Sortir des sentiers battus

3 janvier 2011

Dans le monde, environ 70 pays produisent du vin, subdisvisés en des milliers de régions de production et d’appellations. Il arrive par contre que, par habitude et par confort, on reste cantonné dans les vins et producteurs qu’on connaît. C’est dans ces moments un peu pantouflards qu’il faut sortir des sentiers battus. C’est ce que j’ai fait en grande récemment en ouvrant une bouteille du 7 Fuentes 2008 des Îles Canaries.

Soagranorte 7 Fuentes - Un vin hors de l'ordinaire

Soagranorte 7 Fuentes - Un vin hors de l'ordinaire

Découvert lors du premier événement Zoné Vin! au Quai des Cageux, en septembre dernier, on était en présence d’une curiosité à la table de l’agence Symbiose. Brève lecture de la fiche technique:

  • Un vin des Îles Canaries… (Ouuh, une nouvelle région espagnole!)
  • Composé de Listan Negro (90%), de Seguida de la Tintilla (7%) et de Listan Blanco (3%)… (Ouuh! Trois nouveaux cépages pour ma liste!)
  • Le petit vignoble de 9 hectares (!) est divisé en une dizaine de parcelles (!!) qui sont toutes vendangées manuellement et ensuite vinifiées séparément (!!!) dans des cuves inox et un court séjour en barriques pour environ le tiers du vin.
  • Le tout étant offert pour moins de 20$ (Ce producteur est un malade, comment fait-il ses frais?)

On aurait pu trouver un vin technologique, un peu maquillé et très moderne. Mais non! On est plutôt en présence d’un vin de geek, qui offre peu de points de repères avec notre bagage de connaissances.

La robe est pâle comme un beaujolais, le vin embaume les épices et les fruits rouges, un peu à la manière d’une syrah du Rhône, et on retrouve en bouche une bonne acidité et une trame solide, sans être agressive, comme plusieurs vins italiens. Au final, ça ressemble un peu au Marcillac ouvert précédemment: un vin de soif et de plaisir. Il m’en reste une en cave, qui ne résistera pas nécessairement très longtemps… Il faut simplement trouver le bon geek avec qui la partager!


Zoné Vin! prend son envol

5 décembre 2010

Pour sa deuxième édition, Zoné Vin, un événement situé à mi-chemin entre un salon des vins et un 5 à 7 entre amis, se transporte au Cercle sur St-Joseph. La première édition, rassemblait 4 agences d’importation au Quai des Cageux, un magnifique espace sur le bord du fleuve St-Laurent.

Cette fois-ci, l’espace investi est moins spectaculaire, mais plus grand et mieux adapté à la foule qui s’est présentée en septembre dernier. De plus, on a pu faire la connaissance de 10 agences et profiter de tapas sortant tout juste des cuisines du Cercle. Que des additions qui sont les bienvenues et on contribué à rendre la soirée plus complète.

Cuvée de la Diable - Ferme Desrochers

Cuvée de la Diable - Ferme Desrochers

Plusieurs produits ont retenu l’attention, à commencer par la Cuvée de la Diable, un hydromel liquoreux produit par la Ferme Desrochers, située dans la municipalité de Ferme-Neuve, dans Lanaudière. Reconnus pour leur production de miel, ils produisent aussi cet hydromel, vieilli en barriques pendant 46 mois (!), sous voile (!!). Le résultat est particulièrement impressionnant: très complexe, le sucre est bien équilibré et la finale possède une belle longueur. Un produit original qui va sûrement prendre une place de choix dans ma liste de vins de dessert. En prime, c’est même disponible à la SAQ, pour 16$ la demie.

Chez l’ami Rémy Charest, qui représente l’agence Insolite Importation, on a pu goûter une superbe petite arvine de chez René Favre et Fils. Cépage indigène où se mêle joyeusement parfums tropicaux et une finale saline et minérale, la petite arvine est cultivée presque uniquement en Suisse (et un peu dans le nord de l’Italie). Un blanc dépaysant qui vient en cartons de 6, ce qui permet d’en commanderplus facilement que s’il venait en caisse de 12, comme plusieurs importations privées.

Mon top 3 de la soirée est complété par le Prosecco Crede 2009 du domaine vénétien Bisol, disponible à la SAQ et importé par Oenopole. Léger, festif, avec un peu de sucre résiduel qui ajoute un peu d’opulence à l’ensemble. Que c’est bon du Prosecco!

Cet événement nous fait dire: « Vivement le prochain Zoné Vin! »


Importation privée – Mode d’emploi

17 novembre 2010

Au Québec, les vins sont vendus par l’entremise d’une société d’état, la Société des Alcools du Québec (SAQ). Grâce à ce pouvoir d’achat, la variété des produits offert est bien intéressante, avec plus de 10 000 produits présentements listés au répertoire. Malgré ce que certains peuvent en dire, je trouve que nous sommes plutôt bien servis par notre monopole.

Toutefois si, de retour de vacances, vous souhaitez acquérir ce petit rosé désaltérant dégusté sur le bord de la piscine ou le vin de ce petit producteur que vous avez découvert au détour d’une courbe dans l’arrière-pays, il est fort probable que ce vin ne soit pas disponible à la SAQ. Pour mettre la main sur ces produits, on doit se tourner vers l’importation privée.

Il est fort probable que vous avez déjà goûté des vins issus de l’importation privée, puisque ce mode d’achat est bien populaire auprès des restaurateurs. Certains utilisent ce créneau pour donner une signature distinctive à leur carte des vins ou pour agrandir leur portfolio. Les moins scrupuleux utiliseront le fait que le client ne connaît pas nécessairement le prix de détail pour se donner une marge un peu supérieure à l’habitude…

Le processus pour mettre la main sur ces vins est plutôt simple:

  1. On fait du magasinage et on choisit le vin qui nous intéresse. C’est souvent la partie la plus difficile, mais elle est habituellement tout à fait agréable. On fréquente des activités vinicoles (Salons des Vins, dégustations, etc.), on porte attention au restaurant, etc. On peut trouver un répertoire assez complet des agences d’importation de vin sur le site de Samy Rabbat, ou avec les membres du Raspipav, une association d’agences d’importation.
  2. Lorsqu’on a choisi le vin qui nous intéresse, on contacte l’agence qui représente le producteur. Le vin est ensuite livré dans une SAQ près de chez vous (habituellement dans les 7-10 jours suivant la commande), où vous effectuez le paiement. Certaines agences exigent le paiement des frais d’importation directement à eux, dans une facture séparée.
  3. Les vins sont habituellement disponibles en caisse de 12 bouteilles, ou parfois en carton de 6. Un truc afin de pouvoir s’offrir un peu de variété est de monter un groupe d’amis et de partager le tout. Les produits que je propose au bureau ont habituellement un bon succès…!

De plus, les produits sont aussi couverts par la garantie contre les bouteilles défectueuses de la SAQ, puisqu’elles sont vendues par celles-ci. Il faut parfois faire savoir au personnel que cette protection existe, mais c’est bel et bien le cas.

Le tout est bien résumé dans le sympathique vidéo de Rézin.

On peut y faire de belles découvertes, comme certaines que j’ai fait aujourd’hui dans le cadre du salon de la Raspipav… Vous en entendrez parler bientôt sur ce site…!


Importation privée bouchonnée: que faire?

27 avril 2010

Vendredi soir, pour marquer le début de la fin de semaine, vous décidez d’ouvrir un des vins dénichés auprès d’une agence d’importation privée1. À l’ouverture de la bouteille, horreur, celle-ci est bouchonnée (ou oxydée, etc.) et le constat est immédiat: imbuvable.

Ça peut arriver...

Ça peut arriver...

Normalement, les produits vendus par la SAQ sont couverts par une garantie d’un an contre les défectuosités du produit, notamment la présence de TCA dans les bouteilles. Dans ce cas, le processus est simple: on se présente en succursale avec la bouteille défectueuse, on remplit un p’tit papier nous demandant notre nom et notre numéro de téléphone et le remboursement est fait habituellement sur-le-champ.

Dans le cas des produits obtenus en importation privée, la démarche est légèrement différente. Puisque le processus n’est pas courant, plusieurs employés ignorent le fait que la garantie de la SAQ couvre aussi les produits d’importation privée. Il peut ainsi être judicieux de se munir de la politique de retour de la SAQ, ou au minimum, d’un air assuré car il peut être nécessaire de convaincre le personnel que cette démarche est possible. Il est aussi important de conserver sa facture faite par la SAQ lors du paiement des bouteilles car c’est celle-ci qui prouve que le produit a bien été fourni par la SAQ.

Le formulaire utilisé pour le retour est le même que celui utilisé pour les clients titulaires de permis de restauration, dans lequel on demande le code CUP du produit (inscrit sur la facture) et le numéro de client, qui devrait aussi être sur la facture. Le formulaire est ensuite faxé aux bureau des commandes privées à Montréal et un crédit est envoyé par la poste. Dans mon cas, le délai a été de quelques jours tout au plus.

Conclusion: il est important de conserver ses factures lors d’importations privées! Le corollaire est que si une caisse est partagée entre plusieurs individus, il est important de quand même bien se connaître puisque le remboursement est fait à la personne qui a commandé la caisse auprès de la SAQ.

  1. Au Québec, les vins qui ne sont pas importés par la SAQ peuvent quand même être achetés via les agences d’imporatation qui représentent les producteurs.

Une soirée à l’aveuglette!

6 avril 2010

Mercredi soir dernier, l’idée de tenir une dégustation le vendredi suivant est lancée sur Fouduvin.ca. Visiblement, un thème s’impose: la spontanéité. Ainsi, 48 heures après que l’idée ait été lancée, on se retrouvait autour de la table avec du bon vin en bonne compagnie. Difficile de demander mieux.

Ne voulant pas se casser la tête, l’ordre de service a été fait selon l’ordre d’arrivée des convives et tous les vins ont été servis à l’aveugle, les bouteilles étant joliement enrobées de papier d’aluminium…

Ainsi, dans l’ordre de service, nous avons eu droit à:

  1. Château La Tour de By, Médoc cru bourgeois, 2001
  2. Vina Chocalan, Gran Reserva Blend, 2006
  3. Pinot noir Staete Landt Marlborough 2008
  4. Chateau Lafleur-Gazin, Pomerol, 2004
  5. Château Mont-Redon, Châteauneuf-du-Pape, 2004
  6. En Barberon, Stéphane Tissot, Pinot noir, Côtes du Jura, 2006
  7. Propriedad H. Remondo, Palacio Remondo, Priorat, 2003
  8. Ch. des Charmes Late Harvest Riesling Niagara-on-the-Lake 2007
Alignement lors de la dégustation

Alignement lors de la dégustation

À la fin de la soirée, on a dressé notre top 3 pour le plaisir, pour la forme puisque tous les vins présentés étaient tous très rapprochés en termes de qualité. Le gagnant a été le Château Lafleur-Gazin 2004 qui avait tout pour lui: un beau Bordeaux classique qui commence à se révéler sous son meilleur jour. Une expérience qui va dans le sens des commentaires lus sur ce millésime à prime abord difficile, mais qui a produit des vins tout à fait réussis.

En deuxième place on retrouve le Pinot noir En Barberon 2006, de Stéphane Tissot. À l’aveugle, on savait que c’était du pinot, mais pas bourguignon. Du moins, pas dans le style classique. C’est finalement dans les Côtes du Jura que nous sommes atterris. Parfait pour suprendre des dégustateurs à l’aveugle, qui s’attendent à un pinot mais qui veulent être déroutés.

En dernière place, mais tout de même méritant une mention spéciale, le Vina Chocalan, Gran Reserva Blend, 2006. De manière générale, les dégustateurs étaient sur le Nouveau Monde sans vraiment plus. Ce vin chilien, un assemblage de 31% Cabernet Sauvignon, 27% Carmenère, 18% Syrah, 12% Malbec, 9% Cabernet Franc et 3% Petit Verdot. Un vin beaucoup trop jeune, mais qui possède la structure pour vieillir en beauté. J’aimerais bien revisiter ce vin dans quelques années, ça sera probablement très spectaculaire.

On reprend ça n’importe quand, même à deux jours de préavis!