Un espagnol indigène avec des racines françaises

9 décembre 2009

Lorsqu’on évoque des familles viticoles françaises, les Lurton sont souvent parmi les premiers énumérés. Propriétaires de châteaux bordelais depuis le début du 20e siècle, le famille oeuvre maintenant dans 27 domaines différents, pour un total de 1300 hectares de vignes.

Hermanos Lurton Verdejo

Hermanos Lurton Verdejo

Bien que le vignoble familial soit principalement concentré à Bordeaux, Jacques et François Lurton ont décidé de prendre le large. D’abord comme consultants, puis comme viticulteurs dans le Languedoc dans les années 1980. Au début des années 1990, ils fondent d’autres domaines, en Argentine, au Chili, en Espagne et au Portugal. En Espagne, ils décident de s’installer dans le Rueda, au nord-ouest du pays, avec l’intention de faire du sauvignon blanc. Ils optent finalement pour un cépage local, le verdejo.

Le choix s’avère judicieux. Le vin respire les fruits blancs (pêche, poire) avec certaines notes florales. En bouche, l’attaque est franche, sans que l’acidité soit dominante, et se termine sur une petite touche de miel et une finale un peu sucrée. À choisir une pastille de goût de la SAQ, j’opterais pour Aromatique et Souple, même si celle-ci n’est utilisée que pour les vins rouges. Aromatique, parce que le nez est ce qu’on remarque tout d’abord dans ce vin et souple parce qu’il peut s’accorder assez bien avec toutes sortes d’accompagnements, par exemple le pad thaï de cette soirée-là.

Offert pour 15,65$, il s’agit définitivement d’une bonne affaire et est certainement sur la liste d’achat des produits de tous les jours.

★★½☆☆ – Code SAQ: 727198 – 15,65$


Era Inzolia 2008

29 novembre 2009

Era Inzolia 2008

Era Inzolia 2008

Avec plus de 350 cépages indigènes, l’Italie regorge d’opportunités pour la découverte. De plus, puisque plusieurs de ces cépages sont cultivés dans le cadre d’appellations moins connues et prestigieuses, les prix sont souvent bien honnêtes. C’est le cas du Era 2008, fait d’Inzolia et offert à la SAQ au prix de 15,45$.

On pense que ce cépage est originaire de l’oeust de la Sicile et c’est dans cette région qu’il est toujours principalement cultivé. On le retrouve aussi en Toscane sous le nom d’Ansonica où une version passerillée est faite à l’île d’Elbe. Il entre aussi dans la production du marsala doré ou ambré.

Le projet ERA est une initiative de la maison piémontaise Cantina Volpi se concentrant sur la viticulture bio, avec les certifications de tous les organismes possibles: I.C.E.A., ISO 9001/2000, BRC et IFS. Les vignobles, répartis un peu partout en Italie (Sicile, Abruzzes, Pouilles, Les Marches, Vénétie), produisent des vins qui sont tous embouteillés à la maison-mère dans le Piedmont. Bien que ça soit moins pire que le Masi Tupungato Paso Doble (vinifié en Argentine, embouteillé en Italie), on est un peu ici en contradiction avec la mission biologique que veut se donner le projet.

Nonobstant ce petit accroc à la mission du projet, ce qu’on retrouve dans la bouteille est de très bonne qualité. La SAQ qualifie ce vin avec la pastille Fruité et Vif et dans ce cas-ci, la description est tout à fait appropriée. Le nez est expressif, avec des notes d’agrumes et de pommes vertes. La bouche est cohérente et est bien équilibrée par l’acidité qui nous accueille en début de bouche. Somme toutes, il ne s’agit pas d’un vin bien complexe, mais rien n’accroche et on en redemande, surtout à ce prix!.

★★☆☆☆ – Code SAQ: 11015638 – 15,45$


Vernaccia di San Gimignano – Poderi del Paradiso 2008

29 septembre 2009

Le Vernaccia di San Gimignano est un vin assez méconnu au Québec (la SAQ n’en commercialise qu’un seul), mais il est tout autrement en Italie, particulièrement en Toscane. Il s’agit de la permière appellation visée par les DOC en Italie, lors de leur établissement en 1966.

Après en avoir bu plusieurs cet été, j’ai décidé de faire connaître ce vin aux collègues chez Creaform en important une caisse du Vernaccia Poderi del Paradiso 2008, disponible en importation privée chez Le Maître de Chai. Surtout que l’été tirait à sa fin, ce vin conviendrait parfaitement aux dernières occasions de prendre l’apéro sur la terrasse.

L’Azienda, fondée en 1970, a grandi récemment jusqu’à une production actuelle de 150 000 bouteilles, provenant de près de 30 hectares de vignes. Le Vernaccia ici dégusté s’est vu attribué une note de 1 bichierre (1 verre sur 3) dans l’édition 2009 de Gambero Rosso.

Poderi del Paradiso

Poderi del Paradiso

Au premier abord, ce qui frappe dans le Vernaccia (de manière générale, et dans celui-ci en particulier) est sa vive acidité. On y dénote des notes de pommes, mais il paraît plutôt simple à prime abord. Toutefois, avec un peu de temps, le vin se réchauffe et devient plus intéressant. On y découvre tour à tour des notes d’agrumes, un peu plus de pommes vertes, des fleurs puis finalement une touche de miel.

Fort probablement servi trop froid, le Vernaccia a gagné en complexité en se réchauffant et son acidité un peu trop vive s’est calmé à un niveau raisonnable. Note: j’aime bien avoir une bonne acidité dans mes vins blancs, mais il ne faut pas que ça masque le reste par contre…!

Vernaccia di San Gimignano - Poderi del Paradiso 2008

Vernaccia di San Gimignano - Poderi del Paradiso 2008

Il y a donc une raison pourquoi ce vin est souvent servi à l’apéro en Italie: il est tout à fait rafraîchissant lors de chaudes soirées d’été. Par contre, au Québec au début de l’automne, il convient mieux de le servir un peu plus chaud afin de pouvoir mieux l’apprécier.

Pour près de 22$ (en incluant les frais d’agence, le prix affiché sur le web est avant ces frais), je ne pense pas qu’il s’agisse d’un bon rapport qualité-prix. Par contre, il semblerait que c’est ce qui est nécessaire afin de déguster ce Vernaccia peu usité au Québec.

★½☆☆☆IP via Le Maître de Chai – 22,00$


Liens en vrac – Des grands et des petits

1 août 2009

Dans cette nouvelle mouture des liens en vrac, deux nouvelles qui ont retenu mon attention ces dernières semaines, l’une sur le vin à grand déploiement et l’autre sur une région viticole beaucoup plus modeste.

Changements dans la distribution du groupe Constellation aux USA
On apprend par Vitisphère aujourd’hui que l’empire Constellation, le plus grand groupe producteur de vin au monde va revoir sa politique de distribution aux États-Unis. Dorénavant, les produits du groupe ne seront disponibles que chez un seul distributeur par état.

  • Southern Wine & Spirits of America (le n°1 américain de la distribution de vin) : Arizona, California, Delaware, Floride, Hawaii, Illinois, Kentucky, New York et la Pennsylvanie
  • Republic National Distributing Company : Colorado, Louisiana, Maryland, Nebraska, Oklahoma, Caroline du Sud, Texas et Washington DC
  • National Wine and Spirits : Indiana
  • Johnson Brothers Liquor Company : Iowa

Cette division couvre environ 50% du marché américain pour Constellation. Cette mesure risque d’affecter énormément les petits cavistes indépendants dans ces états, car plusieurs gros vendeurs deviennent maintenant hors-limites. Les bons distributeurs sauront trouver les plus petits domaines et continuer de proposer des bons vins à leurs clients, mais de manière générale, ce genre d’ententes ne favorise clairement pas les plus petits.

Le millésime 2008 dans la vallée de l’Okanagan expliqué
Je suis tombé un peu par hasard sur le blog The Winery Project, tenu par un vigneron de la vallée de l’Okanagan. J’ai surtout été impressionné par son article sur le millésime 2008 dans cette région vinicole de l’ouest du Canada.

I want to try to establish what « cool climate » wine growing is and how it fits in to what we are doing in the Okanagan Valley. And finally, what kind of wine can you expect from the Okanagan in typical and atypical years?

Un regard éclairé sur l’Okanagan et sur les conditions (et les défis) de faire du vin dans un climat frais…!


Faibles récoltes à Bordeaux en 2008

18 février 2009

Bordeaux Rouge, mdezemery@Flickr

Bordeaux Rouge, mdezemery@Flickr

Une brève nouvelle, reprise de fouduvin: Les volumes sont en très nette baisse par rapport à la moyenne décennale, en raison des maladies, des intempéries, de la coulure, du gel et de la grêle, qui ont, çà et là, fortement endommagé le vignoble girondin.

Les bordeaux blancs affichent un rendement moyen de 33 hectolitres par hectare, soit 26% de moins que d’habitude. En ce qui concerne les rouges, l’appellation régionale Bordeaux régresse de 21%, avec 1,6 million d’hectolitres au total. Les bordeaux supérieur sont plus stables, à peu près au même niveau que le millésime 2007, avec 447.000 hectolitres en 2008.

Au total, l’ensemble des appellations régionales Bordeaux et Bordeaux Supérieur ne dépassent pas 2,5 millions d’hectolitres en 2008; soit une diminution de 25% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Et de 19% par rapport au millésime 2007, déjà peu copieux en volumes. Ajoutons que les vins blancs destinés au crémant ne sont pas mieux lotis, avec un rendement moyen limité à 46 hectolitres par hectare.

Ces chiffres rejoignent les constatations faites dans le vignoble des grands vins liquoreux du Sauternais. Certains crus, parmi les plus célèbres, affichent des rendements de misère, inférieurs à dix hectolitres de vin blanc par hectare. La grêle et le gel sont les principaux responsables de ce piètre résultat. Pour autant, qu’il s’agisse de rouges, blancs secs ou liquoreux, la qualité des vins n’est pas affectée par cette diminution des volumes. Et beaucoup de producteurs girondins confient que le millésime 2008 leur semble supérieur au précédent.

De manière générale, il semblerait que le millésime 2008 ne soit pas une belle année, sauf en Oregon et en Alsace, les deux seules régions pour lesquelles WineSpectator accorde la cote de A cette année.