les vins légers. En 2010, ce Brouilly représentait plus du tiers des ventes de tous les Beaujolais vendus par la SAQ.

Personnellement, je ne suis pas un grand fan de ce vin. Il est certainement bien fait, mais je trouve qu’il est un peu trop générique et qu’il manque de personnalité. Une bouteille ouverte récemment a confirmé mes impressions, même dans le millésime d’exception qu’est 2009 dans le Beaujolais: un nez sur les fraises avec quelques notes d’épices, un peu de minéralité et une longueur correcte, mais le tout reste relativement simple.

Pour les amateurs de Brouilly de Duboeuf curieux, voici d’autres Beaujolais qui méritent les 20$ qui auraient été dépensé sur l’emblématique quille.

Fleurie Poncié 2009, Domaine du Vissoux

Fleurie Poncié 2009, Domaine du Vissoux

Il faut tout d’abord goûter ce qui sort de chez Pierre-Marie Chermette, du Domaine de Vissoux. Sous la barre des 20$, le Beaujolais Les Griottes est tout à fait recommendable. Le profil est clairement Beaujolais, mais son caractère est bien plus affirmé que le Duboeuf. J’ai découvert ce producteur grâce à la formidable entrevue d’Eric Asimov dans la revue Cellier, que je vous invite à lire pour découvrir le personnage s’il vous est encore inconnu. On retrouve deux cuvées de Fleurie, dont il est question vers la fin de l’entrevue, en vente à la SAQ. Le Poncié mérite de dépasser la barre des 20$ tout légèrement et de passer son tour lors d’un escapade au Tim Hortons. Au moment d’écrire ces lignes, il en reste quelques unes dans le réseau, c’est un vin qu’il ne faut pas laisser passer.

Si vous magasinez à la SAQ Dépôt, vous avez probablement croisé sur votre chemin le Brouilly Sous les Balloquets de Louis Jadot. Un nez bien expressif de petits fruits rouges, des tanins souples et aimables, à boire à grandes lampées assez frais, sur la terrasse avec des charcuteries. Avec le rabais offert par la SAQ Dépôt, il revient à 17$, amplement suffisant pour aller au Tim Hortons le lendemain…

Finalement, le Beaujolais l’Ancien de Jean-Paul Brun, un des piliers de la renaissance du Beaujolais mérite notre attention. Faites de vieilles vignes, les parcelles servant à l’élaboration de l’Ancien sont situées un peu partout sur le territoire du Beaujolais, d’où l’appellation générique. L’attention portée au résultat final, avec une agriculture dans le respect de la nature et un traitement minimaliste dans le chai (peu de soufre ajouté), donne ici un vin de soif, qu’il sera agréable de boire légèrement rafraîchi, sur une terrasse avec des charcuteries et des bons amis.

Au final, ce qu’il faut retenir de cet article est qu’il ne faut pas hésiter à être curieux et sortir des sentiers battus. Je suis certain qu’on pourrait écrire un article similaire pour le Ménage à Trois, la coqueluche des Québécois en 2011.


L’ami Marcel

18 janvier 2011

Marcel Lapierre

Marcel Lapierre

Lorsqu’on tape « Marcel Lapierre » dans Google, le résultat pourrait déprimer le plus optimiste. Outre le site officiel du vignoble, les 5 autres liens sont principalement composés d’articles écrits suite au décès du vigneron en octobre dernier. Google Images est pas mal mieux, avec des imges de bon vivant, de vin et de belles vignes.

C’est toutefois dans la bouteille qu’on a l’impression de rencontrer Marcel Lapierre pour vrai. N’ayant malheuresement pas eu la chance de rencontrer ce vigneron, je ne peux que me fier sur les commentaires lus sur internet. On semble toutefois y trouver toute la joie de vive propre au personnage. C’est ce qui ressort de l’expérience de ce vin: généreux, honnête et fier de son terroir. Dans la bouteille, on a affaire à un grand vin de soif, qu’on essaie de ne pas boire trop vite car on sait qu’il va continuer à se découvrir avec le temps.

Pour ceux qui ne connaissent pas Marcel Lapierre, il s’agit d’une figure de proue du mouvement du vin nature, composé de jus de raisin sans plus (sans addition de soufre, traitement biologique dans le champ, levures indigènes lors des vinifications, etc.). Pour connaître le personnage, difficile de faire mieux que l’article d’Eric Asimov dans le New York Times ou cette sympathique interview avec Mathieu Lapierre, qui dirige maintenant le domaine, faite par réZin, l’agence qui importe ce vin au Québec.

Le premier arrivage du Morgon 2009 à la SAQ, quelques jours après la disparition de M. Lapierre dans le cadre d’une opération Cellier, s’est écoulé en moins d’une journée. Ceux qui n’ont pas eu la chance de mettre la main sur ce vin d’exception auront une deuxième chance la semaine prochaine alors que 250 caisses seront mises en vente à la grandeur de la province. Gageons que ces bouteilles disparaîtront aussi très rapidement, mais peu importe le prix, il s’agit d’une chance unique de goûter à un top Beaujolais…. Vous pouvez m’en laisser d’autres bouteilles?


Mes coups de coeur de 2009

8 janvier 2010

Photo: ryanovineyards@flickr.comPendant la pause entre Noël et le Jour de l’An, on peut prendre un peu de temps pour réfléchir sur ce qui s’est passé dans la dernière année, entre autres sur les vins dégustés et les belles expériences vinicoles vécues au cours de la dernière année. Dans un élan de nostalgie, voici en vrac le meilleur de l’année 2009, en espérant que 2010 soit aussi généreuse!

Cet été, j’ai eu la chance de faire un voyage de 3 semaines à Barcelone et au Piedmont. Toutefois, si je n’avais à retenir qu’un moment, il s’agirait définitivement de la visite chez Sottimano. Nous avons été très bien reçus, les vins dégustés étaient de très haut niveau et nous avons eu la chance de discuter avec un véritable passionné. Cette rencontre incite fortement vers une meilleure exploration des vins du Piedmont au cours de 2010…!

En mars dernier eu lieu le tout premier Salon des Vins de Québec, avec comme conférencière vedette Sandrine Garbay, maitre de chai au Château d’Yquem. Cette rencontre en soi était déjà tout à fait intéressante, mais le bonus fut la dégustation du Yquem 2003, compliments du Château. Ma première rencontre avec ce vin mythique fut ne fut donc pas dans les meilleures circonstances au strict point de vue de la dégustation, mais ce qu’on a eu dans notre verre s’est chargé à lui seul de rendre ce moment magique.

Aussi dans le cadre du Salon des Vins, j’ai eu la chance d’obtenir une invitation au souper vigneron à l’Aviatic Club en compagnie de Mission Hill, gracieuseté de Rémy Charest (d’À Chacun sa bouteille, de Winecase.ca, Foodcase.ca et Twitter…!). Bien que je n’aie pas été impressionné outre mesure par les vins de Mission Hill, cette soirée est mémorable par les belles rencontres que j’y ai fait et par la qualité du souper qui nous a été présenté. De plus, ça faisait près d’un an que j’échangeais avec Rémy sans se croiser, malgré le fait qu’on habite dans la même ville.

Je m’en voudrais aussi de passer sous silence les dégustations auxquelles j’ai pris part à la SAQ Jean-Lesage, à Québec. Bien que j’aie participé à moins de ces événements qu’en 2008, la dégustation de Barolos 2004 et, surtout, celle des Pinots de l’Oregon furent mémorables. Merci à Jean-Pierre Lortie pour ces belles initiatives et, bien que ce chapitre soit terminé, j’ai bien hâte de voir la suite de ses projets…!

J’ai commencé à écrire ce billet en voulant revenir sur les vins qui m’ont marqué au cours de la dernière année. Finalement, je vois bien que ce qui prime sur les vins qu’on déguste ce sont souvent les rencontres que ceux-ci amènent. En 2010, je souhaite faire d’aussi belles rencontres. Faisons-en donc la résolution pour l’année!