Sélection des produits à la SAQ

Parmi les plus de 8000 vins disponibles à la SAQ, on peut être embêté devant l’étalage quand vient le moment de choisir quoi acheter. On peut facilement imaginer le type de dilemme qui se pose pour les acheteurs de la société d’état, eux qui doivent faire le tri parmi toute l’offre vinicole de la planète.

Wine Glasses, Slack21@Flickr.com

Wine Glasses, Slack21@Flickr.com

Un document interne de la SAQ nous offre une petite idée de ce à quoi peut ressembler le processus de sélection de produits. On y voit que les différents produits, séparés en trois catégories (Produits courants, de spécialité et spiritueux) sont évalués selon 13 critères répartis en 4 grandes catégories.

Dans un premier temps, les vins sont évalués selon leur performance financière. Cet ensemble de critères compte pour 25% de l’évaluation dans le cas des produits réguliers et seulement 7,5% dans le cas des produits de spécialité. On note que les produits de spécialités n’ont pas d’objectif de ventes monétaires (qui comptent pour 10% pour les produits courants), mais sont plutôt évalués selon les performances du fournisseur de manière générale.

Le deuxième groupe de critères est regroupé sous l’appellation Notoriété. Ici, les vins de spécialité récoltent 25% de leur note finale sur les prix, les médailles et la couverture de la presse spécialisée, contre seulement 10% pour les produits réguliers. Ainsi, la notoriété compte pour près du tiers des points accordés aux produits de spécialité.

La pré-sélection se termine par un 5% accordé au développement durable, en cohérence avec la politique environnementale de la SAQ.

On se rassure avec le quatrième groupe de critères, les Aspects Qualitatifs du produit. En spécialité, le critère purement qualitatif compte pour 20%, contre seulement 5% dans le cas des produits courants. Ces derniers font davantage place au rapport qualité-prix (35% pour les produits courants, 30% pour les produits de spécialité). On note aussi, dans le cas des produits courants, un 5% attribué à l’apparence visuelle du produit.

Au final, qu’est-ce que ça nous dit? Ça ne sera une surprise pour personne, mais la SAQ choisit ses vins de manière à ne pas perdre d’argent…! J’ai ainsi été surpris de la quasi-absence de critères financiers pour les produits de spécialité, vide comblé en bonne partie par l’emphase sur les distinctions et les revues de presse. Si la presse est bonne, ces produits vont bien se vendre dans le réseau. La place accordée au rapport qualité-prix est aussi bien rassurante, bien qu’elle peut créer certaines frustrations si on est à la recherche d’un produit particulier.

Si ces lignes directives ne font pas votre affaire? Il reste toujours l’importation privée. Certaines agences, comme Rézin ou Le maître de Chai, jouissent d’une très belle réputation et présentent des produits de qualité. De toute manière, qui a dit qu’on ne peut pas combiner les deux…?

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