Des vins pour recevoir sans se ruiner

Les Fêtes approchent et la visite aussi…! Évidemment, on souhaite offrir des vins de qualité à ceux qu’on aime, mais sans nécessairement casser le cochon à chaque bouteille. Voici quelques suggestions qui sauront ravir à la fois le palais de vos convives et votre porte-feuille!

Des bulles

Jacques Lassaigne - Les Vignes de Montgueux (Photo: SAQ.com)
Jacques Lassaigne – Les Vignes de Montgueux (Photo: SAQ.com)

Ça ne serait pas pareil sans bulles, que ce soit pour souligner l’arrivée de la nouvelle année ou du p’tit Jésus. On ne se trompe pas en ouvrant une bouteille de Vouvray Brut de Vincent Carême ou Crémant du Jura de Tissot , des mousseux débordants de caractère qui laissent habituellement les champagnes d’entrée de gamme loin derrière.

Si les sols crayeux du nord de la France vous attirent, la bonne nouvelle est qu’on a de moins en moins besoin de retirer les REE des enfants pour acheter une bouteille. On retrouve de plus en plus de champagnes de petits vignerons sur les tablettes de la SAQ et (souvent, mais pas toujours) on a des meilleurs rapports qualité-prix que les grandes maisons. Cherchez les noms de Pascal Doquet (sa cuvée Horizon est toujours recommendable et Jacques Lassaigne, qui produit des champagnes intensément minéraux qui feront des merveilles si vous ouvrez des huîtres.

Du blanc

On néglige souvent les vins blancs, qui prennent une place discrète entre les bulles de célébration et le rouge trop sucré apporté par le beau-frère.

Photo: Torres.es
Photo: Torres.es

Premièrement, pensez aux femmes enceintes de votre entourage et ayez sous la main une bouteille de Natureo de Torres. Le seul vin sans alcool buvable qu’on retrouve sur les tablettes de la SAQ, avec tout le fruit du muscat, une acidité correcte et une bonne longueur, il goûte le vrai vin et se détaille sous les 10$.

Autrement, pensez au Moschofilero Mantinia 2014 (que j’ai listé sur la carte des vins de Ma Station Café). À l’apéro, ses notes florales très parfumées charmeront certainement et la présence en bouche va garder tout le monde intéressé.

Pour une option qui en donnera beaucoup à table, surveillez l’arrivée sur les tablettes de la formidable Cuvée François 1er du Domaine des Huards. Le millésime 2008 était un romorantin particulièrement génial, avec ses notes de pommes bien mûres et une ampleur en bouche à faire rêver, sous la barre des 25$. Le 2009 commence à faire son arrivée et je peux le recommander les yeux fermés, même si je n’y ai pas encore goûté.

Du Rouge

En rouge, la tablée étant habituellement bien garnie et plutôt festive, j’ai tendance à privilégier des vins un peu plus légers que la moyenne, au taux d’alcool raisonnable et qui sont facilement partageables.

Quinta das Maias 2012
Quinta das Maias 2012

La nouvelle vague de vins émanant du Roussillon sont des parfaits candidats. En tête de file, les vins d’Olivier Pithon et du Domaine Ferrer-Ribière. Dans les deux cas, le soleil est bien présent et la fraîcheur de la brise de la Méditerranée n’est jamais bien loin. La cuvée Mon P’tit Pithon est malheureusement épuisée dans le réseau (mais gardez l’oeil ouvert s’il y a un retour!), mais le Ferrer-Ribière Tradition est quant à lui bien disponible.

À table, les vins du Portugal rempliront admirablement la tâche. De la région du Dâo, le Quinta das Maias 2012 offre un très bon rapport qualité-prix. Du fruit à revendre, une pointe minérale  et un taux d’alcool tout à fait raisonnable à 13.5%, difficile de demander beaucoup mieux. Provenant de la vallée du Douro, le Sino da Romaneira est aussi bâti dans le même style, un peu plus léger que la moyenne des vins de ce coin de pays, où le soleil plombe habituellement assez durement sur les vignes.

Terrasses du Douro
Les Terrasses du Douro. On voit Romaneira en bas à gauche

Au final, ce qui compte, c’est de mettre du bon vin dans le verre et de passer un moment privilégié entre proches.

Joyeuses fêtes! 

Un bel arrivage de vins canadiens

Gardez vos yeux ouverts pour l’arrivage Cellier du 1er octobre prochain, la SAQ aura un bel arrivage de vins ontariens, provenant de producteurs fiables que j’ai particulièrement apprécié dans les dernières années.

  • Bachelder Chardonnay Mineralité (2012) – $23.25 – Code SAQ:12610025
  • Chardonnay Lailey Vineyard (2013) – $23.95 – Code SAQ:12719637
  • Pinot Noir Flat Rock Cellars (2013) – $24.80 – Code SAQ:12457307
  • Gamay 13th Street Winery (2013) – $22.95 – Code SAQ:12705631
  • Cabernet Franc Grange of Prince Edward (2011) – $24.95 – Code SAQ:12711168
  • Cabernet Bistro Redstone Tawse (2012) – $23.70 – Code SAQ:12728859

De cet arrivage, je vais particulièrement surveiller le Cabernet Franc de Grange of Prince Edward, dont la démarche m’avait laissé une impression très favorable lors de ma visite cet été ainsi que le Chardonnay de Thomas Bachelder, qui promet d’être un très bon rapport qualité-prix.

Maggie dans les vignes de Grange of Prince Edward
Maggie Belcastro dans les vignes de Grange of Prince Edward

Autrement, ne manquez pas le Gamay de 13th Street Winery, de l’ami Jean-Pierre Colas, que j’ai pu goûter au dernier Salon des Vins de Québec. On est en présence d’un vin plein de vie et d’entrain, à l’image de celui qui l’a façonné.

C’est le temps de découvrir ce qu’on fait de bien chez nous et de laisser tomber les préjugés que l’on peut avoir envers les vins canadiens!

Édition: Mise à jour avec l’information plus précise de la mise en marché. 

7 Beaujolais à l’aveugle

L’an dernier, j’avais écrit sur ce blog que de recommander du Brouilly de Duboeuf était une suggestion un peu plate. L’auteur n’avait pas particulièrement apprécié et j’ai donc eu l’idée d’organiser une dégustation à l’aveugle de Beaujolais afin de voir comment il pourrait se débrouiller face à d’autres vins qu’un chroniqueur pourrait suggérer en remplacement.

Le Beaujolais, dans son expression la plus pure, est un vin bourré de fraîcheur et de fruit, élaboré à base de gamay. Généralement du côté léger du spectre, les amateurs de gros shiraz australiens trouveront qu’ils manquent un peu de punch, c’est personnellement un style de vin que j’adore, qui peut se montrer à la fois gourmand, terreux, fruité, funky et épicé. Reste à faire le tri et de repartir avec la bonne bouteille.

Great Beaujolais Showdown
Great Beaujolais Showdown

Voici donc, dans l’ordre de dégustation choisi au hasard, les commentaires sur les vins servis. Pour des raisons logistiques, on a dû faire une vague de 4 vins puis une vague de 3 vins. Le hasard a regroupé les 3 produits réguliers au début de la première vague. Autrement, j’ai essayé de rassembler autant des produits disponibles dans le répertoire régulier de la SAQ et des produits un peu plus pointus, tous dans la même gamme de prix.

  1. Brouilly « Sous les Balloquets » Louis Jadot 2013
    C’est probablement le vin qui a le moins bien paru de la soirée. Il a paru muet, mince et un peu acide. Toutefois, le reste de la bouteille s’était considérablement ouvert la seconde journée, conséquence du millésime 2013. (7e place, 42 points)
  2. Brouilly Georges Duboeuf 2013
    Le classique Brouilly (transvidé dans une autre bouteille pour ne pas donner d’indices aux dégustateurs) est effectivement classique. Un beau fruité, une jolie structure en bouche, rien à redire. Ceci dit, il n’était pas terriblement excitant non plus et n’a pas réellement pris d’ampleur au cours des jours qui suivent. (6e place, 34 points)
  3. Brouilly Château de la Chaize 2013
    Belle surprise que ce vin au répertoire général de la SAQ. Le nez offre un beau fruité et la texture en bouche est particulièrement bien équilibrée, entre l’acidité et la maturité. Il a reçu deux votes de deuxième place et deux votes de troisième place. (4e place, 19 points)
  4. Beaujolais Jean Foillard 2013
    Personnellement, ce fun mon préféré de la soirée. Significativement plus funky que les trois autres, avec un petit côté terreux qui vient rehausser le tout, sans sacrifier le côté glougloutant du bon Beaujolais. Il est de loin le plus complexe de cette première vague et mérite les deux votes de première place qu’il a reçu. (2e place ex aequo, 19 points)
  5. Brouilly Pierreux Pierre-Marie Chermette 2013
    D’un producteur que j’affectionne, c’était aussi le vin le plus dispendieux de la soirée, à 25,65$. Ici, classique et droiture sont les mots clés et est à recommander pour ceux qui veulent connaître ce qu’est un Beaujolais de belle facture, tout en finesse. (2e place ex aequo, 19 points)
  6. Brouilly Georges Descombes 2013
    L’autre grand gagnant de la soirée, qui a fini sur le podium de 6 des 7 dégustateurs. Un judicieux mélange de fruits et d’épices, de puissance, de pureté et de buvabilité. Si vous parvenez à mettre la main sur une des dernières bouteilles présentes dans le réseau, n’hésitez pas une seconde. (1ere place, 14 points)
  7. Maison B Perraud Le P’tit Poquelin 2013
    Tiré de l’arrivage du 23 avril de vins nature de la SAQ, ce vin a été celui qui a récolté la plus grande gamme de votes, soit entre la 6e et la première place, comme quoi les vins nature ne laissent personne indifférents… On salue à la fois son fruité pur et son caractère joyeux, mais en même temps, la texture un peu asséchante en bouche et une finale un peu amère viennent gâcher un peu le plaisir. Pour ceux qui veulent sortir de leur zone de confort. (5e place, 21 points)

Il est important de mentionner que tous les vins s’en sont bien tirés, même ceux qui ont terminé en bas de classement.

Au final, qu’en est-il de la performance du Duboeuf? Je peux maintenant continuer d’affirmer que lorsqu’on cherche un Beaujolais de belle facture, on peut trouver mieux à prix à peu près égal. Il s’agit de bien connaître son producteur et de retenir ces noms: Descombes, Foillard et Chermette.

L’ordre des vins a été choisi au hasard et j’étais le seul à connaître l’identité des vins. J’en ignorais par contre l’ordre de service. Chaque participant était invité à classer les vins de 1 à 7 et le classement était déterminé par la somme des positions. Trois vins ont terminé à égalité en nombre de points, les votes de 1ere place ont servi de départage. 

La SAQ et le vin nature

Photo: SAQ.com
Épaulé Jeté de Catherine et Pierre Breton (Photo: SAQ.com)

Le 23 avril dernier, la SAQ mettait (enfin, dirons certains) en vente un arrivage de vins natures. Dans le lot, 5 français et un italien, auxquels il faut ajouter les deux vins Naturae de Gérard Bertrand, chez qui la notion de nature est un peu plus large… Devant l’absence de définition formelle et acceptée par tous pour le concept de vin nature, je vous invite à lire l’article Natural wine: it’s complicated, naturally écrit par Rémy Charest il y a déjà quelques années, qui fait un excellent tour d’horizon des différents points de vue sur ce type de vins.

Initialement disponibles dans une vingtaine de succursales choisies dans la province ainsi que sur SAQ.com pour minimiser le transport de ces vins plus fragiles, ils se sont assez bien vendus. Si vous pensiez que le vin nature était interdit dans votre région, il devrait probablement être possible d’en faire transférer un peu dans votre succursale, si vous le demandez à votre conseiller.

On pouvait y boire quoi dans ce premier arrivage? Un superbe Cabernet Franc de chez Catherine et Pierre Breton, aromatique et glougloutant à souhait ou du gamay au fruit croquant du Beaujolais ou de la Loire.

L’expérience a été suffisamment concluante pour la SAQ puisqu’une nouvelle vague sera mise en disponibilité dans un arrivage Cellier au mois d’octobre. Pour l’instant, on ne sait que les produits recherchés devraient être entre 18$ et 25$, un segment que la SAQ cible particulièrement. Si vous avez manqué la première vague ou si vous êtes intéressés par ce genre de produits, gardez l’oeil ouvert pour l’arrivée de cette nouvelle vague!

 

Trois conseils pour dénicher des vins en importation privée

On entend de plus en plus parler de produits en importation privée, ce canal d’achats de vins parallèle aux tablettes de la SAQ. Par contre, pour quelqu’un qui commence, ce monde peut être intimidant et déroutant.

Pourtant, commander des vins en importation privée est somme toute assez simple:

  1. Vous trouvez le produit qui vous intéresse
  2. Vous contactez l’agence qui le représente au Québec pour passer la commande avec eux
  3. Vous ramassez le produit et payez directement à la SAQ (et parfois aussi une partie des frais à l’agence).

Le principal défi réside dans la première étape, puisque le monde des IP est particulièrement vaste. On estime que le nombre de produits disponibles en importation privée est supérieur à l’offre de produits dans les succursales de la SAQ. Voici donc trois conseils qui permettront de vous y retrouver et de dénicher ces produits d’exception.

1 – Avoir des sources de confiance

Bill Zacharkiw - Source: twitter.com
Bill Zacharkiw – Source: twitter.com

Il est évidemment impossible de tout goûter et il est parfois nécessaire d’acheter « à l’aveugle »… Heureusement, certains membres des médias se dévouent pour vous et publient leurs commentaires. Encore faut-il que le palais du commentateur soit compatible avec le vôtre, mais lorsque vous avez trouvé, vous savez que vous pouvez vous fier au jugement de celui-ci.

Parmi mes sources dignes de confiance, on retrouve Le Sommelier Fou, Brett Happens lorsque je veux un peu un vin un peu plus funky (qui maintient une superbe liste des agences d’importation au Québec) et Bill Zacharkiw. Montez la vôtre et partagez-la dans les commentaires!

2- Profitez de toutes les occasions pour goûter

C’est évidemment en goûtant autant que possible qu’on se construit un bagage et qu’on vient à découvrir des produits. Par exemple, il ne faut pas manquer le Salon International des Vins et Spiritueux de Québec, du 13 au 15 mars prochain. C’est l’occasion de pouvoir essayer plusieurs vins différents, discuter avec les producteurs et agents qui seront présents et, surtout sortir des sentiers battus.

À Montréal, les activités sont particulièrement intenses au mois de novembre, mais restez à l’affût des nouvelles émanant des différents bars à vins de la ville (Pullman, Vin Papillon et Les Cavistes). Aussi, le festival Montréal en Lumières, qui aura lieu du 19 février au 1er mars, offre toujours un volet gastronomique intéressant qui met en vedette la Suisse cette année.

3- Les vins à emporter

Initialement issu d’un jugement qui autorisait St-Hubert à offrir des produits alcooliques avec des repas à emporter, le concept a été repris par certains restaurateurs. Ainsi, à l’achat d’un repas à emporter, il est aussi possible d’acheter une (ou plusieurs) bouteilles de vin. Un pionnier dans le domaine à Québec est Le Moine Échanson, qui propose une importante sélection de vins natures. On retrouve aussi le même concept chez Nina Pizza Napolitaine, qui offre une petite sélection lorsqu’on choisit d’emporter chez soi la meilleure pizza en ville.

Le Moine Échanson. Photo: Caroline Décoste - www.jesuissnob.com
Le Moine Échanson. Photo: Caroline Décoste – www.jesuissnob.com

Par contre, la réglementation fait que le vin ne doit pas être sur la carte régulière du restaurant (ou sinon, il doit être vendu avec le markup habituel du restaurant). Les restaurants qui appliquent ce concept de la bonne manière maintiennent deux listes différentes, ce qui permet de toujours avoir une belle disponibilité de produits.

Le monde des importations privées est vaste, il n’en tient qu’à vous d’aller le découvrir!