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Jouer à l’été

Photo: saq.com

Photo: saq.com

Novembre et début décembre. Il fait froid. Il fait noir. Parfois, on a envie que ça soit l’été.

Pour que ça le soit dans notre verre, l’idéal est de commencer avec la soirée avec un Port-Tonic, l’antidote parfait à ce temps un peu plate.

C’est tout simple. On prend une dose de porto blanc (j’ai pris le Ferreira, disponible à peu près partout et la seule grande maison de Porto qui a toujours été propriété portugaise) à laquelle on ajoute 2 doses d’eau tonique. Points bonus si on prend un tonic artisanal comme le 3/4 oz. tonic maison, un super produit québécois.

Le reste est de laisser aller sa fantaisie. J’aime bien avec un peu de lime et de menthe,  ça rajoute l’acidité parfois manquante dans le porto blanc et un bon coup de soleil.

Pour faire contraste, on sirote le tout devant un feu de foyer en pensant à l’été et aux vacances qui s’en viennent. La saison à laquelle on fera ce drink en quantités industrielles pour tous les amis.

Comfort food. Comfort Wine.

Les accords mets et vins ont parfois la réputation d’être compliqués et de demander de bien connaître les interactions entre le vin et la nourriture sur le bout des doigts. Il y a toutefois quelques accords tout simples qui fonctionnent à tout coup.

Sangiovese di Romagna de Poderi dal Nespoli

Sangiovese di Romagna de Poderi dal Nespoli

Mon comfort food par excellence est une généreuse portion de pasta all’arrabiata, une sauce toute simple à base de tomates, de pancetta et de peperoncino. Un grand classique italien facile à préparer qui me rend heureux à chaque fois.

Côté vin, pas besoin d’aller chercher bien loin, l’accord régional fonctionne parfaitement. Un vin italien à base de sangiovese va particulièrement bien avec les plats à base de tomate comme celui-ci. On pourrait aller piger en Toscane, plus particulièrement dans le Chianti, où il y a amplement de choix pour s’amuser.

La dernière fois, j’ai plutôt opté d’aller du côté de l’Émilie-Romagne, chez Poderi dal Nespoli. Domaine fondé en 1929, leur cuvée Prugneto, faite des plus vieilles vignes du domaine, est disponible sur les tablettes de la SAQ pour 20$.

Légèrement timide à l’ouverture de la bouteille, il s’est rapidement épanoui dans le verre avec un nez de fruits bien murs et des notes épicées. Plaisant et généreux, tout en conservant une certaine retenue. C’est surtout son acidité en bouche qui lui permet de bien s’agencer avec la tomate de la sauce et d’offrir toute la fraîcheur désirée. Tous deux se complémentent à merveille et même si ce n’est pas nécessairement l’accord le plus original, il fonctionne tellement bien qu’on serait fou de s’en passer!

Merci à Elixirs Vins et Spiritueux, qui m’a fourni la bouteille en échantillon, j’en ai racheté par la suite! 

Du Champagne moins cher!

Dans un communiqué récent à l’intention des agences d’importation et des fournisseurs, la SAQ mentionne qu’elle révisera son taux de majoration sur les Champagnes à partir du 2 avril prochain.

Afin de mieux équilibrer et harmoniser ses gammes de prix dans son offre de bulles, la SAQ a révisé à la baisse sa majoration sur les champagnes.

Alors que dans la catégorie des vins, le consommateur peut trouver des produits dans toutes les gammes de prix, des écarts importants de prix subsistaient entre les mousseux et les champagnes.

De plus, pour la période des Fêtes, la SAQ introduira 5 nouveaux champagnes dont le prix de détail se situera sous la barre des 40$. Dans cette catégorie, le produit le moins cher est actuellement le Chanoine Frères Grande Réserve Brut, qui se détaille à 43.75$. Malgré l’introduction de quelques produits en entrée de gamme, un écart de prix important subsistait entre ces champagnes et des mousseux souvent comparables.

Montagne de Reims - moulin de Verzenay (Source: Flickr.com)

Montagne de Reims – moulin de Verzenay (Source: Flickr.com)

Cette introduction est la bienvenue, puisque la différence de prix pour ces produits entre ce que nous offre la SAQ et ce qu’on peut trouver ailleurs sur la planète, entre autres aux États-Unis, est particulièrement grande. C’est un obstacle qui diminue pour découvrir le travail des petits producteurs de la région, auxquels la SAQ semble apporter un peu plus d’attention récemment.

3 attitudes à développer cette année

Ajoutez une unité au compteur des années, rangez le sapin de Noël et on recommence à neuf! Afin de passer une bonne année 2014, voici trois attitudes que je vous souhaite de développer: responsabilité, curiosité et indépendance.

Être responsable

La situation au Québec est plutôt unique dans le monde: la SAQ détient un pouvoir d’achat important et la consommation de vins locaux est très faible au Québec (mais c’est un tout autre débat…). Au final, le consommateur québécois a accès à un portfolio impressionnant de vins provenant d’un peu partout sur la planète et c’est selon moi, une des plus grandes forces de notre monopole provincial.

C’est donc à nous en tant que consommateur à profiter de ce grand portfolio. La SAQ va reconduire que les produits qui sen vendent bien et sera obligée de faire des ventes éclair pour écouler le Château Simard 1998 qu’elle n’arrive pas à vendre… On doit donc voter avec notre porte-feuille et acheter les vins qui, selon vous, devraient être vendus à la SAQ. Vous êtes tannés ou déçus de voir le Ménage à Trois et ses comparses sucrés au devant des étalages? Achetez autre chose et convainquez vos amis de faire de même! Au final, tout le monde sera gagnant.

Comme le mentionne à juste titre Bill Zacharkiw dans la Gazette la semaine dernière, la responsabilité s’étend aussi aux membres des médias et aux sommeliers qui doivent guider les amateurs dans cette quête de nouveaux vins. Le rôle n’est pas de faire la morale, mais plutôt d’agir à titre de guide et de mettre en lumière certains vins qui auraient été ignorés autrement.

Être curieux

Vignoble de Bourgogne - Abac077@Flickr.com

Vignoble de Bourgogne – Abac077@Flickr.com

Parmi les 8666 vins listés dans le catalogue de la SAQ, il doit bien en avoir deux ou trois que vous n’avez pas essayé…! Dans le même ordre d’idées, Wine Grapes, la bible des cépages de Jancis Robinson, Julia Harding et José Vouillamoz liste 1368 cépages vinifiés commercialement. Alors, pourquoi toujours se limiter au cabernet-sauvignon, au chardonnay et au sauvignon blanc? Et encore là, si vous êtes fan de la Bourgogne, il y a certainement une parcelle au nom pittoresque que vous n’avez pas exploré encore…

Être curieux, c’est aussi s’intéresser à ce qu’on a dans notre verre et toujours chercher à en savoir plus. Que ce soit en allant lire sur le site du producteur, sur les forums de discussion (comme Fouduvin.ca) ou en cherchant à savoir d’où le vin vient et pourquoi on le trouve meilleur (ou moins bon!) qu’un autre ou un bon livre d’introduction comme Vive le vin, de Karyne Duplessis-Piché. N’hésitez surtout pas à vous lancer: si vous êtes capables de parler d’un plat devant vous, vous pouvez certainement parler du vin dans votre verre. De toute manière, le langage utilisé par les pros dans les notes de dégustation, c’est un peu inutile pour bien des gens…

Devant l’étalage, on a parfois besoin d’une petite poussée dans le dos pour choisir l’inconnu plutôt qu’une fiole avec laquelle on est bien confortable, mais la déception occasionnelle sera fort certainement outrepassée par les nombreuses découvertes.

Être indépendant

Les préférences de chacun en matière de vin sont bien personnelles et en ce sens, la variété offerte par la SAQ permet à un peu tout le monde d’y trouver son compte. Afin de développer votre curiosité (voir #2), c’est parfait. Mais pour s’aider, il est toujours bon de se faire guider un peu. Apprenez à connaître vos sources de conseils car ce n’est pas parce que c’est écrit dans le journal que le vin sera forcément dans vos cordes. De mon côté, j’ai quelques sources que je peux suivre aveuglément, je vous invite à trouver les vôtres.

Surtout, il ne faut pas oublier que c’est en goûtant qu’on forme notre palais et qu’on fait notre propre trace dans le monde du vin.  Fiez-vous à vos instincts, goûtez, regoûtez et partagez car c’est avec des bons amis autour d’une (ou plusieurs) bouteilles de vin que la magie opère vraiment.

Note: Suite à l’écriture de cet article, je suis tombé sur cet excellent texte de Véronique Rivest, qui tient à peu près le même discours. Faites-vous confiance, à bas le snobisme et apprenez à explorer. On aurait difficilement pu mieux connecter. 

L’index du carnet de dégustation

La liste des vins commentés sur le site est désormais accessible dans le menu du site, sous la rubrique Dans le carnet de dégustation. Cette page se mettra à jour automatiquement avec les nouveaux articles, alors n’hésitez pas à y revenir souvent!

 Photo: Pascal MOUISSET - Pascal OLIVIER - 2009

Photo: Pascal MOUISSET – Pascal OLIVIER – 2009

Je constate une grande évolution au sein même de mes notes de dégustation… Disons simplement que je suis un peu moins fier de mon contenu d’il y a 3 ans que celui d’aujourd’hui… Cette nouvelle page vous donnera un accès plus rapide aux archives et vous serez à même de constater les dégâts… Mais bon,il faut bien commencer quelque part! :)

(Il reste un petit bug que je n’ai pas encore élucidé et certains vins refusent d’apparaître dans la liste… J’y travaille activement afin d’avoir une liste aussi complète que possible…!)