La pertinence des machines distributrices

25 février 2010

La SAQ est en train de moderniser son image de marque et rénove peu à peu ses succursales. Alors que le très discuté système des pastilles de goût est déjà implanté dans toutes les succursales, le nouveau concept des SAQ Sélection est quant à lui déployé graduellement.

Station de dégustation

Station de dégustation

Si le concept des pastilles vise d’avantage l’amateur moyen pour l’inciter à s’aventurer vers de nouveaux produits dans sa palette de goûts, l’introduction de machines distributrices pour la dégustation s’adresse plutôt aux amateurs curieux voulant essayer des nouveaux produits avant d’acheter une bouteille.

Une portion de dégustation, environ 30 ml, permet de se faire une bonne idée d’un vin, ou de s’offrir une belle expérience de dégustation qui ne pourrait pas être possible autrement. Ainsi, lors de ma visite à la toute nouvelle SAQ Signature de Québec, on retrouvait de bien beaux produits en dégustation, dont le Vega Sicilia Unico 1998, pour la modique somme de 17,50$. Puisqu’il s’agit de la station de dégustation de la SAQ Signature, les produits haut-de-gamme sont légion…!

Pour ma part, dans un élan contrôlé de dégustation, j’ai choisi le Morey Saint-Denis La Forge de Tart 2006, le second vin du mythique Clos de Tart. Il va sans dire qu’il s’agit d’un vin d’exception, ma première aventure avec un pinot de ce calibre. Ce qui frappe, c’est la finesse et l’équilibre de l’ensemble. Le nez est charmeur et bien ouvert (probablement aidé par la garde plus longue qu’à l’habitude en bouteille ouverte). Les tanins sont bien présents mais rien n’accroche et la longueur en bouche est tout à fait impressionnante.

Un gros merci aux stations de dégustation de la SAQ de m’avoir fait vivre cette expérience de dégustation… sans pour autant vider mon portefeuille!


Sottimano – Maté 2008

17 février 2010

Sottimano Maté 2008

Sottimano Maté 2008

L’été dernier, lors de notre voyage en Italie, nous avons eu la chance d’avoir été reçus chez Andrea Sottimano, à Neive. En préparation à notre visite, j’ai été intrigué par un phrase dans l’article de la revue Cellier consacrée à ce producteur. Sa mère, qui s’occupe des finances de l’entreprise (tout est très familial dans le Piedmont), ne comprenait pas pourquoi son père et lui s’entêtaient à conserver un hectare de brachetto, qui ne produit et ne rapporte presque rien.

Issu d’une production presque confidentielle, à peine 3800 bouteilles et très peu distribué, le Maté 2008 est fait à partir de ces vieilles vignes de brachetto situées près de Treiso. Normalement, le brachetto est vinifié afin de donner un vin frizzante, donc légèrement effervescent, un peu à la manière du Lambrusco produit en Émilie-Romagne. Dans ce cas-ci, le brachetto est plutôt vinifié afin de donner un vin tranquille, ce qui fait du Maté de Sottimano un vin plutôt unique.

Servi à l’aveugle, il a su confondre un palais bien expériementé. À l’oeil, sa pâle coloration pourrait le faire passer incognito dans une vague de pinots. Toutefois, le nez vient contredire cette première impression. On y retrouve un vin très expressif, floral et épicé, le fruit restant bien en retrait. Tout à fait atypique, il fait alors penser à un croisement entre de la syrah et du gamay. La bouche suit, avec l’acidité typique aux vins italiens et toujours dominée par les épices. Il est très digeste, avec un faible pourcentage d’alcool (12,5%), des tannins soyeux et une finale légèrement salée. Délicieux et un peu déroutant.

Somme toutes, il s’agit d’un vin que l’on aime servir à l’aveugle afin de surprendre ses invités ou d’étendre ses propres expériences de dégustation. On n’a pas souvent l’occasion de rencontrer l’expression d’un terroir aussi particulier et c’est une expérience qu’on ne devrait pas manquer.

Grazie mille Andrea. È la prima dei miei tre bottiglie della cantina, sono impaziente d’aprire le altre due!


La mort du vin de table

3 février 2010

Depuis le 1er août 2009, le vin de table a disparu en France.

La dénomination de vin de table français, auparavant réservée aux vins issus d’une même région ou d’un assemblage de vins de régions françaises différentes, a été remplacée à cette date par une nouvelle catégorie répondant au nom poétique de VSIG (Vins sans indication géographique). Jusque ici, rien de vraiment nouveau…

Toutefois, la réglementation permet aux producteurs d’indiquer le cépage et le millésime sur leurs VSIG. Ainsi, un producteur peut ainsi produire un Pinot français 2006, un Merlot 2004 ou même un Poulsard 2008. Visiblement, l’objectif est de capitaliser sur la tendance cépage/pays. Ainsi, ces vins viendront compétitionner avec les sauvignons néo-zélandais ou les cabernets californiens.

Just.Luc@FlickrLes États-Unis n’apprécient guère cette modification à la réglementation française puisque cette opération vise clairement à contrer l’invasion des vins du Nouveau Monde en sol français. Ainsi, les autorités américaines n’acceptent pas la mention du millésime sur ces vins puisque dans leur réglementation, la mention du millésime sur des vins dont la provenance est simplement un pays n’est pas possible. La solution est en cours de négociation, dit-on à la Commission Européenne.

D’ici là, plusieurs producteurs resteront plutôt conservateurs, d’autant plus que le marché américain compte parmi les plus grands marchés d’exportation pour les vins français. Selon Franck Crouzet, du groupe Castel, un des plus gros producteurs de vin en France, cité dans Vitisphère:

Nous attendons de voir comment vont se positionner nos clients. A partir du moment où nous proposons déjà des vins de France et des vins de cépage IGP, il n’est pas forcément opportun de lancer des vins de cépage de France qui risquent de cannibaliser les ventes de nos produits déjà établis.

Les premiers vins de cépage français risquent d’arriver au Québec cette année, probablement dans les épiceries. On verra si ces changements redonneront un peu de vie au secteur des vins de table français, qui a perdu 16% de sa valeur au cours de l’année 2008.

Via Vitisphère.