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La SAQ et le vin nature

Photo: SAQ.com

Épaulé Jeté de Catherine et Pierre Breton (Photo: SAQ.com)

Le 23 avril dernier, la SAQ mettait (enfin, dirons certains) en vente un arrivage de vins natures. Dans le lot, 5 français et un italien, auxquels il faut ajouter les deux vins Naturae de Gérard Bertrand, chez qui la notion de nature est un peu plus large… Devant l’absence de définition formelle et acceptée par tous pour le concept de vin nature, je vous invite à lire l’article Natural wine: it’s complicated, naturally écrit par Rémy Charest il y a déjà quelques années, qui fait un excellent tour d’horizon des différents points de vue sur ce type de vins.

Initialement disponibles dans une vingtaine de succursales choisies dans la province ainsi que sur SAQ.com pour minimiser le transport de ces vins plus fragiles, ils se sont assez bien vendus. Si vous pensiez que le vin nature était interdit dans votre région, il devrait probablement être possible d’en faire transférer un peu dans votre succursale, si vous le demandez à votre conseiller.

On pouvait y boire quoi dans ce premier arrivage? Un superbe Cabernet Franc de chez Catherine et Pierre Breton, aromatique et glougloutant à souhait ou du gamay au fruit croquant du Beaujolais ou de la Loire.

L’expérience a été suffisamment concluante pour la SAQ puisqu’une nouvelle vague sera mise en disponibilité dans un arrivage Cellier au mois d’octobre. Pour l’instant, on ne sait que les produits recherchés devraient être entre 18$ et 25$, un segment que la SAQ cible particulièrement. Si vous avez manqué la première vague ou si vous êtes intéressés par ce genre de produits, gardez l’oeil ouvert pour l’arrivée de cette nouvelle vague!

 

Trois conseils pour dénicher des vins en importation privée

On entend de plus en plus parler de produits en importation privée, ce canal d’achats de vins parallèle aux tablettes de la SAQ. Par contre, pour quelqu’un qui commence, ce monde peut être intimidant et déroutant.

Pourtant, commander des vins en importation privée est somme toute assez simple:

  1. Vous trouvez le produit qui vous intéresse
  2. Vous contactez l’agence qui le représente au Québec pour passer la commande avec eux
  3. Vous ramassez le produit et payez directement à la SAQ (et parfois aussi une partie des frais à l’agence).

Le principal défi réside dans la première étape, puisque le monde des IP est particulièrement vaste. On estime que le nombre de produits disponibles en importation privée est supérieur à l’offre de produits dans les succursales de la SAQ. Voici donc trois conseils qui permettront de vous y retrouver et de dénicher ces produits d’exception.

1 – Avoir des sources de confiance

Bill Zacharkiw - Source: twitter.com

Bill Zacharkiw – Source: twitter.com

Il est évidemment impossible de tout goûter et il est parfois nécessaire d’acheter « à l’aveugle »… Heureusement, certains membres des médias se dévouent pour vous et publient leurs commentaires. Encore faut-il que le palais du commentateur soit compatible avec le vôtre, mais lorsque vous avez trouvé, vous savez que vous pouvez vous fier au jugement de celui-ci.

Parmi mes sources dignes de confiance, on retrouve Le Sommelier Fou, Brett Happens lorsque je veux un peu un vin un peu plus funky (qui maintient une superbe liste des agences d’importation au Québec) et Bill Zacharkiw. Montez la vôtre et partagez-la dans les commentaires!

2- Profitez de toutes les occasions pour goûter

C’est évidemment en goûtant autant que possible qu’on se construit un bagage et qu’on vient à découvrir des produits. Par exemple, il ne faut pas manquer le Salon International des Vins et Spiritueux de Québec, du 13 au 15 mars prochain. C’est l’occasion de pouvoir essayer plusieurs vins différents, discuter avec les producteurs et agents qui seront présents et, surtout sortir des sentiers battus.

À Montréal, les activités sont particulièrement intenses au mois de novembre, mais restez à l’affût des nouvelles émanant des différents bars à vins de la ville (Pullman, Vin Papillon et Les Cavistes). Aussi, le festival Montréal en Lumières, qui aura lieu du 19 février au 1er mars, offre toujours un volet gastronomique intéressant qui met en vedette la Suisse cette année.

3- Les vins à emporter

Initialement issu d’un jugement qui autorisait St-Hubert à offrir des produits alcooliques avec des repas à emporter, le concept a été repris par certains restaurateurs. Ainsi, à l’achat d’un repas à emporter, il est aussi possible d’acheter une (ou plusieurs) bouteilles de vin. Un pionnier dans le domaine à Québec est Le Moine Échanson, qui propose une importante sélection de vins natures. On retrouve aussi le même concept chez Nina Pizza Napolitaine, qui offre une petite sélection lorsqu’on choisit d’emporter chez soi la meilleure pizza en ville.

Le Moine Échanson. Photo: Caroline Décoste - www.jesuissnob.com

Le Moine Échanson. Photo: Caroline Décoste – www.jesuissnob.com

Par contre, la réglementation fait que le vin ne doit pas être sur la carte régulière du restaurant (ou sinon, il doit être vendu avec le markup habituel du restaurant). Les restaurants qui appliquent ce concept de la bonne manière maintiennent deux listes différentes, ce qui permet de toujours avoir une belle disponibilité de produits.

Le monde des importations privées est vaste, il n’en tient qu’à vous d’aller le découvrir!

Fifty Shades of Grey: Opération Charme

L’opération de marketing pour souligner la sortie du film en est une d’envergure. Parmi la myriade d’efforts de marketing, tous plus créatifs les uns que les autres, la SAQ met en vente à partir d’hier (sur SAQ.com, le 22 janvier en tablettes) le vin rouge Fifty Shades of Grey Red Satin. J’ai eu la chance de mettre la main sur une bouteille en primeur. Un vin-événement qui débarque en 48 000 exemplaires sur les tablettes de notre monopole d’état.

Fifty Shades of Grey - le vin

Fifty Shades of Grey – le vin

Un nom un peu cucul (Red Satin, come on!), une bouteille bien lourde pour des points bonus de virilité et une contre-étiquette qui annonce un vin intense et foncé qui offre de puissantes saveurs fraîches et décadentes de baies voluptueuses, agrémentées d’une touche boisée. Pas de nudité sur l’étiquette? Même pas d’allusion sur sur la contre-étiquette? Certains seront déçus!

Étonnamment, malgré un a priori fortement défavorable, je dois conclure que le vin est somme toutes correct. Un nez de fruits rouges intenses, qui ne fait pas dans la subtilité. Le boisé ne laisse pas sa place, tant au nez qu’en bouche. La grosse surprise vient en bouche, ce n’est pas bourré de sucre comme on aurait pu s’y attendre (que 6 g/l), et elle conserve quand même un bonne fraîcheur. Assemblage de Petite Sirah et de Zinfandel, il annonce que 13.5% d’alcool, ce qui est étonnamment raisonnable. C’est mur en bouche, généreux, mais ne dépasse pas la fine ligne qui le ferait basculer du côté obscur. Ceci dit, on n’y retrouve rien d’extraordinaire non plus qui nous incite à prendre une autre gorgée ou de s’en verser un autre verre.

À table, on cherchera à maximiser son potentiel en le servant avec une viande assez saignante et un accompagnement généreux en épices. Pensez canard, cumin, paprika fumé, piment d’espelette.

Au final, ce n’est pas mauvais. C’est tout simplement… générique…!

Si vous voulez amener un vin qui fera jaser dans votre prochain party de filles, il s’acquittera bien de cette tâche-là, certainement mieux que tous les Ménage à Trois de la terre (réunis). Si vous cherchez un vin qui vous en donnera pour le 20$ qu’il en coûte, cherchez un peu plus loin sur les tablettes de la SAQ, il y a plein de meilleures options.

Les 4000 caisses que la SAQ a commandé se vendront certainement très bien, mais si vous lisez ce blog, vous n’êtes certainement pas le public cible car vous vous intéressez déjà trop au vin pour ça.

Six lectures pour Noël

Pour rendre l’amateur de vin heureux à Noël, deux manières bien simples. La première est de lui offrir du vin, de ne pas se sentir intimidé et d’offrir une bouteille choisie avec soin. La seconde est de le faire rêver avec un peu de lecture: voici quelques suggestions pour s’y retrouver.

Des guides

Le Guide du Vin 2015

Le Guide du Vin 2015

Tradition annuelle du temps des fêtes au Québec, on reçoit en librairie une nouvelle cuvée des suggestions annuelles des différents chroniqueurs en vin au Québec. En voici deux qui ont retenu mon attention.

Véritable institution, Le Guide du Vin Phaneuf 2015 est maintenant bien mené admirablement bien par Nadia Fournier. Les habitués du maître Phaneuf retrouveront la rigueur habituelle et la clarté des notes de dégustation. Pour sa 34e édition, l’emphase est mise sur un vin remarquable (les fameuses Grappes d’Or) puis sur 6 autres vins qui offrent de bonnes alternatives. Exit la section Autres vins de qualité correcte, qui n’apportait pas grand chose au lecteur…

Cette année, le populaire Philippe Lapeyrie délaisse depuis l’année dernière le format agenda pour se tourner vers un guide plus classique, au plus grand bonheur des lecteurs. Les vins y sont commentés en profondeur en faisant une place de choix aux vins qui permettront de bien boire sans casser la tirelire des enfants. Un style facile à lire, sans jargon, franc et qu’on aime comme l’est le gars dans la vraie vie. Une mise à jour qui vaut la peine par rapport aux éditions précédentes!

Des références

Si vous voulez plaire un fan de géographie comme moi, c’est impossible de se tromper avec L’Atlas Mondial du Vin, de Jancis Robinson et Hugh Johnson. Les cartes permettent de comprendre le contexte régional duquel est issu le vin dans votre verre. Pour les plus branchés, les cartes sont disponibles en version numérique pour les membres du site Purple Pages de Jancis Robinson. Les cartes de la Bourgogne valent à elles-seules l’achat du livre.

Dans le domaine référence, on fait difficilement plus complet que Wine Grapes, un guide complet des 1368 différents cépages commercialement vinifiés dans le monde. Vous ne lirez pas cette brique de 1300 pages d’un couvert à l’autre, mais c’est le premier livre dans lequel vous irez regarder pour obtenir un peu plus d’information sur ce cépage grec obscur que vous trouvez planté sur 3 hectares à la grandeur de la planète. Profils génétiques, informations organoleptiques et statut de ce cépage dans le monde vous donneront toute l’information nécessaire et même beaucoup plus.

Des histoires

Kermit Lynch est un monument dans le monde du vin aux États-Unis. Sa petite boutique de Berkeley lui a servi de tremplin pour aller découvrir les vignobles français dans les années 1980. Mes aventures sur la route du vin relate sa découverte des terroirs et des gens qui les façonnent. C’est aussi son cheminement et la découverte de ce qui le fait vraiment vibrer dans le monde du vin. Lisez-le en anglais si vous le pouvez pour savourer son langage coloré le filtre de la traduction et faites connaissance avec le personnage dans une entrevue qu’il a donné au coloré Gary Vaynerchuk il y a quelques années.

Finalement, il ne faut pas oublier les gens derrière le vin que l’on boit. Dans Summer in a Glass, Evan Dawson nous offre de partir à la rencontre de sa région de prédilection, les Finger Lakes, avec la rencontre d’une douzaine de vignerons. On apprend plus sur eux, sur leurs vins et on a vite envie d’aller à leur rencontre. Ça tombe bien, cette région n’est pas si loin du Québec et est particulièrement agréable à visiter. Laissez-vous porter!

Vins. Collègues. Plaisir.

Ça fait maintenant 6 ans que j’organise une dégustation pour les collègues chez Creaform. Le concept, hérité des organisateurs de la première édition, fonctionne particulièrement bien: 3 vagues thématiques de 3 vins, servis à l’aveugle, jumelés à un questionnaire sans prétention qui permet aux gens de se poser des questions sur ce qu’ils ont devant eux.

Cette année, rebelote à l’exception que je n’ai pas d’abord choisi les thèmes mais qu’ils ont été plutôt modelés autour de vins ou de régions que je voulais faire faire découvrir. Le thème global de la dégustation: On va avoir du plaisir… encore! Complémenté par des charcuteries du Pied Bleu, on a effectivement eu pas mal de plaisir… encore!

Lineup Creaform 2014

Lineup Creaform 2014

En blanc, 3 vins réunis par leur différence puisqu’ils sont composés de cépages blancs autochtones pas particulièrement connus. Chapeau au Vina Gravonia 2004 de Lopez de Heredia qui a su diviser la foule et susciter la discussion par son léger côté oxydatif et son profil de goût particulier. Il n’a laissé personne indifférent (c’était un de mes préférés de la soirée!). Côté rapport qualité-prix, le Poças Corroa d’Ouro remporte la palme. Il en donne vraiment beaucoup pour 13,55$. Entre ces deux, le Moschofilero de Tselepos est un peu passé inaperçu, ce qui est un peu dommage.

Au premier service de rouges, j’ai pu servir côte-à-côte trois vins d’un même producteur, dans les différents niveaux des appellations de la Bourgogne. Les vins de Catherine et Claude Maréchal nous ont permis ce voyage. D’abord, le Bourgogne « Gravel » 2010, puis le Savigny-les-Beaune Vieilles Vignes 2011 et, finalement, le Pommard La Chanière 2011. Même élevage, (presque) le même millésime, la différence dans le verre est liée directement au climat sur lequel les raisins poussent. Une expérience de geek de vin que tous les amateurs de Bourgogne devraient faire. Tous trois présentaient un fruit pur et une complexité grandissante au fur et à mesure qu’on montait dans la hiérarchie. Quelques jours plus tard, tous se portaient admirablement bien, le Pommard ayant gagné en complexité, ce qui augure bien pour ce vin dans quelques années.

BarbarescoDeuxième service de rouges, thématique 20-40-60. Trois vins dont le prix de détail diffèrent par un facteur 3. Tout juste à la barre des 20$, le Sino da Romaneira a fait bonne impression et a confirmé le statut de mine d’or pour les chercheurs d’aubaines pour le Douro. À 40$, le Barbaresco 2009 des Produttori del Barbaresco m’a fait plier les genoux. Carafé rapidement, on a eu la preuve qu’il ira loin. Très loin. Personnellement, à la lumière de ceci et du fait que 2009 est considéré comme un millésime généreux et un peu plus accessible en jeunesse au Piedmont, je ne toucherai pas à mes 2006 et mes 2008 avant au moins l’année prochaine. Pour la bouteille à 60$, je voulais un vin du nouveau monde et je me suis tourné vers le Quatrain 2010 de Mission Hill. Merlot, Cabernet Franc, Cabernet Sauvignon et Syrah, concentré et intense avec une bouteille ostentatoirement lourde. Bien fait, mais je ne paierais pas 60$ pour ça puisque ce n’est pas du tout dans ma palette.

Au dessert, petite exploration dans le monde des vins de Porto. Dans le coin gauche, le Vau Vintage 1999. Dans le coin droit, Barros Colheita 1999. L’assistance est divisée de manière à peu près égale en deux, comme quoi entre Ruby et Tawny, les préférences personnelles prévalent. Mon coeur penche du côté du Barros, un accord sublime avec une petite gâterie venant de chez Chocolats Favoris, un de nos voisins préférés chez Creaform…!

J’ai déjà hâte à la fin-novembre l’année prochaine pour la prochaine édition!