Archives mensuelles: septembre 2009

Vernaccia di San Gimignano – Poderi del Paradiso 2008

Le Vernaccia di San Gimignano est un vin assez méconnu au Québec (la SAQ n’en commercialise qu’un seul), mais il est tout autrement en Italie, particulièrement en Toscane. Il s’agit de la permière appellation visée par les DOC en Italie, lors de leur établissement en 1966.

Après en avoir bu plusieurs cet été, j’ai décidé de faire connaître ce vin aux collègues chez Creaform en important une caisse du Vernaccia Poderi del Paradiso 2008, disponible en importation privée chez Le Maître de Chai. Surtout que l’été tirait à sa fin, ce vin conviendrait parfaitement aux dernières occasions de prendre l’apéro sur la terrasse.

L’Azienda, fondée en 1970, a grandi récemment jusqu’à une production actuelle de 150 000 bouteilles, provenant de près de 30 hectares de vignes. Le Vernaccia ici dégusté s’est vu attribué une note de 1 bichierre (1 verre sur 3) dans l’édition 2009 de Gambero Rosso.

Poderi del Paradiso

Poderi del Paradiso

Au premier abord, ce qui frappe dans le Vernaccia (de manière générale, et dans celui-ci en particulier) est sa vive acidité. On y dénote des notes de pommes, mais il paraît plutôt simple à prime abord. Toutefois, avec un peu de temps, le vin se réchauffe et devient plus intéressant. On y découvre tour à tour des notes d’agrumes, un peu plus de pommes vertes, des fleurs puis finalement une touche de miel.

Fort probablement servi trop froid, le Vernaccia a gagné en complexité en se réchauffant et son acidité un peu trop vive s’est calmé à un niveau raisonnable. Note: j’aime bien avoir une bonne acidité dans mes vins blancs, mais il ne faut pas que ça masque le reste par contre…!

Vernaccia di San Gimignano - Poderi del Paradiso 2008

Vernaccia di San Gimignano - Poderi del Paradiso 2008

Il y a donc une raison pourquoi ce vin est souvent servi à l’apéro en Italie: il est tout à fait rafraîchissant lors de chaudes soirées d’été. Par contre, au Québec au début de l’automne, il convient mieux de le servir un peu plus chaud afin de pouvoir mieux l’apprécier.

Pour près de 22$ (en incluant les frais d’agence, le prix affiché sur le web est avant ces frais), je ne pense pas qu’il s’agisse d’un bon rapport qualité-prix. Par contre, il semblerait que c’est ce qui est nécessaire afin de déguster ce Vernaccia peu usité au Québec.

Le millésime 2009 sur le web

Les nouvelles technologies ont fait beaucoup pour la transmission de l’information. Twitter et Facebook sont passés dans le vocabulaire courant et la planète nous semble toujours de plus en plus petite. Les vignerons se sont aussi approprié ces nouvelles technologies afin de nous tenir au courant de leurs opérations. Ce billet fait suite à la dernière édition des Liens en Vrac, qui s’attardait plus spécifiquement à la qualité du millésime 2009.

Vignes, RaeA@Flickr

Vignes, RaeA@Flickr

Le temps des vendanges est particulièrement occupé pour les vignerons, mais plusieurs prennent le temps de mettre à jour leur blog ou leur fil twitter afin de nous tenir au courant des progrès effectués.

Voici donc quelques liens, triés sur le volet, de vigerons blogueurs à propos du millésime 2009. On y retrouve de tout petits producteurs artisanaux aux grands domaines comme Beaucastel et Palmer.

  • Actif depuis octobre 2005, la maison alsacienne Hugel utilise à plein les outils technologiques mis à sa disposition. Les articles sur le blog, bien que peu fréquents, donnent une vue sur les coulisses de cette production familiale. Leur fil Twitter permet de rester au courant de toutes les nouvelles provenant du domaine, soit sur le blog ou sur Youtube.
  • La famille Perrin, producteur réputé dans le Rhône grâce entre autres au Château Beaucastel, semblent pour l’instant satisfaits de la qualité du millésime 2009. Signe que leurs visées sont internationales, leur fil twitter n’est malheureusement disponible qu’en anglais.
  • À première vue, Hervé Bizeul est un blogueur de talent. Il sait parler aux gens, raconter une histoire et rendre le tout particulièrement intéressant. Comble du bonheur, il est aussi vigneron. Puisqu’il s’est donné comme défi de faire un article par jour racontant ses vendanges, c’est devenu un arrêt quotidien dans ma liste de lecture. Et je m’en porte que mieux.
  • À Bordeaux, la famille Despagne, propose un beau vidéo présentant leurs vendangeurs, venant d’un peu partout sur la planète.
  • Au Portugal, Cortes de Cima produit à la fois du vin et de l’huile d’olive. Leurs vins disponibles au Québec sont de très bons rapports qualité-prix (mettez la main sur le Chaminé!) et leur blog, mis à jour régulièrement, permet de suivre l’évolution de la récolte.
  • Le blog Wilma’s Wine World, représentant un vignoble californien, propose un regard sur le millésime 2009 à partir des récoltes passées, en commençant par 1972, première année d’opération du domaine.

La majorité de ces blogs sont référencés sur Wineblogger.info, une des sources les plus complètes de blogs sur le vin. Triés par langue, ce site cherche à être le portail par excellence pour tous les blogs vinicoles, peu importe leur langue. L’entreprise est louable et on y trouve déjà beaucoup d’information, mais le site est en phase de maturation et doit proposer au lecteur un moyen de trouver de l’information plus facilement. Pour ceux qui ont de la patience, ça vaut la peine d’explorer tout ce qu’on y propose…!

Si vous avez d’autres blogs de vignerons dignes de mention, n’hésitez pas à les partager avec la section commentaires!

Deux bonnes affaires portugaises

On entend souvent parler de bons p’tits vins de semaine, expression désignant des vins simples, pas chers sans prétention, mais tout de même bien faits et réconfortants. L’expression a beau être usée à la corde, on l’utilise régulièrement pour décrire une catégorie bien précise de produits provenant souvent de pays (ou de régions) émergents sur la scène viticole. Voici deux vins portugais dégustés récemment, fiers représentants de cette classe de vins informelle.

Vinho Regional Estremadaura Roaz Reserva 2006

Vinho Regional Estremadaura Roaz Reserva 2006

Le Vinho Regional Estremadura 2006 Reserva Roaz, séduit tout d’abord par son prix, vendu 12,15$ à la SAQ, mais presque toujours disponible à la SAQ Dépôt ce qui permet de réduire son prix de 15%. Fait à parts égales de Tinta Roriz et de Castelão, deux cépages autochtones portugais, le vin déborde de fruits mûrs supportés par des tannins bien présents sans être trop agressifs. On ne pourrait s’opposer à la classification par la SAQ de ce vin comme Fruité et Généreux, car il en donne effectivement beaucoup pour son prix. À déguster avec un bon spag, un mercredi soir frais du mois d’octobre. Le millésime 2007 est présentement sur les tablettes et tout semble indiquer qu’il est en ligne avec le 2006 dégusté ici.

★★½☆☆ – Code SAQ: 10325221 – 12,15$

Provenant aussi de l’Estremadaura, le Vinho regional Estremadura Quinta de Bons-Ventos 2006 se positionne aussi comme un excellent rapport qualité-prix provenant de cette région centrale du Portugal. Il s’agit d’une salade de fruits composée de Castelão, de Camarate, de Tinta Miúda avec une petite touche de Touriga Nacional. Encore une fois, tous des cépages autochtones portugais qui donnent au vin une personnalité, tout comme le Roaz, ce qui est trop rare pour des vins de cette gamme de prix.

Le fruit domine toujours, mais c’est le côté épicé qui joue ici les seconds violons. Le vin est un peu moins bien équilibré que le Roaz, du fait de son acidité qui m’a paru plus faible. On ne se casse pas la tête et on accompagne ce vin d’une des dernières grillades de la saison. Encore une fois, c’est le millésime 2007 qui est sur les tablettes.

★★☆☆☆ – Code SAQ: 10269388 – 12,10$

Pour un vin un peu plus complexe, la même maison produit le Palha-Canas, qui mérite d’être expérimenté, pour seulement 4$ de plus.

Le Portugal se positionne de plus en plus comme une région viticole d’où provient de très bons vins au prix plus que raisonnable, comme en fait foi cet article paru sur PalatePress. À la lumière de ces deux vins, on doit en conclure qu’on peut y faire de très belles découvertes, le tout sans se ruiner!

Un souper vigneron à l’Aviatic Club avec Mission Hill

Dans le cadre du Salon des Vins et Spiritueux de Québec 2009 en mars dernier, la ville de Québec a reçu la visite de plusieurs vignerons qui, associés au restaurateurs de la Capitale, ont produit plusieurs expériences gastronomiques de haut niveau. Lorsque j’ai reçu une invitation de dernière minute d’un ami blogueur pour l’un de ces soupers, j’ai sauté sur l’occasion. Moins d’une heure plus tard, j’étais en bonne compagnie à l’Aviatic Club pour une soirée dont la thématique était simple: en compagnie d’Ingo Grady, director of wine education (quel beau titre!) chez Mission Hill Estate, le chef de l’Aviatic Club, Jean-François Houde, a concoté un menu en accord articulé autour de 5 des vins du domaine.
Lisez la suite »

Cosme Palacio Consecha Rioja 2006 – Prise 2

Cosme Palacio y Hermanos - Rioja 2006

Cosme Palacio y Hermanos - Rioja 2006

Au mois d’avril dernier, j’avais commenté le Cosme Palacio Consecha 2006, un vin de la Rioja, au nord de l’Espagne. À l’époque, le caractère qui était ressorti en avant-plan était le fruit, avec des accents apportés par les barriques de chêne neuves utilisées lors de la vinification.

Lors d’une seconde dégustation cette semaine, les rôles étaient inversés. Les notes dominantes étaient beaucoup plus sur le bois (cèdre, voire même un bon vieux 2 par 4) et le fruit était presque absent au nez. En bouche, c’est similaire, avec un profil très typé bois, tabac avec peu de tanins. Les saveurs sont toutefois franches et bien intenses, comme on pourrait s’y attendre.

Deux explications pour cette différence entre les deux dégustations. Dans un premier temps, lors du souper de Pâques auquel il avait été servi la dernière fois, il était accompagné sur la table par un Ménage à Trois, de la Californie. Ce vin au profil très vanillé, rond et on ne peut plus moderne ne m’a pas du tout plu et a fait passé le boisé du Cosme Palacio comme étant tout à fait raisonnable.

L’autre explication serait que depuis le mois d’avril, mes goûts ont changé légèrement. Un régime de vins italiens avant, pendant et après mon voyage de cet été m’a peut-être modifié le palais et ce que j’attends dans un vin. Plus de finesse, plus d’acidité et un jus beaucoup plus sur le fruit semblent être parmi mes critères récemment. Si ça continue, je vais bientôt tomber dans le pinot, ce qui ne semble pas une mauvaise idée en soi…

★★☆☆☆ – Code SAQ: 00237834 – 17,60$