Mes résolutions vinicoles 2012

3 janvier 2012

Eh oui, déjà une année de plus derrière nous… Parmi les traditions qui reviennent année après année, les résolutions de la nouvelle année sont un must. Les pubs de remise en forme et d’exerciseurs sont de retour sur nos écrans, ce qui devrait nous porter à nous questionner sur comment on veut orienter nos décisions vinicoles pour l’année qui s’en vient!

Photo: Fr Antunes, flickr

Photo: Fr Antunes, flickr

Boire moins, mais mieux

Récemment, on a ouvert un vin qui avait été acheté afin de combler une caisse à la SAQ Dépôt. Nous ne l’avons pas aimé du tout, il s’est avéré être un concentré de 2×4, tout à l’opposé du type de vin que j’apprécie. La leçon que cette bouteille nous donne est qu’il faut mieux choisir ce qu’on met dans notre verre.

La vie est trop courte pour boire du vin que je n’aime pas. En 2012, je veux mieux choisir ce que je décide mettre dans mon verre.

Participer à plus de dégustations

C’est souvent lors de dégustations en groupe qu’on fait les plus belles découvertes, qu’on n’aurait pas pu faire autrement. Avec des comparses inventifs, curieux et passionnés, on peut alors sortir de notre zone de confort et ouvrir des fioles qui seraient autrement restées sur les tablettes de la SAQ.

Que ce soit participer plus avec la gang de Québec de Fouduvin.ca ou partir un petit club de dégustation avec des amis, je veux créer plus de ce genre d’occasions en 2012.

Acheter des vins en plusieurs exemplaires

Dans ma cave, on retrouve plusieurs bouteilles en exemplaire unique. Malheureusement, ceci implique qu’il ne m’est pas possible de suivre l’évolution d’un vin dans le temps. Il est temps que ça change! Après avoir effectué la recherche nécessaire sur le vin et idéalement après l’avoir goûté (voir prochain précédent!), je dois en acheter plus d’une copie afin de ne pas se sentir mal d’en ouvrir une rapidement alors qu’on laisse les autre filer pour quelques années.

Découvrir ce qui se fait tout près

Comme j’ai plu l’expérimenter à TasteCamp en mai dernier, il se fait du très bon vin chez nos voisins ontariens. Toutefois, ils sont trop peu représentés dans ma cave. La SAQ recense 96 vins ontarien dans son portfolio, ce qui est trop peu à mon avis. La découverte ne sera pas facile, mais je me devrai de tirer parti de toutes les opportunités que j’aurai.

Écrire plus et, surtout, mieux

Au cours de 2011, j’ai publié 38 articles sur Chez Julien, sur une base plutôt irrégulière. Toutefois, avec près de 8000 visiteurs au courant de l’année (~20% de plus que l’année dernière!), je suis encouragé à redoubler d’efforts. Cette année, je souhaite devenir un meilleur blogueur à la lumière de ce que Richard Auffrey demande à tous de faire.

De votre côté, vous allez prendre des résolutions pour l’année qui vient? Si oui, je serais bien intéressé à les connaître!


Washington et Oregon vinicole à Montréal en Lumière

30 novembre 2011

À chaque année, le festival Montréal en Lumières fait le bonheur (ou l’envie) des foodies du Québec. Cette année, le volet vin se concentre sur les vins de Washington et de l’Oregon.

Parmi la douzaine d’événements qui compose ce volet, on note particulièrement la visite de Sean Boyd de Rôtie Cellars chez Les Cons Servent et au Pullman ainsi que celle du Domaine Drouhin Oregon chez Renoir.

Les vins de Rotie Cellars récoltent régulièrement des critiques élogieuses et une bouteille ouverte l’an dernier lors de TasteCamp en avait impressionné plusieurs. Quant au Domaine Drouhin, leurs vins peuvent convaincre à peu près n’importe qui qu’il se fait du pinot noir de très haut niveau dans le nord-ouest des États-Unis.

Est-ce que ces activités seront suffisantes pour nous faire conduire jusqu’à Montréal pour ue soirée? Je ne sais pas, mais je me croise les doigts secrètement pour que certains vignerons fassent le détour jusqu’à Québec!


La fin prochaine d’une absurdité?

7 novembre 2011

Depuis un certain temps, on vante les mérites des vins de Prince Edward County et de la région du Niagara. Comme ces deux régions ne sont pas très loin du Québec, il est tentant d’aller y passer des vacances.

Gare à vous si vous tombez en amour avec les vins. Selon la loi sur l’importation des boissons enivrantes, il est illégal de traverser une frontière interprovinciale en possession de bouteilles de vin. De plus, le vignoble n’a pas le droit d’expédier des bouteilles directement chez le consommateur. Cette loi, à peine modifiée depuis 1928, transforme plusieurs personnes en dangereux criminels.

Heureusement, on commence à voir un début d’ouverture. Le projet de loi privé C-311, proposé par le député conservateur d’Okanagan-Coquihalla Dan Albas, vise à permettre le transport et l’expédition de vin au-travers des frontières inter-provinciales pour la consommation personnelle. Avec la vitesse à laquelle les choses bougent lorsqu’on parle de politique, on ne passera pas une commande tout de suite, mais il est bon de voir que je ne suis pas le seul à trouver cette situation absurde.

Quelques liens complémentaires:


AOC – Appellation Olivier Cousin

3 octobre 2011

On apprend aujourd’hui via le blog d’Alice Feiring qu’Olivier Cousin, vigneron à Anjou, dans la Loire a des problèmes avec l’INAO, l’organisme en charge des règles de production et de classification des vins en France 1

Olivier Cousin. Photo trouvée sur le superbe site de Raffaele Bonivento (http://www.raffaelebonivento.com/)

Olivier Cousin. Photo trouvée sur le superbe site de Raffaele Bonivento (http://www.raffaelebonivento.com/)

Depuis près d’une dizaine d’années, Olivier Cousin produit des vins sous l’appellation de Vin de Table, jugés atypiques par le comité d’agrément de l’appellation, donc ne pouvant pas se réclamer de l’appellation géographique d’où ils sont issus. Toutefois, il a récemment produit un vin sous l’appellation AOC: Appellation Olivier Cousin! Traduit en justice pour avoir nui à l’appellation, il vient d’écoper d’une amende salée de 30 000 Euros, une petite fortune pour un producteur possédant que 5 hectares de vignes.

J’ai pu goûter à son chenin blanc il y a quelques semaines au Moine Échanson à Québec et je comprends pourquoi les gens de l’INAO trouvent pourquoi la production d’Olivier Colin ne cadre pas avec leurs catégories. On pouvait y reconnaître les caratéristiques du chenin, des notes florales, de pêches et de miel, tout en conservant une bonne acidité. Toutefois, on y retrouvait aussi des petites touches d’oxydation et une profondeur impressionnante. Il ne s’agit visiblement pas d’un vin facile ou accessible, mais dans les bonnes conditions (ou si on est ouvert à l’aventure et la découverte), la magie peut opérer…

Olivier Colin n’est pas le seul dans sa situation et plusieurs petits vignerons atypiques sont victimes des règles plutôt rigides imposées par l’INAO. Au Québec, on doit en plus se plier aux règles aussi rigides de la SAQ, à moins de se tourner vers l’importation privée. On finit quand même par trouver ces vins hors-normes, mais il faut savoir où chercher.

Quoi faire donc pour encourager la production de ces vignerons? Dans le cas d’Olivier Colin, on peut manifester son mécontentement à Sylvie Augereau (sylaugereau (A) wanadoo.fr) qui se chargera de faire le lien avec les autorités compétentes. De manière plus générale, le pouvoir du consommateur est de parler avec son porte-feuille. Acheter un vin, le partager avec des amis et le faire découvrir, c’est le meilleur moyen d’encourager l’artisan à continuer son travail. Puisque après tout, derrière chaque étiquette se cache un vigneron et son équipe qui se dédient à produire un vin de qualité, qu’il cadre ou non dans des standards définis.

  1. L’INAO est aussi en charge des appellations pour les autres produits alimentaires, comme le fromage. En fait, tout ce qui porte une mention protégée en France est géré par l’INAO.

Une petite odeur de bouchon

12 juin 2011

Récemment, lors de Tastecamp, David Sheppard, vigneron chez Coyote’s Run Estate affirmait sans l’ombre d’une hésitation que tous ses vins étaient embouteillés avec une capsule à vis. « I have no tolerance for cork taint! »

Les rapports divergent sur l’ampleur du problème de la contamination au 2, 4, 6-trichloro-anisole, communément appelé TCA. C’est cette molécule présente dans le liège sous certaines conditions, qui donne le nez de carton humide, de fond de cave si désagréable dans un vin.

Bouchons. Hey Mr Glen, sur flickr

Bouchons. Hey Mr Glen, sur flickr

Les estimations de l’ampleur du problème varient grandement. Certaines études (principalement commanditées par des manufacturiers de bouchons) estiment à environ 1% le taux de contamination 1 2. Des études plus indépendantes estiment ce pourcentage de manière plus réaliste autour de 5%, et même plus 3.

À la SAQ, il est possible d’obtenir un remboursement pour une bouteille bouchonnée achetée lors de la dernière année, car on considère que le produit était défectueux lors de son achat. Puisque la contamination aux TCA ne peut pas être engendrée par la garde d’un vin, la politique a été amendée en 2008 suite à des contestations de clients.

RÈGLES SPÉCIFIQUES APPLICABLES AUX VINS BOUCHONNÉS :

  • Sans preuve d’achat : Les vins bouchonnés achetés depuis plus d’un an ou pour lesquels le client ne détient pas de preuve d’achat peuvent être remboursés, à condition qu’ils soient toujours inscrits au répertoire de la SAQ et que la valeur unitaire du produit n’excède pas 100 $.
  • Si le millésime du produit bouchonné n’est plus commercialisé au moment de la demande de remboursement ou que la valeur unitaire du produit excède ou est estimée à plus de 100 $, l’employé ne peut effectuer de remboursement. Il doit obtenir au préalable l’autorisation du Centre d’Aide et Dépannage avant d’effectuer le remboursement et aviser le client que sa demande sera traitée dans un délai de 72 heures.
  • La SAQ ne rembourse que le prix payé par le client. En l’absence de preuve d’achat, le montant du remboursement ne pourra excéder le prix le plus bas auquel le produit a été vendu, pour ce millésime, depuis son introduction au répertoire. Lorsque requis contacter le Centre d’Aide et dépannage afin d’obtenir une certification du prix.

Jusqu’à ce moment, tout semblait beau. Toutefois, il semble que l’application de cette politique ne soit pas si facile qu’il n’y paraît. Dans un premier temps, en mars dernier, la LCBO (qui a une politique similaire à la SAQ) a découvert une fraude dans laquelle un Amarone a été rapporté comme inapte à la consommation alors que les bouteilles contenaient plutôt du vin rouge bon marché.

Depuis ce temps, les conseillers de la SAQ semblent être plus prudents, de manière consciente ou non. Sur le fouduvin.ca, on rapporte deux cas où les bouteilles ont été envoyées au laboratoire de la SAQ. Dans le premier cas, trois bouteilles ouvertes dans un espace de 10 jours ont été décrétées bouchonnées. Le deuxième cas est un Barbaresco 2000 de Gaja qui a été déclaré comme « trop vieux » par le laboratoire. On a donc appris que la manière d’évaluer si une bouteille est bouchonnée par la SAQ est d’utiliser le nez des employés du labo. Dans les deux cas, les explications de la SAQ n’ont convaincu personne.

Dans les deux cas, il s’agit visiblement de cas où le service à la clientèle a connu des ratés. Toutefois, ces deux cas cachent un problème plus profond sur la mécanique de retour des produits défectueux. Il faut trouver un juste équilibre entre la possibilité de retourner un produit défectueux, s’assurer que les produits sont bel et bien défectueux et prévenir les fraudes.

Il n’y a pas de solution parfaite pour arriver à ce compromis. On pourrait imaginer une politique de retour bonifiée pour les clients qui acceptent que leur historique d’achat et de retour soit enregistrée (proposée par Le Cave à Vins, dans la discussion sur fouduvin), couplée à un programme d’analyse afin de définir des statistiques plus précises sur la véritable situation des bouteilles bouchonnées à la SAQ. De plus, la politique définie par la SAQ devrait être communiquée clairement aux employés de manière à ce que tous soient au courant et que l’expérience client soit correcte et constante d’un employé à un autre.

Il n’est jamais plaisant d’ouvrir une bouteille bouchonnée mais tant que le phénomène existe et que la SAQ offre une garantie contre ce défaut, il faut s’assurer que ce désagrément soit minimisé pour tous, client, vendeur et producteur inclus.

  1. http://corkfacts.com/pdffiles/B2B_N0.27_French.pdf
  2. http://www.winebusiness.com/wbm/?go=getArticle&dataId=68058
  3. http://articles.sfgate.com/2005-01-27/wine/17357099_1_plastic-cork-screw-cap-wine-business-insider