Une expérience moléculaire: pinot grigio et curry

Masi Masianco 2007

Masi Masianco 2007

Au menu ce soir, nous avions un défi au niveau de l’accord des mets et des vins. Le défi n’est pas tout à fait du niveau des Impossible Wine Pairings de Dr. Vino, mais l’accord reste tout de même difficile. Nous avions la tâche de trouver un vin qui s’accorde bien avec un curry de poulet, tiré d’un de nos livres de Jamie Oliver.

Dans un premier temps, prenez quelques secondes pour lire la recette. Qu’auriez vous servi avec cette recette? Faites-vous entendre dans les commentaires…! De toute manière la recette est bonne, alors on risque de la refaire…!

Pour nous guider dans notre accord, nous avons choisi de nous inspirer de la théorie de la sommellerie moléculaire de François Chartier, animateur de la 24e édition des Vendredis du Vin. Nous nous sommes donc lancés sur la piste aromatique du gingembre, une des composantes principales de ce curry. Nous avons aussi dû composer avec les stocks que nous avions présentement à la maison… :)

Une des pistes évoquées par Chartier pour accompagner les plats à forte dose de gingembre est un pinot gris, souvenant provenant d’Alsace, pour sa structure moléculaire complémentaire. De tous les vins présents dans notre cave, le Masianco 2007 de la maison italienne Masi semblait le plus approprié.

Ce vin est un assemblage de pinot gris et de verduzzo, au prix particulièrement intéressant d’un peu moins de 15$ lorsque acheté à la SAQ dépôt. Au nez, les notes principales sont surtout florales, avec en arrière-plan, un peu de pamplemousse. La bouche suit logiquement, avec une acidité bien présente qui vient rafraîchir le tout. Un beau vin d’été, pas tout à fait complexe, mais bien agréable.

Couplé au curry, le vin prend toutefois un peu plus d’ampleur. Les notes florales sont plus franches et la fraîcheur apportée par le gingembre du plat vient amplifier la longueur du vin en bouche. Bref, un mariage tout à fait réussi…!

Si vous essayez soit ce vin, soit cette recette de Jamie Oliver, n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires harmoniques…! De notre côté, la recette est définitivement à réessayer, alors toutes les suggestions sont les bienvenues!

McWilliam’s Hanwood Estate Riesling 2007

McWilliam's Harwood Estate Riesling 2007

McWilliam's Harwood Estate Riesling 2007

Ce soir, en cette rare belle journée du mois de juillet (à date, on est rendus à 21 jours de pluie en 29 jours…), un vin estival s’imposait. Par estival, j’entends ici un peu comme du théâtre d’été, par opposition à du théâtre en été… Léger, agréable, abordable (à la fois au goût et financièrement)…

Ainsi, lors de mon passage à la SAQ tout près de chez moi, j’avais besoin d’un vin blanc, rafraîchissant, pas trop cher et disponible dans les frigos. Raison: j’avais faim et le souper était rapide à faire. Je ne pouvais donc pas me permettre d’attendre que mon vin refroidisse…

Mon choix s’est alors porté sur l’Australien McWilliam’s Hanwood Estate Riesling 2007, présent en généreuse quantité au frais à la SAQ du Campanile. De plus, au prix de 14,80$, il est difficile de trouver qu’il s’agit d’une mauvaise idée.

On est ici en présence d’un vin visiblement moderne, aux notes d’agrumes, de pommes vertes avec les relents minéraux que l’on s’attend du riesling. En bouche, l’acidité domine, grâce aux notes d’agrumes (ça tombe bien, c’est tout à fait ce que je recherchais pour complémenter mon souper). La bouche est fraîche et agréable, tout à fait ce que je recherchais dans mon vin estival.

Somme toutes, il s’agit d’un vin qui n’est pas terriblement distinctif, mais qui est bien fait et qui offre un rapport qualité prix indéniable. Disponible en ligne et dans 365 succursales SAQ au Québec.

★★☆☆☆ – Code SAQ: 10754607 – 14,80$

Château Mornag Grand Cru 2005

Château Mornag

Château Mornag 2005

Lorsqu’on pense à la Tunisie, la première image à venir en tête n’est pas nécessairement celle d’un pays vinicole. Pourtant, l’établissement de la viticulture s’est faite avec les Phéniciens puis a pris son essor avec les Carthaginois. Ayant connu un essor sous l’influence française au XIXe siècle, le Tunisie compte maintenant 15 000 hectares de vignes, principalement encépagées avec du cabernet-sauvignon, du carignan, du cinsault, de la grenache, de la mourvèdre et de la syrah. Le territoire est réparti en 7 appellations d’origine contrôlées, signe de l’influence française. Depuis 2002, une association a été créée afin de moderniser les caves tunisiennes et amener la viticulture à un niveau « exportable ».

Produit de ce regroupement des Vignerons de Carthage, le Château Mornag Grand Cru 2005 nous a tout d’abord accroché par sa provenance insolite. De plus, comme nous cherchions à compléter une caisse à la SAQ Dépôt, son prix sous la barre des 10$ nous a convaincu de tenter notre chance.

Le vin est typique de mon idée d’un vin tunisien: chaud, généreux et pas nécessairement subtil. Beaucoup de fruits rouges accompagnés de tanins un peu agressifs au sortir de la bouteille (mais qui se sont heureusement calmés rapidement) marquent cet assemblage de carignan, grenache, mourvèdre et syrah. Il nécessite des plats biens relevés pour bien le complémenter car sinon, il vient prendre toute la place sans qu’on lui ait vraiment demandé.

Bref, un bon petit vin de bouffe, d’un bon rapport qualité-prix principalement parce que le prix est ridiculement bas. À ce prix là, je ne sais pas pourquoi il y a encore du monde qui vont acheter du vin d’épicerie…

★½☆☆☆ – Code SAQ: 00183145 – 9,55$

Cosme Palacio Consecha – Rioja 2006

Cosme Palacio y Hermanos - Rioja 2006

Cosme Palacio y Hermanos - Rioja 2006

Lors du repas pascal dans la famille, notre offrande a été ce vin espagnol, de la région du Rioja. Nous cherchions un vin d’un bon rapport qualité-prix et assez polyvalent pour accompagner tout ce qui peut se retrouver dans un buffet de Pâques. Mais avant tout, nous recherchions un vin qui allait plaire à presque tout le monde présent autour de la table. La cible a été presque atteinte avec ce Cosme Palacio y Hermanos Consecha 2006.

Tout d’abord, le rapport qualité-prix est indéniable pour cette cuvée du Rioja. Vinifié uniquement à partir de tempranillo en barriques neuves de chêne français, on y retrouve le nez puissant typique de ce cépage. En bouche, c’est tout aussi puissant, le fruit prend l’avant-plan, avec des accents vanillés apportés par le vieillissement en barrique. Le bois vient en accent comme il se devrait et non comme note principale dans le cas du Ménage à Trois présent à la même tablée. Pour son prix, le vin est généreux et bien agréable.

L’objectif principal a été presque atteint puisque le vin s’est montré un peu plus imposant que prévu. Il prenait ainsi un peu plus de place que l’on aurait voulu, mais il est bien difficile d’en vouloir à un vin qui en donne trop lorsqu’il est bon…

Dans le même ordre d’idées, on peut consulter la critique du millésime 2004 et du millésime 1995 alors qu’il avait 11 ans sous le bouchon… Finalement, on peut aussi consulter le blog australien dédié aux vins espagnols (une très bonne référence d’ailleurs), Tinto y Blanco, au sujet du millésime 2002. On peut en tirer comme conclusion que bien qu’il soit très agréable dès à présent, le Cosme Palacio Consecha 2006 pourra gagner au fil des ans et sera probablement à son meilleur vers 2010.

★★½☆☆ – Code SAQ: 00237834 – 17,60$

Terres de Méditerranée 2006

Terres de Méditerranée - Dupéré-Barrera

Terres de Méditerranée - Dupéré-Barrera

Emmanuelle Dupéré et Laurent Barrera, jeune couple passionné, sont en passe de devenir les négociants haute couture de la Provence. Ils possèdent un vignoble certifié bio de 5,5 hectares, auxquels s’ajoutent six hectares en achat de raisin. Choisissant avec exigence leurs approvisionnements, ils n’uniformisent en rien les vins lors de leur élevage, soigné et ambitieux. Au contraire, tous les vins sont très typés, chacun correspondant précisément au potentiel et au style de chaque cru.

C’est en ces termes plutôt élogieux que la Revue Française du Vin décrivait les vins de la maison Dupéré-Barrera dans son édition 2008. Le millésime 2004 a été encensé par certains critiques et le millésime 2005 s’était montré particulièrement charmeur, ensoleillé et d’un indéniable rapport qualité-prix.

Le « Terres de Méditerranée 2006″ est un assemblage de syrah, cabernet-sauvignon, grenache et carignan dont achetés en négoce puis vinifiés par le couple sous l’appellation « Vin de Pays d’Oc ».

À la dégustation, le vin m’a semblé un peu jeune, car très rugueux au sortir de la bouteille. Il m’a semblé taillé dans un gros bloc, mais s’est plus assoupli qu’une bouteille du même millésime bu au mois d’octobre dernier. Heureusement, le tout s’est assagi après quelques minutes. On y découvre un vin qui laisse paraître ses origines méridionales. Le vin est chaud, épicé et charnu, toutes des caractéristiques que l’on associe aux vins de Provence.

À boire quelque part entre maintenant et 2010. Ça tombe bien, le Terres de Méditerranée 2006 est un produit régulier à la SAQ et devrait être facile à trouver. Aussi dispnoible sous peu, le Terres de Méditerranée rosé, en importation privée chez Le Maître de Chai.

★★½☆☆ – Code SAQ: 10507104 – 15,35$