Zoné Vin! prend son envol

5 décembre 2010

Pour sa deuxième édition, Zoné Vin, un événement situé à mi-chemin entre un salon des vins et un 5 à 7 entre amis, se transporte au Cercle sur St-Joseph. La première édition, rassemblait 4 agences d’importation au Quai des Cageux, un magnifique espace sur le bord du fleuve St-Laurent.

Cette fois-ci, l’espace investi est moins spectaculaire, mais plus grand et mieux adapté à la foule qui s’est présentée en septembre dernier. De plus, on a pu faire la connaissance de 10 agences et profiter de tapas sortant tout juste des cuisines du Cercle. Que des additions qui sont les bienvenues et on contribué à rendre la soirée plus complète.

Cuvée de la Diable - Ferme Desrochers

Cuvée de la Diable - Ferme Desrochers

Plusieurs produits ont retenu l’attention, à commencer par la Cuvée de la Diable, un hydromel liquoreux produit par la Ferme Desrochers, située dans la municipalité de Ferme-Neuve, dans Lanaudière. Reconnus pour leur production de miel, ils produisent aussi cet hydromel, vieilli en barriques pendant 46 mois (!), sous voile (!!). Le résultat est particulièrement impressionnant: très complexe, le sucre est bien équilibré et la finale possède une belle longueur. Un produit original qui va sûrement prendre une place de choix dans ma liste de vins de dessert. En prime, c’est même disponible à la SAQ, pour 16$ la demie.

Chez l’ami Rémy Charest, qui représente l’agence Insolite Importation, on a pu goûter une superbe petite arvine de chez René Favre et Fils. Cépage indigène où se mêle joyeusement parfums tropicaux et une finale saline et minérale, la petite arvine est cultivée presque uniquement en Suisse (et un peu dans le nord de l’Italie). Un blanc dépaysant qui vient en cartons de 6, ce qui permet d’en commanderplus facilement que s’il venait en caisse de 12, comme plusieurs importations privées.

Mon top 3 de la soirée est complété par le Prosecco Crede 2009 du domaine vénétien Bisol, disponible à la SAQ et importé par Oenopole. Léger, festif, avec un peu de sucre résiduel qui ajoute un peu d’opulence à l’ensemble. Que c’est bon du Prosecco!

Cet événement nous fait dire: « Vivement le prochain Zoné Vin! »


Gran Viña Sol 2001

27 novembre 2010

Gran Vina Sol

Gran Vina Sol

On ignore souvent le potentiel de vieillissement des vins blancs, croyant que seuls les vins blancs haut-de-gamme pouvaient se prêter à un repos prolongé en cave. Toutefois, lors d’une soirée organisée à la maison, j’ai eu une belle démonstration du contraire.

On connaît le Gran Viña Sol de la maison espagnole Torrès comme étant un exemple typique d’un vin espagnol moderne. J’ai comme souvenir d’un vin résolument assez boisé et international, mais très bien fait dans le style. Bref, le genre de vin que tout le monde peut aimer sans difficulté.

Toutefois, le millésime 2001, oublié pendant près de 8 ans dans la cave d’un ami, a su confirmer les qualités qu’on pouvait entrevoir lorsque le vin est jeune. Le boisé est bien intégré, le nez est plus complexe, l’acidité est un peu plus en retrait, mais toujours présente et qui garde le tout en équilibre. Même si 2001 est un très bon millésime (sans toutefois être exceptionnel) selon Miguel Torrès, il a su viellir en beauté et offre beaucoup de plaisir présentement.

Bref, une bien belle bouteille qui nous incite fortement à coucher quelques uns de ces vins pour plusieurs années et qui nous montre qu’il n’est non plus pas nécessaire de payer le gros prix pour obtenir une belle expérience à moyen et même long terme.


Soave Classico Pieropan 2008

5 août 2010

Lorsqu’on évoque le Soave, ou de manière plus large les vins blancs du Veneto, on pense d’abord à des vins un peu ennuyants, faciles à boire mais sans personnalité. Afin de contrer cette perception (et d’augmenter leur reconnaissance sur le marché mondial), certains producteurs ont choisi d’ajouter du Chardonnay ou du Sauvignon Blanc et de faire vieillir en barriques aux traditionnels Graganega et Trebbiano en cuves. Certains, comme Leonildo Pieropan, ont plutôt choisi de se concentrer à optimiser la qualité de l’assemblage traditionnel afin de donner le meilleur vin possible. La philosophie de Pieropan a été bien résumée par Matt Kramer dans Making Sense Of Italian Wine:

No oak. No chardonnay. The real thing.

Pieropan Soave Classico 2008

Pieropan Soave Classico 2008

Vendanges manuelles, le moins d’engrais (biologiques…!) possible, l’assemblage traditionnel de Graganega et Trebbiano, une expérience de 40 vendanges: toutes des raisons pourquoi les vins de Pieropan reçoivent régulièrement des critiques favorables de Gambero Rosso. Leurs 16 Tre Bicchieri (la récompense maximale donnée par Gambero Rosso) sont auant de raisons qui nous poussent à essayer leurs produits.

Leur Soave Classico 2008, en vente à moins de 20$ à la SAQ est tout à fait le type de vin blanc que je recherche et apprécie. Droit et honnête, on y retrouve au nez des notes de melon miel et de fleurs blanches. La bouche est bien minérale soutenue par une acidité vivifiante, ce qui en a fait un accompagnement parfait pour les linguine alle vongole (linguine aux palourdes), au goût de la mer bien présent. Et avec seulement 12% d’alcool par volume, les qualités rafraîchissantes de cet assemblage de 85% de Garganega et 15% de Trebbiano ont été particulièrement mises de l’avant lors de cette chaude soirée d’été.

Le Soave Classico est leur vin d’entrée de gamme, mais on retrouve aussi dans leur gamme deux cuvées provenant de crus spécifiques dans le Soave, La Rocca et Calvarino. Le premier est entièrement fait de Garganega tandis qu’on retrouve 30% de Trebbiano (l’assemblage classique de Soave) dans le second. Ils produisent aussi deux vins de dessert, un Recioto del Soave et un Passito. Dans le cas de tous ces vins, je n’ai pas eu encore la chance d’y goûter, mais l’expérience avec leur simple Soave démontre que ce sont des producteurs sérieux et que le reste de leurs produits doit être fait avec la même attention aux détails. Un producteur à découvrir, si ce n’est pas déjà fait.


Sottimano – Maté 2008

17 février 2010

Sottimano Maté 2008

Sottimano Maté 2008

L’été dernier, lors de notre voyage en Italie, nous avons eu la chance d’avoir été reçus chez Andrea Sottimano, à Neive. En préparation à notre visite, j’ai été intrigué par un phrase dans l’article de la revue Cellier consacrée à ce producteur. Sa mère, qui s’occupe des finances de l’entreprise (tout est très familial dans le Piedmont), ne comprenait pas pourquoi son père et lui s’entêtaient à conserver un hectare de brachetto, qui ne produit et ne rapporte presque rien.

Issu d’une production presque confidentielle, à peine 3800 bouteilles et très peu distribué, le Maté 2008 est fait à partir de ces vieilles vignes de brachetto situées près de Treiso. Normalement, le brachetto est vinifié afin de donner un vin frizzante, donc légèrement effervescent, un peu à la manière du Lambrusco produit en Émilie-Romagne. Dans ce cas-ci, le brachetto est plutôt vinifié afin de donner un vin tranquille, ce qui fait du Maté de Sottimano un vin plutôt unique.

Servi à l’aveugle, il a su confondre un palais bien expériementé. À l’oeil, sa pâle coloration pourrait le faire passer incognito dans une vague de pinots. Toutefois, le nez vient contredire cette première impression. On y retrouve un vin très expressif, floral et épicé, le fruit restant bien en retrait. Tout à fait atypique, il fait alors penser à un croisement entre de la syrah et du gamay. La bouche suit, avec l’acidité typique aux vins italiens et toujours dominée par les épices. Il est très digeste, avec un faible pourcentage d’alcool (12,5%), des tannins soyeux et une finale légèrement salée. Délicieux et un peu déroutant.

Somme toutes, il s’agit d’un vin que l’on aime servir à l’aveugle afin de surprendre ses invités ou d’étendre ses propres expériences de dégustation. On n’a pas souvent l’occasion de rencontrer l’expression d’un terroir aussi particulier et c’est une expérience qu’on ne devrait pas manquer.

Grazie mille Andrea. È la prima dei miei tre bottiglie della cantina, sono impaziente d’aprire le altre due!


Un espagnol indigène avec des racines françaises

9 décembre 2009

Lorsqu’on évoque des familles viticoles françaises, les Lurton sont souvent parmi les premiers énumérés. Propriétaires de châteaux bordelais depuis le début du 20e siècle, le famille oeuvre maintenant dans 27 domaines différents, pour un total de 1300 hectares de vignes.

Hermanos Lurton Verdejo

Hermanos Lurton Verdejo

Bien que le vignoble familial soit principalement concentré à Bordeaux, Jacques et François Lurton ont décidé de prendre le large. D’abord comme consultants, puis comme viticulteurs dans le Languedoc dans les années 1980. Au début des années 1990, ils fondent d’autres domaines, en Argentine, au Chili, en Espagne et au Portugal. En Espagne, ils décident de s’installer dans le Rueda, au nord-ouest du pays, avec l’intention de faire du sauvignon blanc. Ils optent finalement pour un cépage local, le verdejo.

Le choix s’avère judicieux. Le vin respire les fruits blancs (pêche, poire) avec certaines notes florales. En bouche, l’attaque est franche, sans que l’acidité soit dominante, et se termine sur une petite touche de miel et une finale un peu sucrée. À choisir une pastille de goût de la SAQ, j’opterais pour Aromatique et Souple, même si celle-ci n’est utilisée que pour les vins rouges. Aromatique, parce que le nez est ce qu’on remarque tout d’abord dans ce vin et souple parce qu’il peut s’accorder assez bien avec toutes sortes d’accompagnements, par exemple le pad thaï de cette soirée-là.

Offert pour 15,65$, il s’agit définitivement d’une bonne affaire et est certainement sur la liste d’achat des produits de tous les jours.

★★½☆☆ – Code SAQ: 727198 – 15,65$